[Interview exclusive] Robert Bourgi: « Le dialogue national a porté ses fruits »




Depuis qu’il a quitté le pouvoir, en 2012, l’ancien Président de la République Nicolas Sarkozy fait face à un feuilleton judiciaire interminable en rapport avec sa gestion et ses relations avec l’argent et l’Afrique. Le Président gabonais Omar Bongo Odimba lui aurait dit que « son fameux discours de Dakar le poursuivrait toute sa vie ». Alors qu’il se défend actuellement devant le Tribunal pour une affaire de corruption avec le défunt guide libyen Mouammar Khadafi, un de ses proches nous fait des confidences sur des tranches de sa vie. Robert Bourgi, puisque c’est de lui qu’il s’agit, se prononce également sur les tensions politiques et sociales en France et sur les relations avec l’Afrique.

Entretien réalisé par Ousmane Noël MBAYE

Plusieurs années après son départ du pouvoir, Nicolas Sarkozy semble payer ses « erreurs », notamment sur l’Afrique avec son « implication » dans la chute du colonel Khadafi. Vous êtes un de ses proches amis et collaborateurs, comment vit-il cette nouvelle situation judiciaire, politique et médiatique?

C’est vrai que Nicolas Sarkozy fait face actuellement à plusieurs épreuves judiciaires en cours ou à venir. Il est déterminé à faire éclater la vérité en démontrant son innocence. Il est très courageux dans l’épreuve. Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’à droite, il est incontournable. Nicolas Sarkozy dit avoir quitté la politique, mais il est l’alpha et l’oméga de son camp. Rien ne se fait, rien ne se dit et rien n’est entrepris sans en référer à lui. De plus, Emmanuel Macron le consulte très souvent et l’associe à beaucoup de manifestations. Il lui arrive de demander à Nicolas Sarkozy de le représenter à l’étranger ; c’est le cas lors de l’intronisation du nouvel Empereur du Japon. Dans le privé, il est membre de plusieurs conseils d’administration et intervient aussi en tant qu’avocat dans certaines transactions commerciales. Il donne des conférences fortement rémunérées aux quatre coins du monde, eu égard à son statut d’ancien Président de la République. Toutefois, en tant qu’Africain, je puis vous dire que Nicolas Sarkozy n’a jamais éprouvé du mépris pour l’Afrique et les Africains.

Pensez-vous qu’il soit victime de son mépris pour l’Afrique lorsqu’il était aux affaires. Un mépris qui se traduit également par son discours de Dakar qui continue de faire des vagues ?

Oui, il est regrettable qu’il ait prononcé ce fameux discours de Dakar. Une confidence : au lendemain de son discours inacceptable dans certains de ses passages, il était reçu par le Président gabonais Omar Bongo Odimba à Libreville. Après l’audience élargie, j’ai assisté, avec Pascaline, la fille du Président Bongo, à l’entretien privé des deux Chefs d’État. Omar Bongo, tout de go, lui dit ceci : « Nicolas, qu’est-ce qui t’a pris de prononcer ce discours ? Tu oublies que nous avons en Afrique une glorieuse histoire. Il y a eu d’immenses empires -Mali, Ghana- et de grands rois. Cela, à l’époque du Moyen âge français… Heureusement que je n’étais pas dans la salle, car je t’aurais chahuté et bien même ». Nicolas Sarkozy de se défendre : « Tu as raison Omar, mais je n’ai pris connaissance du discours que dans la voiture qui me conduisait à l’Université, autrement tout eut été différent ». Omar Bongo de répliquer : « Tu prends un conseiller blanc qui ne connaît rien à l’Afrique, qui te fait dire des bêtises, alors qu’il y a Robert à côté de toi, qui est aussi Africain que nous, est né à Dakar, y a vécu, parle la langue….non. Nicolas, tu vas le trainer longtemps, ce discours de Dakar qui nous a blessés ». Hélas, la suite a donné raison au Président Omar Bongo. Il est évident que le rédacteur de ce discours n’a pas eu la chance comme moi d’avoir eu comme professeur d’Histoire au lycée Van Vo, devenu Lamine Guèye, le Pr Ki-Zerbo, un monument en histoire africaine. Mais, j’insiste là-dessus, il n’y a chez Nicolas Sarkozy aucun mépris de l’Afrique et des Africains.

