Traité de «rappeur islamiste», Médine dépose plainte contre Aurore Bergé pour diffamation




Irina Tarassova. Sputnik France

«C’est mon honneur qui est mis en jeu». Dans une interview à Mediapart, le rappeur Médine a annoncé avoir déposé plainte contre la députée Aurore Bergé qui l’a accusé d’être un «rappeur islamiste» affirmant «qu’il fallait tuer des laïcards».

Le rappeur Médine a annoncé dans une interview à Mediapart avoir déposé plainte pour diffamation au tribunal judiciaire de Paris contre la présidente déléguée du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale, Aurore Bergé.

«Elle me colle une idéologie qui n’est, bien sûr, pas la mienne. C’est la fois de trop. J’attends une condamnation et des excuses publiques», indique-t-il à Mediapart. «C’est mon honneur qui est mis en jeu», rapporte le site ce 23 février.

«Ce rappeur islamiste» qui «appelle au meurtre»

Les faits remontent à la mi-février. Dans une interview accordée à LCI, Aurore Bergé a évoqué une conférence donnée par le rappeur à l’École normale supérieure (ENS): «Ce rappeur islamiste Médine, vous savez, celui qui disait qu’il fallait tuer les laïcards, est-ce légitime qu’une école aussi prestigieuse que l’ENS donne la parole à celui qui appelle au meurtre?»

​Une référence directe à son morceau Don’t Laïk, paru en 2015, où il rappe notamment: «Crucifions les laïcards comme à Golgotha […]. J’mets des fatwas sur la tête des cons».

Tout en expliquant qu’il s’agissait d’une phrase sortie de son contexte, Médine argumente:

«Encore une fois, cela correspond à un style d’écriture. La méconnaissance d’Aurore Bergé en matière de rap et de style est flagrante. Je l’invite à faire ce qu’elle aurait dû faire avant de s’exprimer sur LCI».

«Servir d’exemple»

Désireux d’être «un exemple» pour «celles et ceux qui subissent des brimades», le rappeur veut montrer qu’on peut agir et dire «Stop, c’est terminé».

«Je porte donc plainte et j’envoie un signal à tous ceux qui subissent les conséquences de fausses accusations au quotidien. Il est possible de se défendre. Là, c’est le moment. Il faut aller sur un autre terrain que celui du dialogue: celui du juridique», a-t-il déclaré à Mediapart.