Fusillade en Haïti: le gouvernement dénonce un «attentat terroriste»




Le gouvernement haïtien a qualifié jeudi 1er juillet « d’attentat terroriste » la fusillade au cours de laquelle quinze personnes ont été tuées dans la capitale, dans la nuit de mardi à mercredi, dont un journaliste et une militante politique d’opposition.


« Nous sommes consternés devant l’attentat terroriste qui a été commis par un groupe terroriste qui se fait appeler Fantom 509 », a déclaré le Premier ministre haïtien Claude Joseph.

Le groupe Fantom 509 est apparu en mars, quand certains policiers et d’anciens membres de la Police nationale d’Haïti (PNH) ont milité pour fonder un syndicat.

Cette revendication obtenue, ils avaient ensuite organisé plusieurs manifestations violentes dans la capitale en libérant de commissariats certains de leurs collègues qu’ils considéraient injustement interpellés.

Mardi, quelques heures avant la fusillade nocturne, le porte-parole du syndicat de police SPNH-17, Guerby Geffrard, avait été tué dans le même quartier de la capitale où 15 personnes ont été assassinées dans la nuit.

Dès mercredi matin, le directeur de la police nationale d’Haïti avait dénoncé de supposées représailles commises par des sympathisants du syndicaliste. « C’est Fantom 509 qui a fait cela », a répété Léon Charles jeudi aux côtés des ministres, avant d’adresser un message aux membres du groupe accusé. « Au lieu de laisser la justice faire son travail, vous avez voulu vous rendre justice, mais la police, le pays, la communauté internationale n’accepteront pas cela », a affirmé M. Charles. Les autorités haïtiennes n’ont pas encore fourni de détails étayant cette accusation.

Aucune enquête aboutie


« Les éléments de l’enquête qui est menée auprès des proches des victimes, en étudiant le parcours qu’ils (auteurs de la fusillade) ont réalisé, nous permettent de savoir quel groupe est derrière cette attaque », a simplement répondu Jean Walnard Dorneval, ministre haïtien de la Défense.

Tué dans la nuit de mardi à mercredi, Diego Charles, reporter pour la radio Vision 2000 et le média en ligne Gazette Haïti, est le quatrième journaliste tué dans le pays depuis 2018. Aucune enquête n’a abouti sur ces précédents assassinats et l’impunité perdure également face à la mainmise grandissante des gangs sur le pays.

Interrogées jeudi sur les massacres commis ces dernières années par des bandes armées dans les quartiers pauvres de la capitale, les autorités haïtiennes ont botté en touche. « Chaque dossier a ses spécificités. Les enquêtes se poursuivent, il nous faut attendre les résultats », a répondu Rockefeller Vincent, ministre de la Justice