À votre avis, depuis les indépendances, quel est le Président français qui a eu la meilleure politique africaine ?

La réponse est évidente : c’est le Général de Gaulle qui a eu ses premiers contacts avec le continent dès après la déroute des troupes françaises en 1940 et la signature, par le Maréchal Pétain, de l’armistice avec le Reich allemand. C’est en Afrique que le Général a trouvé le berceau de la France libre avec le ralliement des colonies africaines sous l’impulsion du gouverneur Felix Eboué dès 1940 et tout de suite après le désastre de Dakar en septembre 1940. Rappelons que la tentative de débarquement franco-britannique avec de Gaulle avait échoué devant Dakar, car le gouverneur général de l’époque, Boisson, était resté fidèle au régime de Vichy. Le Général de Gaulle, dès son retour au pouvoir, en mai 1958, a conduit les pays africains vers les indépendances en 1960. Et pendant plusieurs décennies, a œuvré à ses côtés, puis ceux de Georges Pompidou et Jacques Chirac, un homme dont l’histoire retiendra le nom : Jacques Foccart. Redoutable stratège, excellent connaisseur du continent, mauvais génie, tous les qualificatifs réunis pour un seul homme. En seconde position, je placerai François Mitterrand qui fut, dès 1947, à 31 ans, ministre de la France d’Outre-Mer. Il a voulu changer les choses d’un autre temps. Mais, l’affaire Jean Pierre Cot, son ministre de la Coopération, a démontré à souhait que la Françafrique de Foccart n’était pas morte. Sous la pression d’Houphouët Boigny et d’Omar Bongo, François Mitterrand a dû se défaire de Jean Pierre Cot. À François Mitterrand, nous devons également les premières conférences nationales en Afrique, après son mémorable discours de La Baule en 1989. Mitterrand et Gaston Defferre connaissaient et aimaient l’Afrique et les Africains. Après lui, Jacques Chirac aimait charnellement ce continent, mais n’a pas fait obstacle à la survivance des méthodes passées qui sont, aujourd’hui et, fort heureusement, totalement obsolètes. Le renouvellement des générations et le mouvement général du monde obligent à des pratiques nouvelles dans les relations franco-africaines. Il le faut comme doivent cesser l’interventionnisme d’antan et le maintien au pouvoir des décennies durant des Chefs d’État et leur descendance. Quand Emmanuel Macron a été élu, en 2017, à 39 ans, il y avait des Présidents en poste « depuis plus que son âge ». J’’ai envie de dire et de crier « au secours et stop ». Place maintenant au contrôle strict et international des élections présidentielles en Afrique, pour que la démocratie ne soit pas piétinée, pour que la compétition soit juste afin de donner une chance légitime et fondée aux nouvelles élites et à cette jeunesse vibrante d’enthousiasme et de connaissances. Le dernier des mohicans, témoin et acteur de la Françafrique, en fait le souhait ferme au soir de sa vie.

Au vu de cette histoire ancienne et parfois douloureuse, on dirait que la France semble de plus en plus se détacher de son allié africain avec l’absence d’une réelle politique africaine ?

