AG des maires du Sénégal: plaidoyer pour une décentralisation du Budget consolidé d’investissement dans les communes




Pas moins de 500 édiles ont fait le déplacement dimanche à Dakar pour prendre part à l’assemblée générale de l’Association des maires du Sénégal (Ams) qui avait pour thème : « Perspectives de territorialisation des politiques dans un contexte de relance de la politique d’emploi ». À l’occasion, le ministre des Collectivités territoriales, du Développement et de l’Aménagement des territoires, Oumar Guèye, a plaidé pour que le Budget consolidé d’investissements (Bci) soit décentralisé dans les communes.

L’assemblée générale de l’Association des maires du Sénégal (Ams) a été l’occasion, hier à Dakar, pour le Ministre des Collectivités territoriales, du Développement et de l’Aménagement des territoires, Oumar Guèye, de rappeler aux maires du Sénégal la confiance que le Chef de l’État, Macky Sall, leur témoigne. Pour lui, il est temps que les membres du Gouvernement le sachent en donnant aux élus locaux le respect qui leur est dû. « Il faut repositionner les maires dans le tissu économique, dans le développement économique et social. C’est la vision du Président Macky Sall. C’est sa volonté et il faut que le Gouvernement le soutienne dans ce sens », a déclaré le ministre. À plusieurs reprises, rappelle-t-il, le Chef de l’État a exhorté le Gouvernement à décentraliser le Budget consolidé d’investissement (Bci) afin d’en faire profiter aux communes. « Les exécutifs locaux sont capables de construire des salles de classe, des écoles et des postes de santé, donc laissons leur cela », a plaidé M. Guèye. À sa suite, le Directeur général du Programme national de développement local (Pndl), Mamadou Thiaw, a fait un plaidoyer semblable, estimant que les maires sont aujourd’hui capables de gérer des financements avoisinant un à deux milliards de FCfa. « Il suffit simplement de leur faire confiance », a dit le Maire de Tassette (région de Thiès).

Le président de l’Ams, Aliou Sall, est revenu sur les avantages de l’Acte 3 de la décentralisation qui, selon lui, a fait de la gouvernance locale et de l’équité territoriale « les principes fondamentaux devant installer au plan social, économique et culturel (….) des entités à part entière et non entièrement à part, porteuse d’un développement territorialement ancré ». Avec une telle réforme, ajoute le Maire de Guédiawaye, le Chef de l’État a amorcé « une nouvelle phase » de rapports entre le Gouvernement et les exécutifs locaux par le biais d’une augmentation sensible des transferts de ressources et l’amélioration de la qualité de l’accompagnement de l’État. Faisant référence aux évènements politiques survenus récemment dans le pays, Aliou Sall estime que c’est « une surenchère malsaine et maladroite » à laisser aux adeptes du populisme. Cependant, il a invité ses collègues maires à être prêts pour relever les challenges futurs, notamment la forte demande d’emplois des jeunes.

Maguette NDONG

ENTRETIEN ROUTIER

7600 emplois créés par le Fera

Dans le cadre de l’exécution du Programme haute intensité de main-d’œuvre (Himo), le Fonds d’entretien routier autonome (Fera) a créé 7600 emplois dans les communes, révèle le Directeur général Mamadou Faye lors de l’assemblée générale de l’Association des maires du Sénégal (Ams). Le Fera a signé 195 conventions avec les collectivités territoriales. « Rien qu’à Dakar, nous avons créé 1500 emplois à l’heure actuelle », ajoute le Directeur général. Pour ce qui est de l’entretien mécanique des voiries, 19 conventions ont été signées. À cet effet, le Fera injecte, chaque fois, 498 millions de FCfa dans les communes. Enfin, dans le cadre du programme d’équité territoriale, le Fera est implanté dans les communes « très éloignées » de la capitale comme Saraya, Bakel et Oussouye.

PACASEN RURAL

952 conventions à signer avec les communes

Avec un financement de 352 milliards de FCfa, le Pacasen rural va permettre de signer 952 conventions avec les collectivités territoriales faisant partie du programme. D’après le Directeur général du Programme national de développement local (Pndl), Mamadou Thiaw, en charge de l’exécution du programme, la plus petite convention qui sera signée avec les communes est de l’ordre de 252 millions de FCfa. Tout a été finalisé pour démarrer le programme en 2021 avec un budget de 60 milliards de FCfa, à l’en croire. « Plus de 3000 infrastructures de base structurantes seront réalisées et 10 000 emplois créés en zone rurales », a indiqué M. Thiaw. Selon lui, plusieurs banques se sont signalées pour financer les infrastructures à réaliser et à ce titre des B2B ont été signés avec 18 partenaires. « En attendant que les partenaires réagissent, il faut que l’État dégage sa contrepartie pour un démarrage du programme cette année », a exhorté le Directeur général de l’Agence de développement municipal (Adm).

35 milliards de FCfa prévus pour réhabiliter les hôtels de ville

L’État est en train de doter les collectivités territoriales d’hôtels de ville modernes. Ce programme de réhabilitation/construction est doté de 35 milliards de FCfa dont deux milliards dégagés chaque année, a déclaré le Directeur général de l’Agence d’exécution des travaux d’intérêt public contre le sous-emploi (Agetip), El Hadj Malick Gaye. Des communes comme Ziguinchor, Kaffrine et Tivaouane disposent déjà d’un hôtel de ville flambant neuf, celui de Guédiawaye est en cours de construction. « Cela prendra le temps pour toucher l’ensemble des hôtels de ville », a assuré M. Gaye. Cependant, beaucoup d’élus se sont plaints des lenteurs de certains travaux et du non achèvement d’autres dans les communes.

Dialogue de sourd entre le patron de la Der et les maires

Entre l’administrateur de la Délégation à l’entrepreneuriat rapide (Der), Pape Amadou Sarr, et les maires, c’est un dialogue de sourd. Lors de la présentation de M. Sarr à l’occasion de l’assemblée générale de l’Ams, beaucoup de maires se sont levés pour contester les chiffres qu’il a avancés. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est arrivé quand Pape Amadou Sarr a dit que les 552 collectivités territoriales ont bénéficié des financements de la Der. « Chacune a reçu pas moins de 10 millions de FCfa », a-t-il dit, provoquant une levée de bouclier dans la salle du Grand théâtre. « On n’a rien vu ! On n’a rien vu ! », entend-on. Imperturbable, M. Sarr a précisé que l’instruction qu’il a reçue du Président de la République, c’est de financer les jeunes et les femmes. À ce titre, il a prévu de signer une convention avec l’Ams afin d’implanter des bureaux de la Der dans chacune des communes afin d’assurer le service de proximité aux citoyens