Alioune TINE : «C’est un 3ème mandat qui est en ligne de mire»




«Il y a des seuils qu’il ne faut pas franchir et là on a franchi un seuil critique. Beaucoup de gens sont aujourd’hui conscients que ce qui se passe avec l’affaire Sonko, c’est une affaire d’Etat».

Telle est l’alerte émise par l’ancien patron de la Raddho, Alioune Tine qui trouve qu’on ne peut pas régler la question de la succession démocratique par des armes non conventionnelles. Invité à l’émission Opinion de Walf-Tv, le président d’Africajom Center a livré sa position sur l’affaire Sweet Gate impliquant le leader de Pastef/Les Patriotes. Et, c’est pour prévenir sur les menaces qui pourraient découler de cette affaire, qui selon ses dires «est devenue une affaire d’Etat et de sécurité nationale». «Quand vous attaquez quelqu’un qui a une représentation nationale réelle qui a aussi des partisans jeunes – la plupart des gens qu’on a vu sur la rue sont des jeunes, quelqu’un qui a également des partisans au niveau international, quelqu’un qui a également avec lui une partie du clergé avec les marabouts qui sont en train de parler, il faut faire attention à cette affaire qui peut déborder», développe M. Tine.

Pour lui, «il faut que l’Etat prenne conscience que ce n’est pas une histoire de n’importe quoi, une histoire de masseuse». Cela, à l’entendre, «dépasse la question de la masseuse». Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, Alioune Tine estime que «c’est cette méthode qui suscite plus colère et indignation parce que quand on en arrive là, c’est une véritable dégringolade de la démocratie sénégalaise. On ne peut pas être indifférent par la récurrence de la liquidation de tous les prétendants à la présidence de la République. Vous dites Karim voleur, Khalifa voleur, Sonko violeur, pervers. On va dire attention, et on va commencer à se poser des questions pour dire qu’est-ce qui se passe. C’est 2024 qui est en ligne mire. C’est un 3ème mandat qui est en ligne de mire».

Le patron d’Africajom center trouve que l’horizon de 2024 s’annonce sombre. Un avenir sombre qui est matérialisé par l’affaire du 3ème mandat. «Il faut que le Président ait le courage politique de dire nous n’allons pas être le responsable d’une déstabilisation, d’une instabilité, d’une fragilité du pays. La question du 3e mandat sera quelque chose qui va brûler le pays. Il faut le vider dès maintenant. A partir de ce moment, tout le monde sera tranquille. Vous ne pouvez pas dire à la fois vous ne voulez pas de 3e mandat et ensuite poser des actes comme si vous allez vers le 3e mandat. Cette incohérence crée le doute, la suspicion, des facteurs de violences (…)», précise l’interlocuteur du journaliste Pierre Edouard Faye. Qui ajoute : «Nous avons besoin de sérénité d’ici 2024. Nous avons également besoin de sérénité avec cette pandémie. Notre situation actuelle est très chargée de menaces. Il faut qu’on fasse attention au niveau des partis politiques de l’opposition. Nous avons besoin d’être ensemble, d’être forts par rapport aux menaces qui nous entourent».

Pour se faire plus clair, Alioune Tine affirme : «Le président Macky Sall doit clairement dire qu’il ne va faire un 3ème mandat comme le président Issoufou du Niger l’a fait. Au lieu de chasser les gens qui lui disent de ne pas faire un 3e mandat, il faut qu’il dise aux gens lui demandant de briguer un 3e mandat de sortir de son gouvernement en violant la Constitution. C’est cela qu’on attend du président Macky Sall. Il faut qu’il se pose comme le défenseur des acquis de 2000 mais pas comme le fossoyeur des acquis démocratiques au Sénégal». Faisant la leçon à ses anciens camarades du M23, il souligne : «Les personnalités comme Niasse, Serigne Mbaye Thiam… nous étions tous à la Raddho contre le 3e mandat. Ils ne peuvent pas aujourd’hui se taire au moment où nous avons de sérieuses menaces avec le 3e mandat. Ces gens ont la responsabilité historique. Ce n’est pas une question d’être loyal au président mais d’être loyal avec le Sénégal, avec la Constitution, avec les institutions. C’est cela qui peut nous sauver. Il faut revenir à la vertu du courage, à la vertu du Jom pour que le Sénégal ne sombre pas».




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