Donald Rumsfeld, ce criminel de guerre en moins




wikistrike.com

Un minimum de décence impose de ne pas blanchir l’héritage répugnant de Rumsfeld.

Donald Rumsfeld était un criminel sous les traits d’un banal bureaucrate banal, plus ou moins compétent, en costume-cravate bien taillé.

Si l’on fait abstraction du reste, c’est l’épitaphe qui m’est immédiatement venue à l’esprit lorsque j’ai appris son décès hier.

C’est aussi, je pense, le souvenir que garderont de lui les nombreuses personnes blessées, mutilées, qui habitent ce qui reste des nombreux endroits impactés où il a causé tant de mal, de souffrance et de chagrin.

Et, si la vérité doit nous guider, c’est ainsi que doivent se souvenir de lui tous ceux qui ne sont pas aveuglés par la litanie de mensonges bienveillants dont on va nous rabattre les oreilles pour prétendument nous dire qui a été Rumsfeld.

Soyons sûrs qu’il y aura les habituels éloges sans retenue, rédigés par les habituels complices obséquieux, annonçant une vie de service exceptionnel et sans compromis au profit d’une succession de présidents et d’une nation reconnaissante.

Pour avoir un avant-goût amer du révisionnisme presque maladif qui ne manquera pas de suivre sa mort, voici l’Associated Press décrivant Rumsfeld « comme un bureaucrate compétent et le visionnaire d’une armée américaine moderne » dont la réputation « a été mise en pièces par la longue et coûteuse guerre en Irak ».

D’après le compte rendu largement flatteur de l’AP, Rumsfeld a apparemment mené une vie plutôt banale, mais accomplie – ses « compétences » et sa « vision » ont malheureusement été réduites à néant par, hélas, une seule guerre malvenue.

N’ayant pas fini d’embellir la carrière de Rumsfeld, l’AP a partagé avec ses lecteurs cette formule gluante sur l’ancien secrétaire américain à la défense : « Rummy, comme on l’appelait souvent, était ambitieux, plein d’esprit, énergique, attachant et capable d’une grande chaleur personnelle ».

Bonté divine !…

Ce sont les moments indéniables où la presse de l’establishment rappelles son inféodation à ce même establishment en rédigeant des hommages ô combien indulgents et prétendument « nuancés » à des hommes puissants portant des titres importants, alors que le moment exigerait une honnêteté franche et inflexible.

La décence ne peut pas permettre que se poursuive le blanchiment rapide de l’héritage répugnant de Rumsfeld en tant que belliciste rusé et impénitent, architecte sans aucun remords de chambres de torture secrètes et d’un racket d’enlèvements sanctionné par l’État, connu sous le nom de « restitutions ».

Rumsfeld a personnifié – avec un zèle hors du commun et obstiné – tous les aspects familiers, corrosifs et inhumains de la doctrine discréditée de l’exceptionnalisme américain qui s’est traduit, encore et toujours, par le désespoir, la destruction et la mort sur une planète meurtrie.

Dans le calcul géopolitique tordu de Rumsfeld, les États-Unis étaient le Globo-cop [flic mondial] bienveillant et lui, le guerrier heureux en costume cravate impeccable, avait la vision d’un monde – en particulier au Moyen-Orient et en Afghanistan – qui ressemblait à l’idéal mythique, made in America, de prétendues démocratie et pluralité.

L’ironie laide et inavouée, bien sûr, est que l’un des traits caractéristiques des croyants évangéliques comme Rumsfeld – comme des présidents pour lesquels il a travaillé – est la capacité requise et, en fait, la nécessité, de mutiler et de tuer à une échelle qui dépasse l’entendement, afin de réaliser leurs prétendus projets « philanthropiques ».

Rumsfeld était un fonctionnaire serviable qui, en actes et en paroles, a appliqué les vœux – avec son allure plate et bureaucratique – des tueurs en série qui occupaient le bureau ovale, autrement dit les commandant en chef.

De ce point de vue, Rumsfeld a été un succès. Il a ordonné à d’autres de tuer depuis le cocon confortable et aveugle du Pentagone, à l’abri, comme toujours, de tout risque ou responsabilité.

