Conseil présidentiel sur l’émploi : La meilleure manière de rater le coche




Les acteurs de vie publique comme du secteur privé, s’agitent pour une participation active au Conseil présidentiel sur l’emploi qui doit se tenir jeudi prochain.

Une idée noble qui s’inscrit en droite ligne de la nouvelle dynamique qui est d’accélérer le maximum les opportunités de trouver de l’emploi aux jeunes qui sont au moins 100 mille ou trois fois plus selon certains, à arriver, chaque année, sur le marché de l’emploi.

Il s’agit donc de recueillir le maximum possible de propositions pour créer les conditions de cette employabilité mais aussi de pourvoir de l’emploi à un nombre important d’entre eux afin de réduire le taux de chômage.

Malheureusement, comme en de pareils cas, lorsque le Président prend une initiative, surtout de cette importance, tous ses proches se sentent obligés de démontrer leur engagement parfois par un excès de zèle nuisible.

En effet, la question de l’emploi est tellement sensible que sa politisation est la meilleure façon de rater le coche en la matière.

C’est ce qui d’ailleurs semble avoir plombé de nombreuses politiques actuelles qui portent sur l’emploi. C’est contre quoi le Coordonnateur de la Der semble se défendre. Ce qui, selon lui, lui vaut tant d’animosité et d’hostilité au point qu’il a été même hué par les Maires du Sénégal.

C’est dire à quel point il est important de réfléchir sur la question de la politisation des politiques de jeunesse.

Ce qui est important de souligner, c’est que la plupart des institutions de financement et d’encadrement des jeunes sont dirigés par des leaders politiques du parti au pouvoir.

Or, ce qui semble être une ‘’force’’ au regard des opportunités de financement qu’ils charrient pour les militants est en réalité une faiblesse car, ceux qui sont dans les partis au pouvoir ou y sont affiliés du fait de leurs proches sont minimes au regard de l’énorme masse de jeunes qui sont dans le besoin.

Ce que l’on appelle ainsi le clientélisme est une réalité chez nous car, les cadres qui sont à la tête des structures d’Etat sont toujours appréciés à l’aune de leurs propres capacités à mobiliser des militants.

D’ailleurs, Macky a souvent menacé de dégommer ceux qui seraient incapables de gagner dans leurs localités. Et il met souvent ses menaces à exécution.

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que toutes ces structures de financement et d’accompagnement aient comme viatique de chercher d’abord à satisfaire une certaines clientèle politique.

Et dans cette même dynamique, tous ceux qui sont associés à ces assises et qui ont des responsabilités vont également avoir comme réflexe de satisfaire des militants faisant ainsi d’une pierre deux coups parce que ces derniers sont aussi jeunes demandeurs d’emplois.

C’est dire que des résultats tangibles ne peuvent être obtenus que s’il y a un changement de paradigme. Et que désormais, tous les jeunes soient perçus et considérés de la même manière, sans exclusive.

C’est le premier défi à relever et sans lequel, nous allons continuer à tourner en rond.

Parallèlement, il serait souhaitable que le secteur privé national soit associé et surtout mis en première ligne de cette bataille pour l’emploi.

Toutes les mesures doivent ainsi être examinées pour permettre à ces hommes d’affaires nationaux de pouvoir être compétitifs par rapport à leurs homologues étrangers.

A ce propos, la préférence nationale et le patriotisme économique ne doivent pas être de vains mots.

Car, c’est seulement ce secteur privé qui peut absorber la masse de chômeurs. Et elle ne saurait y parvenir si elle tire elle-même le diable par la queue.

Enfin, il est important de créer les conditions de l’émergence d’une nouvelle race d’hommes d’affaires parmi les jeunes. L’auto-emploi est à promouvoir à tous les niveaux.

Ce ne sera pas facile parce que ces derniers devront faire face à beaucoup de goulots d’étranglement comme l’absence de formation, de culture d’entreprise et la difficulté à accéder au crédit.

Il faudra travailler sur tous ces leviers et faire en sorte que les principaux obstacles soient levés. Ce qui, en soit, ne peut se faire qu’à long terme en révolutionnant complètement la formation, l’encadrement des jeunes et le financement de leurs projets.

Des solutions structurelles qui viendront se greffer à celles, urgentes à mettre en œuvre immédiatement.




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