Conseil des droits de l’homme de l’Onu : Aïssata Tall Sall plaide pour un humanisme intégral




« Les droits de l’Homme que nous défendons, ici, n’ont de sens et de portée que lorsqu’ils protègent l’homme intégral, dans ses besoins et ses préoccupations », a déclaré la Ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur lors du sommet de haut niveau du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.

Genève- Suisse- (Correspondant permanent)- La 46ème session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies se tient à Genève depuis lundi. Au vu de la situation sanitaire, les autorités participant au segment de haut niveau se sont exprimées via les moyens technologiques. Saisissant la solennité du moment, Aïssata Tall Sall a interpellé les consciences et la communauté internationale sur la nécessité de revenir à l’humain, de faire du multilatéralisme le lieu de règlement des différends et de recherche de solutions concertées pour faire face aux défis globaux dont la santé pour tous, la pauvreté, l’endettement…

Alors que le monde fait face aux défis engendrés par la Covid-19, « les États doivent en même temps renforcer leur engagement à éradiquer l’extrême pauvreté », a affirmé la ministre au nom du Sénégal. En effet, force est de reconnaître qu’avec cette crise majeure, les situations d’extrême pauvreté conduisent à la marginalisation de millions de personnes et fragilisent sérieusement la pleine réalisation des droits civils, politiques, économiques et sociaux. Conformément à l’Agenda 2030 de l’Onu pour le développement durable, a fait remarquer Mme Sall, seule une approche fondée sur le respect de tous les droits, y compris ceux économiques et sociaux, peut aider à rompre ce cercle vicieux et bâtir des sociétés inclusives, justes et résilientes. Elle a rappelé la juste plaidoirie panafricaniste du Président Macky Sall face aux effets déstabilisateurs de la pandémie, à l’urgente nécessité de l’annulation de la dette publique et au rééchelonnement de celle privée de l’Afrique. « Devant une situation exceptionnelle qui a conduit les pays les plus développés à adopter des mesures exceptionnelles, en rupture avec l’orthodoxie financière et budgétaire habituelle, il est tout à fait juste et légitime que les pays en développement bénéficient de mesures exceptionnelles qui leur permettent de disposer des liquidités nécessaires à la résilience et à la relance économiques », a-t-elle justifié.

« Les droits de l’homme que nous défendons, ici, dit Aïssata Tall Sall, ne peuvent être une fin en soi ; ils n’ont de sens et de portée que lorsqu’ils protègent l’homme intégral, dans ses besoins et ses préoccupations ». C’est tout le sens de l’appel lancé par le Président sénégalais dans une tribune du 8 avril 2020 intitulée : « l’Afrique et le monde face à la Covid-19 : point de vue d’un Africain » plaidant pour l’avènement d’un nouvel ordre mondial qui met l’humain et l’humanité au cœur des relations internationales.

Alors que le monde fait face à une crise transfrontalière sans précédent, l’esprit des Nations unies commande de « travailler ensemble à la revitalisation du multilatéralisme pour faire face à nos défis communs, dans la solidarité, le dialogue et la compréhension mutuelle », a soutenu Aïssata Tall Sall. Elle a ajouté que la Déclaration universelle autant que celle de Durban sont deux instruments internationaux qui ont atteint une certaine maturité, mais force est de constater que « les principes d’égalité, de non-discrimination, de justice et de fraternité qu’ils prônent subissent des assauts ». Ces assauts, dit-elle, sont liés à la montée du nationalisme, du racisme, de l’islamophobie et de l’intolérance. Elle offre le Sénégal en exemple au monde : « Pays fortement ancré dans une tradition de coexistence harmonieuse des cultures, de respect de la différence et de dialogue des religions, qui a érigé les valeurs humaines en règles constitutionnelles ». C’est à ce titre, assure-t-elle, que le Plan Sénégal émergent (Pse), cadre de référence de la politique économique et sociale, intègre la transversalité des droits économiques, sociaux et environnementaux dans ses axes et orientations stratégiques. « Travaillons ensemble à relever les défis communs, dans le respect de nos diversités », a exhorté Aïssata Tall Sall.