Crimes en Guinée : Josep Borrel saisi par plusieurs Eurodéputés…




Le Haut représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité vient d’être saisie par une trentaine d’Eurodéputés, sur la dégradation de la situation des Droits de l’Homme en Guinée, depuis le référendum controversé du 22 mars 2020.

Menés par la députée européenne belge S&D, Marie Arena, ces parlementaires interpellent le chef de la diplomatie européenne. Ils questionnent aussi sur la destination de l’aide que l’UE apporte à la Guinée, qui selon eux, a connu un recul démocratique sans précédent.

“Aujourd’hui, la situation interne est toujours caractérisée par un effondrement de la démocratie et des abus des droits de l’homme. Depuis la publication des résultats (de la présidentielle), il y a eu une répression sanglante qui a fait 51 morts, une vague d’arrestations dans le pays. Au moins 400 militants et membres de l’opposition de la société civile sont maintenant détenus dans des conditions déplorables”, écrivent-ils.

La note consultée par Africaguinee.com indique que depuis l’arrivée au pouvoir de M. Alpha Condé en 2010, 250 personnes ont été tuées souvent à bout portant par des agents des forces de défense et de sécurité.

“Le président guinéen n’a jamais accepté qu’une enquête soit menée en vue d’identifier et de punir les auteurs de ces crimes, conformément à la loi. Cette impunité, accordée aux auteurs des crimes passés et récents de M. Alpha Condé, a régulièrement été dénoncée par des organisations de défense des droits humains telles qu’Amnesty International, HRW et FIDH”, indique la note.

Ces eurodéputés soulignent qu’aujourd’hui encore, des personnalités directement ou indirectement responsables de graves violations des droits humains continuent d’occuper des postes de responsabilité dans l’administration civile et militaire. Ils préconisent des sanctions contre ceux qui ont fait montre de zèle dans la répression des opposants.

“Très souvent, ces des personnalités détentrices de biens immobiliers et de comptes bancaires en Europe et y font régulièrement des déplacements. Comment l’UE entend-elle mettre en œuvre son nouvel instrument de sanction pour sanctionner ces personnalités responsables de graves violations des droits humains en Guinée ?

De plus, compte tenu de la gravité de la situation, il est également important de se poser des questions sur l’Aide européenne aux pays où il y a un réel manque de démocratie. Comment l’UE garantit-elle que ces fonds ne parviennent pas aux institutions chargées de l’application de la loi qui ne respectent pas le minimum normes requises ?”, indiquent ces parlementaires européens.

Pour plus de commodité, ils ont joint à leur lettre une liste de personnalités qui ont fait preuve, selon eux, de zèle pour réprimer l’opposition et violer droits de l’homme.