Vers un pacte d’équité en faveur des planteurs du cacao




Les pouvoirs public en Europe et en Afrique tentent d’apporter plus d’équité sociale au sein de l’industrie du cacao. Vendredi la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, et l’Union européenne, premier importateur du cacao ivoirien, ont dit vouloir s’engager ensemble pour un “cacao durable”.

Fin 2020, la tension était montée entre les géants du chocolat et les producteurs.

Dans un contexte de baisse des cours du cacao, la Côte d’Ivoire et la Ghana, deuxième producteur mondial de cacao, avaient fait un coup d’éclat fin 2020 en accusant publiquement deux géants de la chocolaterie (Hershey et Mars) d’acheter du cacao ou de la pâte de cacao sans payer la prime spéciale pour les planteurs, destinée à leur assurer un revenu minimum.

Ces derniers sont les parents pauvres du marché mondial du cacao et du chocolat, dont ils ne touchent que 6% des 100 milliards de dollars de revenus annuels du secteur. La moitié des planteurs ivoiriens vit sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale.

“Il y a une convergence de vue mutuelle et d’intérêt mutuel” entre la Côte d’Ivoire et l’UE sur la durabilité nécessaire de la filière cacao, a déclaré vendredi matin Patrick Achi, secrétaire général de la présidence ivoirienne, lors du lancement à Abidjan d’un “cadre de dialogue” entre UE et Côte d’Ivoire sur le sujet.

Abidjan souhaite mettre en place une stratégie nationale pour améliorer les conditions de production de son cacao, un “Livre Blanc Cacao Durable”, qui mettra l’accent sur trois “défis”: la lutte contre la déforestation et le travail des enfants dans les plantations et l’amélioration des revenus des producteurs.

La Commission européenne, de son côté, a pour projet de préparer de nouvelles législations limitant l’importation des produits qui contribuent à la déforestation et contraignant les entreprises à une meilleure gouvernance.

“Nous voulons la même chose”, s’est félicité l’ambassadeur de l’UE en Côte d’Ivoire, Jobst von Kirchmann.

Cette convergence de vue, “entre les actions menées par la Côte d’Ivoire d’une part et les politiques que souhaite mettre en place l’UE d’autre part”, est à l’origine du “cadre de dialogue”, selon M. Achi.

“Ce partenariat sera un partenariat gagnant-gagnant”, a ajouté M. Jobst von Kirchmann, soulignant qu’il s’accompagnera à terme d’un accompagnement financier.

Les importations de cacao ivoirien par l’Union européenne représentent 67% du volume exporté par le pays d’Afrique de l’ouest.

Le cacao ivoirien, qui représente 45% de la production mondiale, compte pour 14% du PIB national et nourrit 24% de la population, selon les autorités.

C’est un “enjeu géostratégique” pour Abidjan, a souligné vendredi M. Achi.