Covid-19 aux États-Unis : «pas de confinement national», promet Joe Biden




Covid-19 aux États-Unis : «pas de confinement national», promet Joe Biden

Une professionnelle de santé près d'un stand de dépistage du Covid-19 dans une rue de Miami, le 18 novembre 2020.

252 00 morts dus au coronavirus aux États-Unis et un président totalement absent. Depuis son échec à obtenir un second mandat, Donald Trump semble uniquement concentré sur les moyens de contester sa défaite. Le président élu lui, se prépare à prendre ses fonctions. Joe Biden a rencontré ce jeudi des gouverneurs pour élaborer son plan d’action contre la pandémie. Mais la tâche est compliquée par le locataire de la Maison Blanche qui, contrairement à l’usage,  s’oppose formellement à tout contact entre son administration et l’équipe de Joe Biden. PUBLICITÉ

« Si rien n’est fait d’ici début février, le bilan de la pandémie atteindra 400 000 morts aux États-Unis », prévient Joe Biden. Le président élu, qui n’a pas accès aux données fédérales sur la pandémie, dénonce une attitude quasi criminelle, rapporte notre correspondante à Washington, Anne Corpet.

« Il n’y a pas d’excuse pour ne pas partager les informations et nous laisser élaborer un plan, accuse-t-il. Parce qu’à notre arrivée, cela va nous prendre du temps si on n’a pas accès à toutes ces données, et cela représente des vies ! Combien vont être perdues en conséquence, je ne peux pas vous le dire. »

Les États-Unis ont enregistré sur 24 heures entre mercredi et jeudi 2 239 décès liés au Covid-19, selon le comptage de référence de l’université Johns Hopkins. Plus de 200 146 nouveaux cas de contamination au nouveau coronavirus ont été recensés dans le même temps dans le pays, le plus touché au monde par la pandémie en valeur absolue.

« Je n’arrêterai pas l’économie. J’arrêterai le virus »

Malgré la recrudescence du virus ces deux dernières semaines, le président élu a affirmé ce jeudi qu’il n’imposerait pas de « confinement national ». « Aucune circonstance ne pourrait justifier à mes yeux un confinement national total. Je pense que cela serait contre-productif. Car chaque région, chaque communauté, peut être différente », a déclaré Joe Biden lors d’une conférence de presse à Wilmington, dans le Delaware, à l’issue d’une rencontre avec des gouverneurs pour discuter de la réponse à apporter à la crise. « Je n’arrêterai pas l’économie, point. J’arrêterai le virus », a-t-il lancé, assurant qu’il suivrait les recommandations des scientifiques une fois installé à la Maison Blanche le 20 janvier prochain.PUBLICITÉ

Plusieurs États et métropoles ont imposé dernièrement de nouvelles restrictions face à la flambée des cas de contamination au nouveau coronavirus, comme New York, qui a décidé de refermer ses écoles.

Les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) ont demandé jeudi à la population de ne pas voyager pour la fête de Thanksgiving à la fin de la semaine prochaine. Thanksgiving est la plus grande fête familiale aux États-Unis. Beaucoup d’Américains se déplacent à cette occasion pour un long week-end de retrouvailles.

Pas un mot de Trump sur la pandémie

Donald Trump, qui refuse toujours de reconnaître sa défaite lors de l’élection du 3 novembre, ne s’est pas exprimé depuis sur la crise sanitaire. Il a laissé jeudi son vice-président Mike Pence, en charge de la cellule de crise de la Maison Blanche sur la pandémie, faire un point sur la situation, sans mentionner une seule fois le port du masque et les déplacements pour Thanksgiving.

« L’Amérique n’a jamais été aussi prête qu’aujourd’hui à combattre ce virus », a-t-il affirmé, notant que l’administration Trump ne voulait pas non plus d’un confinement national, ni la fermeture des écoles.

Alors que Donald Trump a régulièrement minimisé la gravité de la pandémie, Joe Biden en a fait la priorité numéro un de son début de mandat. Il a déjà nommé les membres de sa cellule de crise amenée à coordonner la lutte contre le virus, et a encore dit jeudi que le port du masque, auquel sont opposés de nombreux trumpistes, n’était « pas une posture politique ».