Libye: intensification de la lutte antiterroriste sur fond de réconciliation nationale




Tarek Hafid . Sputnik France

Les forces de sécurité libyennes ont neutralisé deux importants chefs de l’État islamique* (EI). Cette intensification de la lutte antiterroriste se déroule en même temps que le processus de réconciliation nationale visant à assurer la stabilité du pays à l’approche des élections générales de décembre 2021.

Embarek Al-Khazimi, chef de l’État islamique* (EI) en Libye, a été arrêté mardi 7 septembre, à Bani Walid, sa ville natale située à 170 km au sud-est de Tripoli. L’opération menée par des forces combinées (armée et police du Gouvernement d’Union nationale) a également permis l’arrestation de deux autres terroristes, un Irakien et une personne originaire d’un pays subsaharien. Recherché depuis cinq années pour son implication dans plusieurs attentats, notamment à Syrte, Embarek al-Khazimi était terré dans une maison appartenant à sa famille.

​Opération des forces de sécurité pour la neutralisation du terroriste Embarek al-Khazimi, un des principaux chefs de l’État islamique* en Lybie

Septembre noir pour Daech*

C’est le second revers subi par l’État islamique* en Libye en ce début du mois de septembre. En effet, vendredi 3 septembre, l’armée du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, a annoncé l’arrestation d’Ali Laajili al-Hassnaoui, autre dangereux chef de Daech*, dans la région de Sebha.

Ce djihadiste a été arrêté dans une maison à Brak al-Shati. Il s’avère qu’Ali Laajili al-Hassnaoui avait commandé l’attaque contre l’importante base aérienne située dans cette ville le 18 mai 2017. Une opération qui avait tué de nombreux civils et fait 148 morts parmi les hommes du Maréchal Haftar. Elle est considérée comme une des plus meurtrières de la guerre civile en Libye. Ce terroriste était donc activement recherché.  

Contacté par Sputnik, Khaled al-Ghouil, avocat et conseiller chargé des relations internationales au sein de l’Union des tribus libyennes, confirme qu’on assiste bien actuellement à une intensification de la lutte antiterroriste en Libye.

«La situation sécuritaire est complexe car le pays fait face aux groupes terroristes et aux mercenaires. La Lybie est devenue le terrain d’affrontement des puissances mondiales et des organisations terroristes et des grands réseaux de trafiquants. Mais le peuple libyen est maintenant convaincu de la nécessité de mettre fin à cette situation dangereuse qui menace la stabilité du pays, du nord de l’Afrique et du Sahel», indique Khaled al-Ghouil.

Consensus national

L’avocat estime que cette dynamique de lutte contre les groupes terroristes fait aujourd’hui consensus, au même titre «que le départ des mercenaires et des forces étrangères».

«Nous sommes tous engagés dans une véritable guerre. La lutte contre le terrorisme est la priorité de l’heure, elle fait l’objet d’un large consensus au sein de toutes les factions nationales», insiste-t-il.

Khaled al-Ghouil souligne que cet engagement antiterroriste doit assurer une stabilité sécuritaire afin de permettre la mise en œuvre de solutions politiques de sortie de crise. «Cette lutte contre le terroriste est menée en même que le processus de réconciliation nationale». Les autorités ont procédé récemment à la libération de plusieurs figures de l’ancien régime, notamment Saadi Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant libyen. Âgé de 47 ans, il a quitté le 4 septembre 2021 la prison de Tripoli où il était détenu depuis 2014. Saadi Kadhafi s’est envolé dès le lendemain pour Istanbul.

«Notre unique objectif est de parvenir à une réconciliation nationale inclusive afin d’aller vers une solution politique démocratique qui permettra l’instauration d’institutions fortes et représentatives. Nous avons ouvert un large débat avec l’ensemble des acteurs, y compris avec ceux que nous avons combattus par le passé. C’est la Libye qui nous rassemble, nous devons donc nous unir pour cet idéal», ajoute le conseiller de l’Union des tribus libyennes.

La situation reste cependant très tendue. Depuis quelques jours, des combats entre factions rivales font rage dans le sud de Tripoli. D’avril 2019 à juin 2020, la capitale avait subi une vaste offensive menée par le maréchal Khalifa Haftar. La bataille de Tripoli s’était finalement achevée par le retrait des troupes d’Haftar face à ses adversaires du Gouvernement d’union nationale qui avaient bénéficié de l’appui militaire de la Turquie.




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