Ousmane SONKO : «l’argent de 15 millions de Sénégalais est volé par une poignée de personnes»»




La confirmation par la chambre d’accusation d’appel de l’ordonnance de refus d’informer sur les 94 milliards francs Cfa n’a pas été une surprise chez Ousmane Sonko. En réponse à la décision des juges de ladite chambre, ce dernier révèle que tous les ingrédients étaient réunis pour que cette affaire ne puisse pas prospérer. De Louga où il participait à un forum, Mamour Diallo a réagi à cette affaire.

Le leader de Pastef/Les Patriotes, Ousmane Sonko n’est pas surpris par la décision rendue, avant-hier, par la chambre d’accusation d’appel de Dakar sur les 94 milliards. Dans une ordonnance, les juges de ladite chambre ont confirmé le refus de communiquer du parquet et du juge d’instruction sous prétexte que le parlementaire n’a pas droit à agir. «Feu le doyen des juges m’avait avoué devant mes avocats et son greffier, lors de notre dernier face-à-face le 3 mars 2021, qu’il s’était fait taper sur les doigts par toute la hiérarchie étatique pour m’avoir simplement entendu en 2019 en qualité de partie civile», a révèle Ousmane Sonko sur sa page Facebook. Avant d’ajouter : «Nous considérons avoir largement rempli notre rôle de citoyen et de vigie dans cette affaire. Toutefois, pour épuiser la procédure, et sans illusion aucune, nous avons demandé à nos avocats de saisir la Cour de Cassation».

Accusant la justice de complicité d’une vaste entreprise d’escroquerie, Sonko renseigne qu’il avait déposé une série de plaintes et de dénonciations pour «escroquerie» portant sur des deniers publics auprès du procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye, du doyen des juges, de l’Ofnac, de l’Inspection générale d’État. Et que L’Ofnac, soutient-il, a établi un rapport d’enquête n°03/2019, transmis au procureur de la République depuis octobre 2019. Dans ce rapport, informe Ousmane Sonko, l’institution de lutte contre la corruption recommande l’ouverture de poursuites judiciaires contre les mis en cause pour des délits d’«association de malfaiteurs», fait prévu et réprimé par les articles 238 à 240 du Code Pénal, «escroquerie portant sur des deniers publics», fait prévu et réprimé par les articles 152 à154 du Code Pénal, «tentative d’escroquerie portant sur le montant résiduel et de complicité de ces faits». «L’Ofnac ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Il a mis en lumière 26 autres dossiers qui se présentent de la même manière et qui ont permis aux mêmes acteurs de siphonner des dizaines et des dizaines de milliards du Trésor public», renseigne Ousmane Sonko.

Selon le parlementaire, le procureur qui a sur sa table sa plainte datée de 2017 et le rapport de l’Ofnac de 2019, refuse de lever le plus petit doigt pour la simple raison que les «escrocs sont affiliés à l’Apr et qu’il s’agit d’un butin partagé à plusieurs niveaux par le biais des ristournes». «Rien de vraiment étonnant avec cet homme», dénonce-t-il. Quant à feu Samba Sall, Doyen des juges, Ousmane Sonko soutient qu’après avoir enregistré sa plainte et l’entendu, «a préféré refuser d’informer arguant que nous n’avions pas qualité à agir lorsque l’argent de 15 millions de Sénégalais est volé par une poignée de personnes». «Rien de surprenant là aussi», estime-t-il. Avant d’ajouter : «La chambre d’accusation, avec un zèle et une précipitation inexplicables, vient de confirmer ce refus d’informer. On n’en attendait pas plus de ce juge. Quand on est pressenti au remplacement du procureur de Macky Sall, il faut bien donner des gages à ce dernier qui considère que les postes de procureur, doyen des juges, présidents du Conseil constitutionnel et de la Cour suprême, entre autres, lui appartiennent et leurs occupants lui doivent docilité et obéissance. À surveiller dans les semaines à venir».




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