Taïwan, au cœur des tensions entre la Chine et les Etats-Unis




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Gilles Paris, Frédéric Lemaître

Au cours des derniers jours, Washington n’a cessé d’émettre des signaux qui plaident en faveur d’une ligne rouge à l’attention de Pékin tracée à la hauteur du détroit qui sépare l’île du continent.

Taïwan peut-il devenir le principal point d’affrontement de la rivalité sino-américaine ? Au cours des derniers jours, Washington n’a cessé d’émettre des signaux qui plaident en faveur d’une ligne rouge à l’attention de Pékin, tracée à la hauteur du détroit qui sépare l’île du continent. Vendredi 9 avril, le département d’Etat américain a assoupli les règles qui encadrent les interactions entre des responsables de l’administration et leurs homologues taïwanais. Deux jours plus tard, le secrétaire d’Etat, Antony Blinken, s’est dit inquiet face à « des actions de plus en plus agressives de la part des autorités de Pékin en direction de Taïwan », faisant allusion à la multiplication des incursions chinoises dans l’espace aérien de l’île. Article réservé à nos abonnés Lire aussi Taïwan : des incursions aériennes chinoises sans précédent

Mardi 13 avril, une délégation non officielle composée notamment de l’ancien sénateur démocrate Chris Dodd et de deux anciens secrétaires d’Etat adjoints, Richard Armitage et James Steinberg, s’est rendue à Taïwan. « Je peux dire avec assurance que le partenariat entre les Etats-Unis et Taïwan est plus fort que jamais », a déclaré M. Dodd lors de sa rencontre avec la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, jeudi matin. Une visite qu’un haut responsable de l’administration démocrate a décrite comme un « signal personnel » du président Joe Biden à l’égard de l’île. Une nouvelle « provocation » aux yeux de Pékin.

Le président américain avait exprimé sa détermination sur ce dossier dès sa prestation de serment, le 20 janvier. Il avait en effet invité à la cérémonie la représentante de Taïwan aux Etats-Unis, qui exerce de facto des fonctions d’ambassadrice dans la capitale fédérale, Hsiao Bi-khim. Il s’agissait de la première invitation à un tel événement depuis l’ouverture des relations entre Pékin et Washington.

Ambiguïté originelle

La longévité politique de Joe Biden ajoute une dimension particulière au dossier taïwanais. Jeune sénateur, il avait en effet voté, en 1979, en faveur du Taiwan Relations Act, la loi établissant les relations « non officielles » entre Washington et Taipei. Cette limitation découlait du tournant historique constitué par la normalisation sino-américaine, la même année, et l’adoption par les Etats-Unis de la politique d’« une seule Chine », selon laquelle les « Etats-Unis reconnaissent que les Chinois de part et d’autre du détroit considèrent qu’il n’y a qu’une seule Chine et que Taïwan fait partie de la Chine ».




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