Darfour : retrait des forces de paix de l’ONU




Darfour : retrait des forces de paix de l’ONU

Dimanche au Darfour, des milliers de personnes déplacées ont protesté contre la fin de la mission de maintien de la paix des Nations Unies. Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a officiellement mis fin au mandat de la Mission conjointe des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (MINUAD), des manifestants, pour la plupart des femmes et des enfants déplacés, se sont exprimés dans l’espoir que les soldats de la paix restent dans le pays.

La force de la MINUAD, créée en 2007, fut la première opération conjointe de maintien de la paix de l’ONU et de l’Union Africaine. Son retrait devrait être achevé d’ici le 30 juin 2021 avant d’être remplacée par une mission politique de plus petite envergure.

Après l’annonce de la décision de retrait, des affrontements tribaux dans la région de l’ouest du Soudan ont tué au moins 15 personnes, selon l’agence officielle Suna. “Le gouverneur de l’Etat du Darfour-Sud, Musa Mahdi, a annoncé dimanche, le déploiement en grand nombre de forces militaires afin d’arrêter les personnes impliquées dans les affrontements et de collecter les armes”, a rapporté l’agence. “L’ère des conférences de réconciliation est terminée et l’ère de l’application de la loi est arrivée”, a déclaré Musa Mahdi, cité par Suna.

Selon un dirigeant local, toujours d’après l’agence, des altercations verbales ont dégénéré en affrontements à l’arme à feu entre membres des tribus Massalit et Falata, dans la localité de Gereida, et se sont soldés par la mort de deux membres Falata. En représailles, des Falatas ont attaqué la localité, causant la mort de 13 membres des Massalit tandis que 34 autres ont été blessés. L’agence ne précise pas quand ces affrontements ont eu lieu.

Au cours des deux dernières années, la région de Gereida a été le témoin d’incidents sanglants entre les deux tribus, qui ont fait de nombreux morts et blessés. Cet incident est le premier depuis une réunion de réconciliation en octobre. Il survient à quelques jours de la fin la mission de paix conjointe de l’ONU et de l’Union africaine de la région soudanaise du Darfour, le 31 décembre, comme l’exigeait Khartoum. Cette mission de paix compte encore près de 8 000 militaires, policiers et civils dans la vaste région de l’Ouest du Soudan.

Des incidents se produisent encore régulièrement au Darfour où une guerre débutée en 2003 entre les forces pro-gouvernementales et des insurgés issus de minorités a tué, essentiellement durant les premières années, environ 300 000 personnes et fait plus de 2,5 millions de déplacés, selon l’ONU. Les violences se sont fortement résorbées ces dernières années, à l’exception d’occasionnels affrontements opposant sur la question des terres et de l’eau les tribus nomades arabes aux agriculteurs issus de tribus africaines.

Mercredi, le ministère soudanais des Affaires Étrangères a affirmé que le gouvernement de transition poursuivait “ses efforts pour (…) consolider les fondements des réconciliations tribales et jeter les bases de la justice transitionnelle et de l’Etat de droit”.

Le gouvernement de transition soudanais résulte d’un accord entre les militaires qui ont succédé à l’autocrate Omar el-Béchir, après sa chute en avril 2019 sous la pression de la rue, et les dirigeants du mouvement de contestation.