Covid : 5 médicaments prometteurs au banc d’essai




MOLNUPIRAVIR : Qui se prend facilement 

Il suscite beaucoup d’espoir dans la communauté scientifique. Cet antiviral du laboratoire Américain Merck est à prendre sous forme de comprimé dès lors qu’on est testé positif. Selon les premiers résultats des essais cliniques, il permet de réduire la charge virale. « Ce type de traitement va cibler des protéines du virus et empêcher que le virus ne se multiplie une fois qu’il a infesté la cellule humaine », explique Alban Dhanany, directeur adjoint à la direction médicale chargé des médicaments anti-infectieux et des vaccins à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Avantage d’un tel médicament : ne pas être affecté par les mutations du virus et être administré simplement par voie orale.

« Ce qui permettrait de traiter plus de gens », assène-t-il à Bruno Canard, directeur de recherche au CNRS, moins enthousiaste. « Le Molnupiravir est un peu trop puissant. S’il a un super bon effet antiviral, il est très mutagène, notamment, pour le patient, cela risque d’entraîner des cancers. Par exemple, je vois mal qui va prendre le risque de le prendre », analyse-t-il.

AZD7442 : Le préventif

C’est le dernier à avoir fait parler de lui. Ce traitement préventif par anticorps Monocionaux permet de réduire fortement le risque de développer une forme symptomatique de la maladie chez les patients fragiles, a annoncé, le 20 août, le laboratoire Suédo-britannique AstraZeneca, plutôt connu pour son vaccin décrié, dont usage a été limité au plus de 55 ans en France, en raison de très rares effets secondaires. Avantage de l’AZD7442, il donne une protection trois fois plus longue aux patients. Selon AstraZeneca, elle pourrait aller jusqu’à un an après une seule injection.

XAV-19 : Le Français 

Produit par le laboratoire Nantais Xenoivera, ce traitement est à base d’anticorps polyclonaux. Il s’attaque à différents aspects du virus et booste l’immunité. Destiné aux patients atteints de Covid modéré, il a pour but d’éviter un transfert en réanimation. Le laboratoire attend des résultats de sa phase 2 de ses essais cliniques dans les prochaines semaines et l’Etat a déjà précommandé 30 mille doses. Son prix est encore inconnu, mais « si les résultats sont bons, la disponibilité du traitement pour les patients est espérée dans les prochaines semaines (NDLR : d’ici à la fin de l’année) avec une autorisation de mise sur le marché visée en 2022 », indique l’entreprise.

TOCILIZUMAB : (Actemra ou Roacterivira), en cours d’évaluation

Classé dans les anticorps monoclonaux, le tocilizumab du laboratoire Roch est un médicament anti-inflammatoire qui lutte contre certaines substances ou cellules impliquées dans le dérèglement des défenses et dans l’inflammation chronique des articulations. Depuis le 16 août, l’Agence européenne des médicaments (AEM) évalue ce traitement contre les formes graves du Covid-19, et en particulier sur la phase inflammatoire de la maladie, le fameux orage cytokinique. « L’utilisation du Tocilizumab a montré des résultats positifs concernant la réduction du nombre de décès chez les patients atteint d’une forme grave de covid-19. Il est déjà recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (Oms).

RONAPREVE : Déjà utilisé en France 

Depuis début août, les personnes immunodéprimées peuvent bénéficier d’une « autorisation d’accès précoce » à ce traitement, en prévention ou en post-exposition au Covid. Le Ronapreve, de la biotech Américaine, en partenariat avec le laboratoire susse Roch, associe deux anticorps monoclonaux, des anticorps sélectionnés pour leurs capacités à cibler un intrus spécifique, la protéine Spike, porte d’entrée du virus dans notre organisme. Ils sont déjà utilisés en France pour le traitement du cancer, du rejet de greffe ou encore de maladies inflammatoires chroniques, comme la maladie de Crohn. Leur usage contre le Covid-19 pourra-t-il être étendu au reste de la population ? Certains malades chroniques, des reins notamment, espèrent en bénéficier. Pour les autres, peu probable, en raison de son prix élevé. Autres inconvénients, la cible de ces anticorps, la protéine Spike qui est susceptible de muter.




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