Audition de Boubacar Seye (HSF): Ces détails qui démontrent le coup de force de l’Etat du Sénégal




Au sujet de l’affaire Boubacar Seye, beaucoup sont ceux qui s’interrogent sur la méthode utilisée pour l’arrêter dès sa descente d’avion à l’AIBD. En effet, d’aucuns soutiennent que l’Etat du Sénégal devrait plutôt faire le bilan sur la gestion qui a été faite des fonds que l’UE lui a alloués pour la lutte contre l’émigration clandestine. A la place, la police sénégalaise semble exercer de ce que l’on pourrait qualifier d’acharnement sur la personne de Boubacar Seye. Durant son audition, le président d’Horizon sans frontière est revenu dans les détails sur la demande qu’il a formulée pour qu’un bilan et une évaluation soit faits sur ces fonds. Publicité

Entendu par les gendarmes le 15 janvier à 12 heures 40 minutes, le président d’Horizon sans frontières (Hsf) avait commencé par dénoncer la réaction des autorités qui, selon lui, ont voulu l’humilier. Après, il est revenu sur le rôle et les objectifs d’Hsf avant d’indiquer que les fonds destinés à la lutte contre l’émigration clandestine ne seraient pas alloués aux ayants droits. «Toute l’Afrique est endeuillée par ce drame », a-t-il dit sur Pv.

Selon lui, pour aller vers de nouvelles perspectives de solution en vue de réduire les risques à des proportions tolérables, il est capital de faire le bilan et l’évaluation des fonds injectés dans la lutte contre l’émigration clandestine. Et puisqu’il aurait reçu «un document exclusif de l’Union européenne avec les montants, programmes et les bénéficiaires de ces programmes d’un montant de 180 millions d’euros », Boubacar Sèye indique que ceux qui seraient détenteurs de ces programmes doivent faire le bilan.

Après avoir précisé, sur interpellation, qu’il n’accuse personne, le président d’Hsf dit souhaiter qu’on fasse le bilan de ce qui a été fait ainsi que les axes et orientations destinés à lutte contre l’émigration clandestine. Pour terminer, il a soutenu que la notion d’imputabilité doit être rétablie au Sénégal pour que «de telles erreurs ne se reproduisent plus dans la gestion de ce dossier migratoire ». Comme l’avait révélé Libération quotidien, Boubacar Sèye a précisé avoir reçu le document en question, par mail, de la part de madame Patrice Desbonnes du service politique de l’Ue. Les enquêteurs estiment pour leur part que le document ne comporte ni entête, ni signature.

Pour rappel, Arrêté le 15 janvier dernier à l’Aibd suite à une opposition émise par la Sr et placé sous mandat de dépôt le 19 janvier pour diffusion de fausses nouvelles, Boubacar Sèye est, depuis lors, pensionnaire de la prison du Cap Manuel. Plus précisément, il loge à la chambre 5, selon les informations de Libération online.