Pays-Bas : un carrosse royal au centre d’une polémique sur le racisme




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Le Gouden Koets ou «Coche doré» exposé au Rijksmuseum en août 2015. AFP – ROBIN VAN LONKHUIJSEN

Au royaume des Pays-Bas, la tradition veut que le monarque se déplace en voiture à cheval pour certains événements. Il emprunte alors un carrosse, actuellement exposé à Amsterdam au Rijksmuseum. S’il est dans ce musée, c’est que sa restauration traîne en longueur, car certains aux Pays-Bas ont lancé la polémique en demandant que le roi Guillaume-Alexandre ne l’utilise plus pour des raisons liées à l’histoire coloniale des Pays-Bas.

Avec notre bureau de Bruxelles,

Le véhicule s’appelle Gouden Koets ou « Coche doré » et ce carrosse surchargé de dorures est celui des mariages royaux : en un siècle, trois reines et un roi des Pays-Bas l’ont utilisé pour leur mariage. En temps ordinaire, il sort une fois par an de sa remise pour le discours du souverain devant les États-généraux, c’est-à-dire le Parlement.

Polémique lancée il y a dix ans

 Et c’est au Parlement que tout a commencé lorsqu’il y a dix ans deux députés de gauche ont lancé la polémique sur les panneaux ornant le côté droit du carrosse qu’ils décrivent comme une scène esclavagiste. Ces panneaux sont intitulés « Hommage des colonies » ; on y voit des Africains et des Indonésiens apporter des présents et se prosterner devant une allégorie des Pays-Bas. La place de ce carrosse est au musée, affirment certains.

Sa restauration laisse le temps de la réflexion au roi Guillaume-Alexandre des Pays-Bas. « On le restaure à l’identique, c’est une part de notre patrimoine culturel néerlandais. Nous n’allons pas réécrire l’histoire lors de cette restauration. Je suis attentivement le débat, je n’y prends pas part. C’est une bonne discussion construite et argumentée, je l’encourage et je suis enthousiaste. Je laisse la discussion continuer et j’attends juste qu’il soit restauré »

Le colonialisme déjà dénoncé en 1860

Le sujet est sensible aux Pays-Bas ou le colonialisme était déjà dénoncé dans le roman Max Havelaar en 1860, 38 ans avant que ce coche – très – doré ne soit offert à la reine.

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