Privé d’eau potable, l’hôpital Aristide Le Dantec n’opère plus depuis plus d’une semaine.




Exclusif: Privé d’eau potable, l’hôpital Aristide Le Dantec n’opère plus depuis plus d’une semaine.

L’hôpital Aristide Le Dantec est malade. Et aucun diagnostic n’a, jusque-là, été établi pour sa rémission. Comme rien, pour le moment, ne dit combien de temps il sera paralysé et ce que vont devenir ses nombreux patients cancéreux comme diabétiques renvoyés de l’hôpital sans aucune explication.
Considéré comme le centre hospitalier le plus important du pays, de par sa fréquentation et la diversité de ses spécialités, la principale structure sanitaire du Sénégal, niché au cœur de Dakar- plateau, n’est plus fonctionnelle depuis plusieurs jours. Voire semaines et personne ne peut donner la moindre date sur la fin du calvaire des malades. A l’origine de cet arrêt brutal se trouve un manque d’eau criard dans l’ensemble du bloc opératoire de l’hôpital. Loin d’être accidentel, c’est un manque provoqué par une coupure sauvage décidée par la direction de l’hôpital pour permettre la réalisation de travaux d’adduction d’eau, alors qu’aucune alternative permettant la continuité du service public n’avait été prévue.

Et si Kewoulo, qui a enquêté, a pu dénicher la raison de ce blocage irréfléchi, nombreux sont les malades qui, après avoir fait de nombreux kilomètres, se voient tout simplement empêcher d’entrer dans l’enceinte de l’hôpital avec la lapidaire explication que «le bloc ne fonctionne pas. Et qu’il faut revenir plus tard. » Sans plus. Et il n’y a pas que les patients qui se sont vus jeter cette phrase à la figure par des vigiles aussi démunis en information que les personnels médicaux qui, justement, viennent toujours faire des opérations à l’hôpital. Et sont parfois surpris qu’on leur dise que leur opération prévue de longue date a tout simplement été annulée. Et, de l’urologie, à la dermatologie en passant par l’anesthésie, tous les services sont sinon fermés en tout cas bloqués. « Ici, depuis plus d’un an on ne fait que des consultations en Dermatologie. Aucun autre acte médical ne peut être réalisé. » A soutenu à Kewoulo une source hospitalière. Et cette situation est d’autant plus intolérable qu’elle intervient au moment où le pays fait face à une seconde vague d’infections aux coronavirus. Et des spécialistes prédisent l’arrivée d’une troisième vague.
Comme les dermatologues, les urologues et cancérologues qui sont, pourtant, très sollicités sont aussi à l’arrêt forcé. Et les patients, par dizaines sont renvoyés, tous les jours, devant l’entrée principale. « En fait, c’est que nous avions beaucoup de problèmes d’eau dans cet hôpital. Et nous avons obtenu du ministère de la santé la réalisation des travaux d’adduction d’eau pour régler ces difficultés. Mais, c’est vrai, les travaux ont démarré sans que le public et surtout nos patients ne soient informés. » A fait savoir, à Kewoulo, une source proche de la direction. Démarrés sans explication, ces travaux, dont personne ne peut dire quand est-ce qu’ils vont être achevés, ont transformé toute l’enceinte de l’hôpital en une zone de combat avec des tranchés sauvages creusés partout. Pendant ce temps, le pôle de chirurgie, qui concentre le bloc central, est à l’arrêt. Et les patients renvoyés chez eux à attendent que le sort s’abattent sur eux.