Xavier Bertrand refuse d’être candidat à une primaire de la droite et se pose en cavalier seul à la présidentielle




Elena Zegonova. Sputnik France

Alors que l’éventualité d’une primaire de la droite divise Les Républicains, Xavier Bertrand (ex-LR) a refusé d’y participer en confirmant sa candidature à la présidentielle. La précédente primaire de 2016 avait viré au fiasco suite au scandale Fillon.

Dans la course à l’Élysée, le président des Hauts-de-France a clos le débat sur sa participation à une éventuelle primaire de la droite et du centre: Xavier Bertrand sera candidat à la présidentielle et rien de plus.

«Ce soir, devant les Français, je suis candidat à l’élection présidentielle […]. C’est une candidature de cohérence avec ma conception de l’élection présidentielle: c’est une rencontre entre un homme, une femme et les Français […]. En toute cohérence, je ne serai pas candidat à une primaire», a-t-il déclaré sur TF1 le 6 juillet.

Ses explications

Il a évoqué la primaire organisée en 2016 avant la précédente présidentielle, qui selon lui, avait été «source de divisions» et «n’avait pas laissé que des bons souvenirs».

«Si vous êtes dans la concurrence, vous n’êtes pas le candidat à la présidentielle», a-t-il argué.

La primaire a été source de divisions. En 2017, les candidats à la présidentielle passés par une primaire ont été éliminés dès le premier tour. Ma responsabilité est de rassembler et de former la meilleure équipe possible. pic.twitter.com/YHUnOv8UN6 — Xavier Bertrand (@xavierbertrand) July 6, 2021

​Favori d’après un sondage

Xavier Bertrand a précisé qu’il serait «candidat pour un mandat unique, cinq ans seulement pour vraiment redresser le pays».

Les récents sondages le placent en position favorite. Ainsi, au sein de la droite, il a été crédité de 18% des intentions de vote, tandis que Valérie Pécresse a rassemblé 14% et Laurent Wauquiez 13%, indique un sondage IFOP-Fiducial pour LCI et Le Figaro publié le 4 juillet. Mais tous les trois restent derrière Emmanuel Macron (de 24 à 28% selon le candidat de droite qui lui serait opposé) et Marine Le Pen (26%).

Une tribune pour la primaire

Cette semaine Valérie Pécresse, présidente (ex-LR) de la région Île-de-France, Laurent Wauquiez, président (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Bruno Retailleau, sénateur (LR), et Hervé Morin, président (Les Centristes) de la région Normandie, ont appelé à une primaire ouverte pour désigner le candidat de la droite et du centre à la présidentielle.

Dans une tribune publiée lundi 5 juillet par Le Figaro, ils ont affirmé que la primaire empêcherait «la compétition sauvage et les aventures solitaires» lors du premier tour des présidentielles. «62% des Français pensent aujourd’hui possible qu’un Président issu de la droite emporte la présidentielle de 2022», ont-ils précisé.

Christian Jacob est contre

Au sein de leur famille politique, les avis divergent. Le chef des Républicains Christian Jacob est hostile à l’idée. Hier, durant la réunion du bureau politique du parti, il a appelé à se «mettre d’accord» sur une figure unique dans les mois qui viennent. Si aucun consensus n’est trouvé, la candidature sera désignée le 25 septembre, lors du congrès des Républicains, et le vote sera mis en place en novembre.

En juin il a déjà dit que la primaire avait conduit le parti «à l’échec en 2017». En 2016, Les Républicaines l’avaient organisée pour la première fois. Le vote était ouvert à tous les électeurs inscrits sur les listes électorales. Après les deux tours, en novembre 2016, François Fillon a été nommé vainqueur et s’est porté comme un candidat de la droite à la présidentielle.

Il a été pourtant éliminé dès le premier tour avec 20,01% des votes. Son positionnement a été affaibli à cause du scandale sur la rémunération illégale de son épouse en tant qu’attachée parlementaire et collaboratrice fictive d’une revue.

«Droite décapitée»

Cette défaite se ressent encore. Selon l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, la primaire précédente «a décapité la droite». Il est par ailleurs du même avis que Xavier Bertrand: ce vote serait une source de divisions.

«Je garde un très très très mauvais souvenir de cette primaire de 2017 qui a décapité la droite […]. Engager une bataille avant la guerre, c’est aller à la guerre de manière fragile, blessé, et en difficulté […]. Il ne faut pas épuiser ni les électeurs de la majorité, ni les candidats dans une préguerre», a-t-il déclaré le 6 juillet sur LCI.

70% des adhérents LR s’étaient prononcés en 2017 contre les primaires ouvertes, selon un sondage en ligne mené par le parti auprès des 230.000 membres.




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