« Ils m’ont obligé de prendre une arme pour me prendre en photo », dixit « Grenade »




Le jeune opposant Boubacar Diallo alias Grenade condamné à 10 ans de prison ferme et cinq ans de sûreté était à nouveau à la barre à la cour d’appel de Conakry, ce vendredi 29 janvier 2021. Pour son procès en appel.

Accusé d’être l’auteur de tirs à balles réelles lors des manifestations de mai 2016, le militant de l’UFDG était poursuivi pour «tentative d’assassinat, port illégal d’armes de guerre et de minutions ».

Depuis sa condamnation, ce militant de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) purge sa peine à la maison centrale de coronthie. Il est soupçonné d’avoir détenu une arme de guerre de type PMAK, à l’aide de laquelle, il aurait ouvert le feu en mai 2016 sur des gendarmes à l’ancien siège du RPG Arc-en-ciel.
Il aurait tiré un total de « dix-neuf coups de feu », faisant des blessés, mais pas de victime. Ce que rejete l’accusé devant le juge
«Ils m’ont obligé de prendre une arme pour qu’ils me prennent en photo. Appelez commandant Lancei. C’est avec son arme qu’on m’a pris dans cette photo. Ils m’ont même dit d’accuser des personnes à L’UFDG pour que je recouvre ma liberté. J’ai sauvé beaucoup d’agents dans les boîtes de nuit, et de restaurants. Mes amis me disaient ‘il faut qu’on les agresse par ce qu’ils ont empêché nos manifestations’. Mais je disais à mes amis ‘nous sommes des adversaires politiques et non des ennemis’. C’est comme le football, nous ne sommes pas des ennemis. Le jour où j’ai reçu la balle, ils voulaient me sacrifier comme ils n’ont tué personne au cimetière de Bambeto, comme ils ont l’habitude de le faire à chaque enterrement, tuer 3 à 4 personnes» , dénonce Boubacar Diallo alias Grenade.
Par ailleurs, l’opposant affirme avoir reçu une balle lors de l’enterrement de Mamadou Saïdou Bah, un garde rapproché du président de l’UFDG, décédé en 2016 à la maison d’arrêt de Conakry.
En prison depuis le 18 mars 2019, Boubacar Diallo révèle qu’il lui a été refusé de se faire soigner dans un hôpital alors qu’il est malade. « On me refuse d’aller à l’hôpital alors que je suis malade en prison. Et pourtant, beaucoup d’autres détenus ont eu accès aux hôpitaux pour des soins. Ils m’ont torturé avec de courant pour que je reconnaisse les faits que je ne sais pas», a-t-il révélé devant le juge.