LES LOCALES OBJET DE TIRAILLEMENTS




Face au blocage des négociations sur la date des élections locales, le pôle des non-alignés au dialogue politique a proposé un compromis consistant à accepter le report de ce scrutin à janvier 2022 à condition que le gouvernement prenne l’engagement de tenir les Législatives à date échue. L’opposition s’était dans un premier temps accordée à cette éventualité avant de faire une volte-face.

L’équation reste entière. Les acteurs politiques éprouvent toujours des difficultés à fixer une date consensuelle pour l’organisation des élections locales. Même la sous-commission du dialogue politique chargée spécialement de réfléchir sur la question n’est pas parvenue à un accord. D’ailleurs, lors de sa rencontre lundi dernier, le pôle des non-alignés avait proposé un compromis pour lever toutes suspicions selon lesquelles le gouvernement voudrait organiser les Locales en janvier 2022 pour reporter ensuite les Législatives prévues la même année. Il a été ainsi demandé au gouvernement de se prononcer officiellement pour s’engager à organiser les élections législatives à date échue. «Cet engagement permettrait de maintenir les Législatives de 2022 quelle que soit la date retenue pour les élections locales », a soutenu le coordonnateur du pôle des non-alignés Déthié Faye, joint au téléphone.

A l’en croire, cette proposition est opportune dans la mesure où si observe les dates de chacune des parties, on se rend compte que l’écart ne fait pas un mois. En effet, si l’opposition s’accroche à décembre 2021, la majorité campe toujours sur janvier 2022. Et lors de la réunion d’hier du comité de suivi du dialogue politique, la majorité a dit qu’elle était d’accord sur la proposition des non-alignés et que si le comité de suivi du dialogue politique prenait une résolution pour demander que le gouvernement s’engage, cette résolution engagerait également la majorité. Mais c’était sans compter sur l’opposition qui, malgré son accord lors de la dernière rencontre de la sous-commission, est revenue faire volte-face.

A en croire Déthié Faye, les représentants du pôle de l’opposition ont indiqué hier qu’ils ont reçu mandat de ne discuter que de la date des élections. Et qu’ils s’accrochaient toujours à tenir le scrutin au courant de cette année. Une décision qui, selon Monsieur Faye, fait suite au point de presse, mercredi dernier, du Front de résistance nationale (Frn) qui reste intransigeant pour le moment sur cette question.

DETHIE FAYE : «LES MANIFESTATIONS DU MOIS DE MARS DERNIER ONT FAIT QUE CERTAINS ACTEURS POLITIQUES PENSENT QU’IL FAUT UN RAPPORT DE FORCES… »

Néanmoins, d’après Déthié Faye, le pôle des non-alignés, en accord avec les autres parties prenantes, continuent de demander que le gouvernement s’engage à tenir les élections législatives à date échue pour restaurer la confiance et enlever certaines suspicions. Toujours selon Déthié Faye, ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est un problème de contexte. «Les manifestations du mois de mars dernier ont fait que certains acteurs politiques pensent que le rapport de forces est tel qu’aujourd’hui, il est permis de faire un certain nombre d’exigences. Mais il y a aussi dans ce même camp des gens qui sont réalistes et qui savent qu’il est préférable d’être autour de la table et de trouver des consensus qui s’imposent au président de la République plutôt que de lui laisser les coudées franches pour prendre les décisions parce que on ne s’entend pas sur les questions », a déclaré le coordonnateur du pôle des non-alignés au dialogue. C’est pourquoi, ajoute-t-il, quand cette garantie sera donnée, il n’est pas exclu que cela puisse faire bouger les lignes dans le camp même de ceux qui ont pris cette décision.

Par ailleurs, il faut relever que lors de la rencontre d’hier, lorsque l’opposition a fait volteface remettant ainsi les compteurs à zéro, la société civile a suggéré qu’on poursuive l’évaluation du processus électoral en décidant que les conclusions n’impactent pas les Locales mais plutôt les Législatives et la Présidentielle prochaine. Mais à ce niveau, d’après monsieur Faye, la discussion n’a pas avancé. «Certains ont considéré que ce serait incohérent, après avoir relevé beaucoup de dysfonctionnements et des pratiques qui dénaturent les résultats des élections. Ce serait contradictoire de dire qu’on ne peut plus aller à des élections sans au préalable effectuer un audit du fichier et une évaluation du processus électoral et revenir accepter le contraire. Les Sénégalais ne nous prendraient plus au sérieux. Finalement, cette proposition n’a pas été débattue », déclare-t-il.