Je ne suis pas d’accord avec vous. La France d’aujourd’hui a bel et bien une politique africaine. La France est présente militairement en Afrique subsaharienne pour combattre les organisations terroristes. Elle est aussi présente économiquement avec ses grands groupes implantés dans les pays subsahariens. Des accords économiques et financiers bilatéraux ou multilatéraux existent encore entre la France et les États africains. Seulement, comme ultime vestige de la Françafrique, je puis dire que la France d’aujourd’hui n’est plus la même qu’hier. L’interventionnisme d’antan a fort heureusement disparu. Pas tout à fait certes, mais il est moins apparent et moins marqué. Les acteurs ont changé. Emmanuel Macron a été élu à 39 ans et n’avait eu aucun contact avec l’Afrique en dehors de son stage à l’ambassade de France au Nigeria à sa sortie de l’Ena. Autour de lui, nous ne retrouvons plus les « briscards » de la présence politique française en Afrique. Des jeunes entourent le Président Macron en dehors de l’excellent Jean-Yves le Drian. Voilà plus de quatre décennies que je sillonne l’Afrique dans tous les sens, servant des personnalités politiques de renom. Et à ce titre, je puis vous dire que le ministre français des Affaires étrangères est « très bon ». La France n’est plus seule sur ce continent qui m’est si cher. Il y a d’autres puissances qui s’intéressent à l’Afrique : les États-Unis, l’Allemagne, la Turquie, la Chine, la Russie, le Brésil… Le mondialisme est là et la France se heurte à de redoutables concurrents aux moyens énormes comme la Chine et la Russie. La vielle expression « l’Afrique, chasse gardée de la France » est à mettre à la remise. Ce temps-là est révolu. Aujourd’hui, la notion de « préférence impériale est définitivement abandonnée et c’est maintenant l’époque du « donnant-donnant ou gagnant-gagnant ».

La France d’aujourd’hui est très métissée, mais elle semble aussi fortement divisée en raison d’une pseudo-guerre contre l’Islam avec des parfums de racisme. Cette nouvelle France n’est-elle pas en train de se démarquer de l’Europe et du reste du monde dans sa culture anti-Islam ?

Je trouve excessif de parler de guerre contre l’Islam en France. Il est vrai qu’il y a eu, en France, des réglementations propres au territoire national français. Par exemple, le port du voile et de l’habillement des femmes musulmanes. Cela, au nom de la laïcité. Mais, dans maints pays d’Europe, tout aussi laïcs que la France, le port du voile est toléré et les femmes musulmanes s’habillent selon leurs croyances personnelles et leur interprétation du texte sacré et des hadiths du Prophète. C’est le cas aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, etc. Les attentats sanglants et tragiques ont profondément touché les Français et à juste titre. Le Président Emmanuel Macron a pris conscience de beaucoup de choses à faire et à repenser. Je ne pense pas que les Français, dans leur très grande majorité, soient hostiles à ce que les musulmans pratiquent leur foi dans le respect des règles de la République. Je sais et je condamne fermement qu’il y a des penseurs et des intellectuels en France qui stigmatisent la religion musulmane, en la déclarant pratiquement hors-la-loi. Non au fanatisme religieux, mais non aussi à des idées totalement hostiles à l’Islam déclamées dans l’ignorance des fondements de la religion. Avec Emmanuel Macron, disciple du philosophe Paul Ricœur, j’ai l’espoir d’une amélioration des rapports avec les musulmans de France. Le triptyque républicain « Liberté, Égalité, Fraternité » doit être le phare de cette difficile réflexion. N’oublions pas que le Président français est à l’écoute de ses pairs musulmans à travers le monde. Faisons-lui confiance et donnons-lui le temps.

Vous reconnaissez que cela peut-être très dangereux pour la stabilité sociale, nationale et pour les intérêts de la France dans le monde ?

Il est évident que les problèmes de religion provoquent des tensions sociales et parfois des heurts violents. N’oublions pas que tout cela n’est pas causé par le seul Islam en France. N’oublions pas l’histoire de la France et l’épisode douloureux des guerres de religion qui ont ensanglanté et divisé le pays pendant près d’un siècle. Le débat, aujourd’hui, est d’une difficulté majeure. Comment faire cohabiter ces diverses communautés dans le tissu social français ? Les musulmans doivent se sentir acceptés comme membres à part entière de la communauté française et de la Nation française. Une condition essentielle à cela : le respect de leur religion. Ce qui fait obstacle à cela, ce sont les dérives sur l’Islam que l’on constate, de temps à autre, çà et là. L’Islam a toute sa place dans la République, mais l’Islam prôné par les fanatiques qui projettent une image dévoyée et fausse de la religion ne peut pas être toléré et accepté dans la République. D’où cette aversion des Français à l’égard de ces dérives violentes et condamnées au rejet absolu.

