C’est toujours l’impasse!




Réunis hier, jeudi 15 avril, pour partager les conclusions de la sous-commission mise sur pied pour essayer de rapprocher les différentes positions sur la nouvelle date de ces élections locales au lendemain du dernier report décidé de façon unilatérale par le gouvernement en Conseil des ministres, les représentants des trois pôles (majorité, opposition et non-alignés) engagés dans ces discussions se sont, une nouvelle fois, quittés sans être parvenus à un quelconque accord. Au sortir de cette rencontre, majorité et opposition se renvoient la balle de ce nouvel échec.

La Commission cellulaire du dialogue politique est toujours dans l’impasse sur la date de la tenue des élections municipales et départementales déjà reportées à quatre reprises par le régime en place. Réunis hier, jeudi 15 avril, pour écouter les conclusions de la sous-commission qui avait été mise sur pied pour essayer de rapprocher les différentes positions sur la nouvelle date de ces élections locales au lendemain du dernier report décidé de façon unilatérale par le gouvernement en Conseil des ministres, les représentants des trois pôles (majorité, opposition et non-alignés) engagés dans ces discussions se sont, une nouvelle fois, quittés sans parvenir à un quelconque accord.

Dans son rapport, la Commission a annoncé que sa médiation n’a pas pu donner quelque chose de concret. En cause, la persistance des divergences entre les différentes entités qui continuent de camper chacune sur sa position. A la sortie de cette rencontre, pouvoir et opposition se renvoient la balle de la responsabilité de ce nouvel échec. S’exprimant devant des journalistes, Benoît Sambou, coordinateur du pôle de la majorité au dialogue politique accuse l’opposition de faire fi de l’avis des experts internationaux et les techniciens de la Direction générale des élections. «L’opposition avait une position de principe, qui ne tient compte ni de l’avis des experts internationaux ni de tous les partis engagés dans cette commission pour trouver un consensus. Ils veulent qu’on ne tienne pas compte des conclusions de l’évaluation qui devaient permettre de régler les problématiques, de caution, de bulletin unique, de modalité d’inscription, mais surtout de parrainage », a martelé Benoît Sambou qui s’empresse de faire remarquer qu’ en cas de persistance de désaccord, le gouvernement devra comme la loi le lui permet, décider de la date des prochaines élections.

POUVOIR ET OPPOSITION SE RENVOIENT LA CAUSE DE L’ECHEC

Du côté de l’opposition, on réfute cette thèse du représentant de la majorité. En effet, prenant également la parole, le chargé des élections du Pastef/Les Patriotes plénipotentiaire de l’opposition à la Commission du dialogue politique, Aldjouma Sow affirme que s’il y a un acteur qui ne veut pas la tenue des élections, il faut le chercher dans le camp du pouvoir qui, explique-t-il, « n’a jamais fait des propositions techniques ». « Nous avons proposé que les résultats de l’évaluation puissent être reportés pour s’appliquer sur les prochaines élections générales à venir. Nous avons également demandé à ce que la durée de la revue du code électoral soit revue à la baisse, et que cette opération-là puisse se faire de façon simultanée avec la révision des listes électorales. Ce qui est constant dans ces discussions, c’est que véritablement la majorité n’a jamais fait des propositions techniques comme nous l’avons fait. Mais elle a toujours campé sur sa position. La conséquence, aujourd’hui, est qu’il y a un désaccord sur la fixation de la date des élections. Ce qui défie la capacité de la classe politique à trouver des consensus sur des questions majeures. S’il y a un acteur qui ne veut pas la tenue des élections, il faut le chercher dans le camp du pouvoir », a chargé à son tour le camarade d’Ousmane Sonko, président de Pastef.

NON-ALIGNES ET SOCIETE CIVILE « INAPTES» A RAPPROCHER LES POSITIONS

Pour sa part, Déthié Faye, coordonnateur du pôle des Non-alignés n’a pas manqué de déplorer ce nouveau blocage en soulignant que le pôle des non-alignés et la société civile, pour faire évoluer la situation, avaient fait deux propositions qui ont été rejetées. « Nous avons pensé que les inquiétudes sont dues au fait que les autres acteurs voient en la décision du gouvernement de reporter les locales en 2022, une stratégie visant à cautionner le report des législatives. Donc pour essayer de rapprocher les différentes positions, nous avons proposé que le gouvernement prenne l’engagement ferme de tenir les législatives à date échue en 2022 en même temps que les Locales », a expliqué Déthié Faye. Qui ajoute « dans un premier temps, l’opposition et la société civile avaient indiqué qu’une résolution du gouvernement pourrait faire évoluer les choses. Mais, le représentant de la majorité avait dit qu’il ne peut pas prendre position et a demandé du temps pour rendre compte. A la rencontre d’aujourd’hui, (ndlr-hier), il a confirmé que le Gouvernement est d’accord pour la rédaction d’une résolution dans laquelle il confirmera que les législatives se tiendront à date échue en 2022. Seulement, l’opposition est revenue sur sa position pour demander la tenue des élections avant fin 2021 ».