Pour une histoire de “bouye”, l’Imam bat sa “ñiarel” et se fait arrêter




Pour une histoire de pain de singe (bouye), l’Imam bat violemment sa femme. La victime qui s’est retrouvée avec un certificat médical attestant d’une Incapacité temporaire de travail (Itt) de 6 jours, a porté plainte. Son mari a été arrêté par la gendarmerie de Keur Momar Sarr, avant d’être déféré hier lundi, au parquet de Louga.

T. D. Bâ, l’Iman du village d’Eda, dans la commune de Nguer Malal (arrondissement de Keur Momar Sarr), est en train de traverser une période sombre de son existence. Polygame à deux épouses, il s’est empêtré dans une vilaine histoire de Coups et blessures volontaires (Cbv) ayant entrainé une Incapacité temporaire de travail (Itt) de 6 jours sur sa deuxième femme. Les faits qui lui coûtent cette détention préventive à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Louga, remontent à la semaine dernière. La victime de ces coups devisait tranquillement avec sa fillette de 8 ans dans la cour où son mari les rejoindra quelques minutes plus tard. Le chef de famille qui a remarqué que la gamine tenait entre ses mains du pain du singe, a demandé à sa femme la provenance de ce fruit sauvage. Avant qu’elle n’ouvre sa bouche, sa fille répond à son père : «C’est tonton G. (le petit frère du chef de famille) qui l’a donné à ma mère…» Courroucée par l’attitude de sa fille qui a répondu alors que la question ne lui était pas adressée, la dame la tance vertement : «Je comprends le sens de cette question qui m’a été destinée et je pouvais lui apporter ma réponse. Tu regretteras d’avoir répondu à la question à ma place. Désormais tu te comporteras comme un enfant de ton âge. Je vais te corriger…», prévient la jeune femme. Joignant l’acte à la parole, elle s’est levée brusquement pour mettre à exécution ses menaces. L’Imam qui suivait la scène s’interpose et, digérant mal le comportement de son épouse, il lui a administré de violents coups de poing à la figure. Sévèrement battue, la victime s’est rendue à l’hôpital où un certificat médical attestant ses blessures lui a été délivré. Le document en main, elle a porté plainte contre son mari à la brigade de gendarmerie de Keur Momar Sarr.

Mis aux arrêts, l’imam a fait des aveux circonstanciés. D’après des sources proches de l’enquête, l’imam s’est amendé, regrettant platement les faits. Des regrets qui seront sans effet. La partie civile a fait fi des pressions exercées sur elle et a refusé de retirer sa plainte. A l’issue de la durée légale de sa garde à vue, T. D. Bâ a été déféré au parquet de Louga. Il a passé hier lundi, sa première nuit à la prison de Louga. Selon quelques indiscrétions, cette histoire de pain de singe cache un secret de Polichinelle au village d’Eda. En effet, il se dit que l’imam n’apprécie la qualité des relations entre sa femme et son frère.