Menace de dissolution de PASTEF : en bas le Président, vive le roi




Si cette nouvelle ruse de Macky passe l’hyper présidentialisme dont on l’accuse va s’accentuer davantage. En plus de vouloir supprimer la ville de Dakar toujours remportée ses adversaires de Taxawu Dakar avec Khalifa Sall, Macky veut dissoudre Pastef/Les Patriotes sous le prétexte que ce parti de l’opposition aurait bénéficié d’une levée de fonds internationale.

Décidément, Macky Sall veut réduire l’opposition à sa plus simple expression comme il l’avait du reste annoncé. En plus de domestiquer une partie de l’opposition dans son gouvernement et de vouloir rendre effective la suppression de la ville de Dakar, voilà qu’il ouvre un nouveau front : la dissolution de Pastef/Les Patriotes avec comme prétexte des subsides de l’étranger qu’aurait reçues la formation politique de Ousmane Sonko. Et, c’est son ministre de l’Intérieur qui est envoyé au charbon. «Un message audiovisuel récemment diffusé sur les réseaux sociaux informe sur une campagne de levée de fonds internationale au profit du parti politique dénommé Pastef afin de financer ses activités. Le ministre de l’Intérieur rappelle qu’en vertu de l’article 3 de la loi n°81-17 du 6 mai 1981 relative aux partis politiques, modifiée par la loi 89-36 du 12 octobre 1989, les partis politiques ne peuvent bébéficier d’autres ressources que celles provenant des cotisations, dons et legs de leurs adhérents et sympathisants nationaux et des bénéfices réalisés à l’occasion de manifestations», fait savoir Antoine Diome dans un communiqué sur le financement des partis politiques. Par conséquent, conclut le ministre de l’Intérieur et organisateur des élections, «tout parti qui reçoit des subsides de l’étranger ou d’étrangers établis au Sénégal s’expose à la dissolution, conformément à l’article 4 alinéa 2 de la loi 1981 susmentionnée». Ce qui constitue une menace de dissolution de Pastef/Les patriotes, une des formation politique phare de l’opposition.

En voulant dissoudre Pastef sous le prétexte que le parti de Sonko bénéficerait d’une levée de fonds en provenance de l’étranger, Macky Sall feint d’oublier la demande d’appui qu’il avait lui-même faite en 2009 pour le compte de l’Apr/Yaakaar qu’il venait de créer. D’où l’interrogation de Guy Marius Sagna, «Président Macky Sall aviez-vous demandé l’aide du Président Bongo du Gabon ?» Dans la lettre adressée au Président El Hadj Oumar Bongo datée du 3 avril 2009 dont WalfQuotidien dispose copie, le président de l’Alliance pour la République (Apr/Yaakaar) qui venait de lancer sa formation politique sollicitait des conseils, des orientations mais aussi et sutout un appui du défunt Président Bongo. «Votre sagesse et votre leadership qui vous ont permis de conduire le Gabon dans la paix et la stabilité depuis votre prise de fonction, mais également les multiples médiations de paix en Afrique, témoignent de vos hautes qualités de dirigeant reconnu et respecté. Comme vous le savez, j’ai servi mon pays et le Président Abdoulaye Wade avec engagement et loyauté. Aujourd’hui, j’ai emprunté une nouvelle voie à travers la création de mon parti, l’Alliance pour la République (Apr/Yaakaar) pour poursuivre plus efficacement les objectifs de développement de paix et de concorde pour le Sénégal. Dans cette entreprise nouvelle, je sollicite vos conseils éclairés, vos orientations et votre appui à tout point de vue», peut-on lire sur la lettre signée du président de l’Apr/Yaakaar adressée au Président gabonnais.

La classe politique rue dans les brancards

L’opposition ne parvient pas encore à avaler cette pillule que veut leur faire avaler le Président Macky Sall via son ministère de l’Intérieur. Comme un seul homme, ils disent niet. Sur sa page Facebook, le leader du Fsd/Bj dénonce : «L’Apr et Bby usent de ressources publiques à des fins politiciennes et jamais ils n’ont été inquiétés. Des Sénégalais soutiennent librement un parti de l’opposition Pastef pour ne pas le nommer, on le menace de dissolution. Si les partis ne sont pas soutenus et aidés par les citoyens de ce pays comment vont-ils fonctionner ?». Même son de cloche chez Mouhamadou Mansour Sourang, coordonnateur du Front de résistance nationale pour qui «les menaces inaceptables du ministère de l’Intérieur contre Pastef menacent la cohésion nationale». «Personne ne peut interdire à un Sénégalais de la diaspora de cotiser pour le parti de son choix. Que l’Etat travaille à résoudre les problèmes des populations et cesse d’intimider les opposants. Le Pastef a le droit de faire de la collecte de fonds pour financer en toute transparence ses activités. Avec 85 % de l’électorat, de quoi le pouvoir a vraiment peur ?», se demande Moctar Sourang. Non sans faire savoir que «ce communiqué publié nuitamment est le signe d’un grand panique au sommet de l’Etat. La meilleure réponse pour l’opposition aux alchimies du pouvoir c’est de chercher les moyens pour descendre à la base et gagner le cœur des électeurs. En s’y opposant l’Etat prend le risque de provoquer le chaos dont personne ne peut tirer profit». Quant à Guy Marius Sagna de Frapp France Dégage, il lance à l’endroit du Président Macky Sall : «Monsieur le Président si le ministre de l’Intérieur de l’époque avait agi comme votre dévoué Jomless, je veux dire Antoine Diome, aujourd’hui, vous n’auriez jamais battu campagne».