Quelle appréciation faite-vous de la récente réaction du Président Macky Sall face à la montée dangereuse de l’islamophobie en France, pendant que certaines voix se levaient au Sénégal, lui reprochant son silence et son voyage à Paris dans ce contexte ?

Je dirais qu’on a très mal interprété son silence et son déplacement en France dans le contexte extrêmement douloureux du lâche assassinat de Samuel Paty et de trois innocentes personnes dans une église de Nice. Ce fut un massacre horrible. Vous admettrez avec moi que les réactions de la population française étaient tout à fait fondées et compréhensibles. La colère suscitée a provoqué un amalgame tout à fait regrettable. Mais, on ne peut pas exiger de tous une juste et saine compréhension des choses. Citoyen français et de confession musulmane, j’ai été choqué par les caricatures du Prophète et de l’Islam parues dans Charlie Hebdo. Je crois, en mon âme et conscience, que la liberté d’expression pourrait largement s’exprimer dans d’autres domaines que la religion et le sacré. Je serais autant choqué par des caricatures de Jésus, d’Abraham ou de Moise. Ne touchons pas au sacré et ne blessons pas gratuitement et inutilement ces milliards de personnes attachées profondément à l’Islam, au Christianisme, et au Judaïsme, les trois religions du livre. Mais, de là à décapiter et à massacrer d’innocentes personnes, je dis non. L’Islam, ce n’est pas cela.

La foi musulmane, je la vis au quotidien. Mes deux pèlerinages à la Mecque l’ont ancrée profondément en moi. Et c’est à ce titre que je dis fortement que ces massacres répétitifs ne sont pas des enseignements du Coran. Le Président Macky Sall, lors du Forum de Paris sur la paix, a, avec vigueur, appelé à une « Humanité commune » qui « tiendrait compte des réalités des uns et des autres ». S’adressant aux grands de ce monde, il a expressément déclaré : « Nous n’avons pas les mêmes valeurs et il vous faut accepter les différences qu’il y a entre nous ». Où est le silence du Président sénégalais lorsqu’en cette tribune il déclare que l’Islam est la première victime de ces massacres d’innocents et que cela ne doit pas dispenser les non-musulmans de la tolérance vis-à-vis de l’Islam ? Le Chef de l’État sénégalais a chanté les vertus de l’Islam de tolérance en rappelant que le Prophète Mohamed (Psl) avait hébergé, dans sa mosquée de Médine, des gens en quête de zones de prières. Pour un homme aussi attaché à sa religion qu’est Macky Sall, « tuer des fidèles dans une église, ce n’est pas l’Islam ». Je doute fort, le connaissant et le fréquentant depuis tant d’années, que Macky Sall n’ait pas souffert réellement de la publication de ces caricatures du Prophète de l’Islam. La liberté d’expression a un champ d’application immense et il faut qu’elle s’applique et soit respectée, mais dans la limite du respect du sacré. Oui à la laïcité, mais non aux atteintes aux religions du livre. De grâce, ne cherchons pas querelle à Macky Sall là où il est inattaquable.

Justement, parlant du Président Macky Sall, il fait figure d’un jeune Chef d’État africain qui incarne un leadership incontournable, rendant audible la voix de l’Afrique dans les plus hautes instances de décision du monde. N’est-ce pas ce dont avait besoin l’Afrique ?

