SCANDALE DE CORRUPTION AU MINISTÈRE DE LA SANTÉ




A l’image de son voisin immédiat, la Gambie a été frappée de plein fouet par la pandémie de coronavirus. En réponse, le gouvernement a introduit une batterie de mesures pour freiner la propagation de la maladie. Parmi lesquelles, des tests PCR pour tout voyageur désirant venir ou quitter le pays, conformément aux recommandations de l’OMS. Des mesures dont l’efficacité peut être remise en cause au vu d’un travail d’investigation de longs mois par un site internet gambien qui a mis à nu,-preuves tangibles à l’appui-, un vaste système de corruption par des fonctionnaires gambiens qui échangent des faux tests PCR contre des billets de Banque. Un tarif variant selon la nationalité du demandeur. Contactée, la tutelle s’abstient de tout commentaire pour l’instant.

C’est une enquête journalistique très fouillée et compromettante que viennent de publier nos confrères de Malagen, un site internet d’investigation gambien, fondé l’année dernière. Usant d’une méthode classique dans la profession, acceptée que dans des circonstances exceptionnelles : filmer ou mettre sous écoute des personnes à la probité douteuse, les journalistes ont infiltré des agents du ministère de la Santé véreux qui échangent des faux tests PCR négatifs contre des billets de banque.

C’est le cas Dr Lamin Sanneh, pharmacien au laboratoire national du pays qui a été filmé à son insu. Dans une vidéo publiée par nos confrères, on le voit confier qu’il facture 2500 dalasi, environ 25000 FCFA les nationaux, le double voire le triple pour Occidentaux, l’air hilare. Dans ce travail de longue haleine, le journaliste s’est fait passer pour un voyageur désirant se rendre au Sénégal, à la recherche de deux tests PCR négatifs, sans être testés.

« Si je ne prélève pas votre échantillon, cela implique d’autres personnes », peut-on entendre dans la vidéo. Durant la négociation, le pharmacien confie : « je réduirai le coût du test à 2000 dalasi, environ 20.000 FCFA chacun, la moitié sera remise à un autre collègue du réseau ». Plus préoccupant encore, ces tests proviennent tous du laboratoire national de santé, avec cachet et signature de la direction.

REFUS DE RÉACTION DE LA TUTELLE

Pour ce fonctionnaire véreux et son réseau, les tests PCR est synonyme de bonnes affaires. Dans cette enquête, il confie avoir fait fortune, même s’il ne donne pas le nombre exact de personnes auxquelles il a vendu les faux tests. Le cas de Sanneh est loin être un cas isolé. Un autre médecin exerçant dans un autre hôpital avait déjà été arrêté et emprisonné pour vente de faux tests, révèle toujours le travail d’investigation. Quel sort sera-t-il réservé à ces fonctionnaires mis en cause ? La tutelle s’abstient de tout commentaire pour l’instant.




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