Ainsi, dans les résidus fumants des attaques terroristes du 11 septembre, Rumsfeld et ses co-conspirateurs tout aussi doctrinaires ont saisi l’occasion de mettre en œuvre leurs plans impériaux mortels et catastrophiques.

Tout d’abord, l’invasion de l’Afghanistan en septembre 2001 pour renverser les Talibans et mettre Al-Qaïda en déroute. L’histoire et la géographie auraient dû tempérer l’instinct inné de Rumsfeld de plonger dans la guerre. Elles ne l’ont pas fait.

Les conséquences tristes et indélébiles de l’orgueil démesuré et de la folie à grande échelle de Rumsfeld sont évidentes : d’innombrables innocents afghans et soldats américains défigurés et morts, des milliards gaspillés, et des talibans patients et résurgents prêts à réaffirmer leur domination malveillante sur un peuple et une terre blessés, deux décennies après l’invasion américaine.

L’aventure désastreuse de Rumsfeld en Afghanistan a été le précurseur de l’erreur de calcul cataclysmique du régime Bush en Irak.

Il s’agissait d’une guerre délibérée née d’un gros mensonge fabriqué de toutes pièces – validé et régurgité par la même presse de l’establishment qui fait avec obséquiosité l’éloge de Rumsfeld aujourd’hui – selon lequel Saddam Hussein possédait non seulement des armes de destruction massive, mais avait l’intention, avec le tempérament d’un “fou”, de les déchaîner sur Londres et au-delà.

Une fois de plus, Rumsfeld et son entourage, qui insistait sur le fait que la guerre serait rapide, peu coûteuse et gagnable, ont été prévenus : il n’y avait pas d’armes de destruction massive ; une invasion déstabiliserait, et non « libérerait », l’Irak et les pays voisins ; et le coût en vies et en argent serait incalculable.

Rumsfeld s’est moqué des sceptiques et des prétendus esprits chagrins. « Je ne fais pas de bourbier », a-t-il dit un jour.

C’est pourtant ce qu’il a fait !

L’Irak et les Irakiens portent encore le traumatisme – dans leur tête, leur corps et leur esprit – de la vanité, de la cruauté et de l’ignorance caractéristiques de Rumsfeld.

Rumsfeld a aggravé sa nullité crasse en jouant les conseillers enthousiastes de l’infrastructure clandestine et anarchique mise en place par George W. Bush et Dick Cheney pour espionner et discréditer les Américains critiques éclairés qui s’opposaient aux guerres en Afghanistan et en Irak.

Pourtant, la preuve la plus obscène et la plus flagrante de la criminalité inhérente de Rumsfeld est sans doute le réseau international de culs-de-basse-fosse organisé sous son commandement à l’intérieur et à l’extérieur de l’Irak pour torturer – à l’aide d’une débauche de moyens et d’outils sortis d’esprits malades et pervers – toute personne soupçonnée de collaborer avec les « ennemis » de l’Amérique.

Rumsfeld considérait l’État de droit et les codes de conduite internationaux comme des anachronismes pittoresques et jetables, alors que les voyous cachés de l’Amérique s’affairaient, en toute impunité, à enlever et à livrer des êtres humains comme des bagages dans les cachots de torture où ils étaient maltraités et oubliés de tous.

À travers tout cela, Rumsfeld affichait un sourire grinçant qui était, à la fois, un signe de son arrogance exaspérante et de sa certitude dans la justesse de la mission ruineuse de salut de l’Amérique à l’étranger. Ses réponses infâmes et dénuées de sens aux questions sur les graves échecs de ces campagnes ont révélé l’incohérence chronique et la vanité mortelle de Rumsfeld.

Rumsfeld savait probablement qu’il ne serait pas tenu responsable de la douleur et de la misère qu’il a infligées à tant de personnes, en de si nombreuses places.

Selon les informations, il a pu mourir dans son lit, entouré de sa famille.

C’est une fin tranquille et paisible que Donald Rumsfeld ne méritait pas et qu’il a refusé à tant d’autres personnes maltraitées ou tuées, dans tant d’endroits aujourd’hui ravagés.


source : https://www.chroniquepalestine.com




Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.