COMMENT L’IMAM DE SICAP DIAMAGUÈNE A ÉTÉ ÉGORGÉ PAR SON FILS




Serigne Mamadou Mansour Diop jouit-il de toutes ses facultés mentales ? L’acte odieux qu’on lui impute porte à le croire même si aucun papier attestant sa démence n’a été versé dans le dossier judiciaire. Il a été attrait à la barre de la chambre criminelle de Dakar pour parricide. Il aurait égorgé son père Serigne Mbaye Sy Diop, imam de la Sicap Diamaguène. Les faits ont eu lieu au mois de novembre 2017.

Devant le prétoire, ce mardi, il a battu en brèche les accusations qu’il avait reconnues à l’enquête préliminaire et devant le magistrat instructeur. À l’enquête préliminaire, l’accusé, avouant son crime, avait déclaré que ce jour-là, il avait demandé de l’argent à son père pour son petit déjeuner. Mais ce dernier avait refusé et ils ont eu une altercation. Sur ces entrefaites, il a donné un coup de couteau à son père. Lequel coup l’a affaibli et il est tombé. Il s’est agenouillé sur lui avant de lui trancher la gorge.

Face au magistrat instructeur, l’accusé a changé de fusil d’épaule. Ainsi, il a soutenu que c’est son père qui lui avait remis le couteau avant de lui demander de l’égorger.

Malgré les différentes versions données dans cette affaire, l’accusé, après la commission des faits qui lui sont reprochés, avait pris la tangente. Il était resté des jours sans faire signe de vie. Il a été interpellé le jour où il est revenu dans la maison familiale pour récupérer sa pièce d’identité qu’il avait oubliée dans sa chambre.

Les frères de l’accusé, qui se sont constitués partie civile dans cette affaire, l’ont dépeint comme une personne violente qui était tout le temps armée d’un couteau et qui n’hésitait pas de l’utiliser pour se battre. Selon eux, leur père n’a jamais digéré le comportement de leur petit frère qui, issu d’une famille maraboutique affiliée à Tivaouane, buvait de l’alcool et fumait du chanvre indien.

Relations heurtées entre un imam et un fils sous emprise de l’alcool et de la drogue
Leurs déclarations ont été confirmées par le chef de quartier Moussa Camara, interrogé à titre de témoin. Le vieux a déclaré que le père de l’accusé l’avait confié qu’il ne veut plus voir son fils dans sa maison d’autant plus qu’il n’avait plus confiance en lui. Ce, parce qu’il était sous l’emprise de la drogue et pouvait à tout moment commettre l’irréparable. « Son père avait pressenti ce qui est arrivé », a soutenu le chef de quartier qui, tout de même, a précisé qu’il n’était pas sur les lieux le jour des faits.

Faisant son réquisitoire, le représentant du procureur a rappelé que le défunt était un imam qui ne tolérait même pas la cigarette dans sa maison à fortiori l’alcool ou la drogue. C’est ce qui justifie, d’après lui, sa relation heurtée avec l’accusé. C’est aussi ce qui a fait qu’il a voulu le chasser de sa maison.

Le maître des poursuites reste convaincu que la thèse de la folie ne peut pas prospérer. Étayant son argumentaire, il indique que l’accusé est saint d’esprit et il a fait preuve de cohérence dans ses déclarations.

L’acte qu’il a posé, signale le parquet, est un acte conscient. C’est pourquoi, ajoute le maître des poursuites, il a fermé la porte de la maison et a escaladé le mur pour s’enfuir. Estimant que l’homicide involontaire est constitué, il a requis la réclusion criminelle à perpétuité. Un réquisitoire jugé très sévère par l’avocat de la défense qui soutient qu’il y a eu, dans le dossier, un certain nombre de faits qui confortent la thèse de la folie. Il a même révélé que son client a été interné dans un centre psychiatrique.

« Je doute que ce garçon puisse être normal au moment des faits. Ce qui montre que ce garçon n’est même pas normal ce sont ces déclarations faites devant le juge d’instruction. Il est n’est pas normal », insiste l’avocat de la défense qui a sollicité la clémence de la chambre. L’affaire est mise en délibéré pour jugement qui sera rendu le 2 mars prochain.




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