Guinée: début de la phase pilote de vaccination avec le Spoutnik V




La Guinée a entamé mercredi la vaccination contre le nouveau coronavirus, à titre expérimental, à l’aide du vaccin russe Spoutnik V, a indiqué l’agence chargée de l’opération.

Le ministre de la Défense, Mohamed Diané, scientifique de formation, a été le premier à recevoir le vaccin mis au point par le Centre national russe d’épidémiologie et de microbiologie Gamaleïa, a indiqué l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS). La Guinée, pays pauvre d’Afrique de l’Ouest, va vacciner dans un premier temps un petit nombre de volontaires d’un certain âge, a expliqué à l’AFP le chargé de communication de l’ANSS, Sory II Kéira.

La Guinée a obtenu 60 doses de vaccin, a-t-il précisé. Après cette phase pilote, les autorités guinéennes décideront d’étendre ou non la vaccination, a-t-il ajouté sans évoquer d’échéance. « L’exemple par le haut », a écrit le ministre de la Défense sur sa page Facebook en regard d’une photo de lui recevant en maillot de corps l’injection dans l’épaule. « En tant que généticien, je fais entièrement confiance au progrès de la recherche et de la science. Nous vaincrons la pandémie, tous ensemble ! », a-t-i ajouté.

La Russie a commencé à injecter le Spoutnik V le 5 décembre, à des travailleurs à risques. Les autorités tablent sur le vaccin pour enrayer la progression du mal qui a fait de la Russie l’un des pays les plus touchés au monde.

Avant la Guinée, le Bélarus, voisin de la Russie, mais aussi l’Argentine ont annoncé commencer à vacciner avec le Spoutnik V. La Guinée a déclaré plus de 13.000 cas de contamination et 80 décès à cause du nouveau coronavirus. Plusieurs personnalités politiques ont succombé.

La crise sanitaire a coïncidé avec des mois de crise politique causée par la candidature du président Alpha Condé, depuis réélu, à un troisième mandat consécutif. Les défenseurs des droits humains ont accusé le pouvoir de se servir du prétexte pandémique pour réprimer la contestation, ce que les autorités ont réfuté.

La Guinée avait été sévèrement éprouvée par la fièvre hémorragique due au virus Ebola, qui y avait tué 2.500 personnes entre fin 2013 et 2016.