Avant le confinement, j’ai déjeuné à une table de journalistes français de renom et de quelques anciens ministres du Président Sarkozy. Il a été question de la voix de l’Afrique. Vaste débat. Un ancien ministre de Nicolas Sarkozy, s’adressant à moi, me dit : « Depuis celui que tu appelais papa, c’est-à-dire Omar Bongo Odimba, il n’y a plus eu de voix de l’Afrique ou porte-parole de l’Afrique, un Président dont on scrute et analyse les paroles. Omar Bongo était trop grand pour un petit pays. M’adressant à cette tablée, je leur ai demandé qui ils voyaient aujourd’hui. Pratiquement, tous les convives étaient tombés d’accord sur un seul nom : Macky Sall. Oui. Et de manière objective, on peut dire que Macky Sall exerce un magistère au niveau de l’Afrique. Dès le début de la pandémie mondiale de la Covid-19, Macky Sall a lancé des messages entendus au-delà du territoire sénégalais. Son analyse et ses solutions ont été reçues et respectées. Macron et Trudeau lui ont rendu un hommage appuyé. Macky Sall a multiplié ces entretiens téléphoniques avec les dirigeants du monde entier. Il ne s’en est pas vanté, car il est humble et discret : en un mot, c’est un taiseux. Pour l’avoir fréquenté souvent, j’oserais dire que c’est dans sa nature, dans ses gènes. À Paris, au Forum sur la paix, ils n’étaient pas nombreux, les invités : Macky Sall était présent avec le président du Conseil européen et la directrice générale du Fmi. La présidente de la Commission européenne, le secrétaire général des Nations unies et la chancelière allemande ont participé en visioconférence. Y-a-t-il quelque chose d’autre à ajouter ? Avec Macky Sall, le Sénégal est à l’honneur et à travers lui, l’Afrique.

Comme il l’appelle de tous ses vœux, qu’est-ce qui changerait si, effectivement, l’Afrique dispose d’une place permanente au Conseil de sécurité des Nations unies ? Aura-t-elle un véto important à la dimension de sa taille géographique et de ses richesses ?

À Paris, le Président Macky Sall a fort justement et courageusement plaidé pour une place pour l’Afrique comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, jadis continent « réservé » à l’ancien colonisateur. L’Afrique d’aujourd’hui est peuplée de plusieurs centaines de millions d’habitants avec un très fort pourcentage de jeunes. Aussi, plus de 60 % des pays possèdent des richesses considérables sur de vastes étendues de territoires inexploités. Toutes les grandes puissances du monde se font concurrence en Afrique : la Chine, la Russie, les États-Unis, l’Allemagne, la Turquie, le Brésil, la France, etc. Ce que réclame Macky Sall, c’est un dû pour l’Afrique. Cet horizon n’est plus lointain et les évènements à venir lui donneront raison.

Vous êtes Sénégalais d’origine et très attaché à ce pays où vit encore une grande partie de votre famille, que vous inspire la situation politique actuelle avec l’ouverture faite par le Président de la République à l’opposition dans la gestion des affaires nationales ?

Le Président Macky Sall est à applaudir dans sa volonté d’ouvrir encore un peu plus l’exercice du pouvoir aux personnalités de l’opposition. Dès sa réélection, en 2019, il avait appelé à un Dialogue national. À cet effet, un organisme avait été créé et un sage reconnu par tous avait été porté à la tête de cette institution : Famara Ibrahima Sagna, président honoraire du Conseil économique et social. Les initiés savent le rôle de conciliateur et de faiseur de paix qu’avait joué le président Famara Sagna au moment des troubles en Casamance et lors de la lutte que je qualifierais de « fratricide » entre les Présidents Abdou Diouf et Abdoulaye Wade. M’honorant de sa très ancienne et confiante amitié, je sais quels sont les contacts que le président Famara Sagna a eus avec les opposants depuis la réélection du Président Macky Sall. D’autres sages ont œuvré aussi pour que le Dialogue national porte ses fruits. Je pense notamment au ministre d’État Mahmoud Saleh. Le retour d’Idrissa Seck en est la preuve. Idrissa Seck a montré, ce faisant, de la sagesse et de la pondération. C’est vrai que je l’ai souvent sévèrement critiqué dans mes interviews, mais j’ai toujours mis en avant son intelligence et sa dimension d’homme d’État. Est-ce une confidence ? Est-ce une révélation ? Je ne pense pas. Quelle que chose me dit qu’il pourrait y avoir des contacts entre les Présidents Macky Sall et Abdoulaye Wade. Macky Sall est trop respectueux des traditions sénégalaises et africaines pour mettre de côté le Président Abdoulaye Wade dans son désir de réaliser le consensus national et aussi de rassembler la famille libérale. Ici, la place d’Abdoulaye Wade est essentielle et incontournable.