Mauritanie: l’ex-président Abdel Aziz refuse à nouveau de s’expliquer devant la police




Mauritania's out-going President Mohamed Ould Abdel Aziz looks on during the swearing-in ceremony of the newly-elected Mauritania's President at a conference center in Nouakchott, on August 1, 2019. - Mauritania, roiled by a history of military coups and upheaval, saw its first transfer of power between elected leaders on August 1, 2019 as President Mohamed Ould Abdel Aziz handed over to his successor. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani was sworn in at a conference centre near the capital Nouakchott before a crowd of 5,000 people. (Photo by Seyllou / AFP)

L’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, visé par une enquête sur des soupçons de corruption, une nouvelle fois convoqué mardi par la police, a encore refusé de répondre aux questions, a-t-on appris auprès d’une source de sécurité et de son avocat.

« L’ancien président a été convoqué aujourd’hui par la police, où il a été brièvement entendu par les enquêteurs. Il a accepté de s’y rendre sans contrainte », a indiqué à l’AFP cette source de sécurité. Mais comme lors des précédentes convocations à Nouakchott, il « a refusé de répondre aux questions ou de signer quoi que ce soit », a affirmé à l’AFP un de ses avocats, Mohameden Ould Icheddou.

L’ex-dirigeant, au pouvoir de 2008 à 2019 dans ce pays sahélien en grande majorité désertique, « s’attache toujours à l’immunité que lui accorde la Constitution en tant qu’ancien président », a précisé Me Ould Icheddou. « Pour mon client, le pouvoir s’obstine à violer la Constitution et les lois en vigueur dans ce pays », a-t-il ajouté.

Une dizaine de dossiers transmis à la justice par une commission parlementaire sur les dix ans de pouvoir de M. Ould Abdel Aziz font l’objet d’une enquête de la police, qui devra par la suite transmettre ses résultats au parquet. L’un des dossiers concerne la construction d’un quai à conteneurs par la société Arise Mauritanie.

L’Etat a récemment révisé le contrat avec cette société, signé sous l’ancien président dans des conditions jugées « troubles » par cette commission parlementaire. Après cette révision, le Trésor public touchera annuellement 200 millions de dollars supplémentaires, selon le ministre de l’Equipement, Mohamedou Ould M’Haïmid. Les autres dossiers sont notamment liés à la gestion des revenus pétroliers, la vente de domaines de l’Etat, la liquidation d’une société publique ou encore les activités d’une société chinoise de pêche.

Mohamed Ould Abdel Aziz est tombé en disgrâce depuis l’élection en 2109 de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui était pourtant son dauphin. Il avait été entendu en août et en septembre 2020 par la police mais avait à chaque fois refusé de collaborer. Il n’a pas été inculpé mais son passeport lui a été retiré et il a interdiction de quitter le secteur ouest de Nouakchott, où il a sa résidence.