Chronique d’une grande faucheuse silencieuse




Les décès suite à un malaise cardiaque sont de plus en plus fréquents au Sénégal. En cette période de pandémie àCovid-19, accentuant la peur qui vit déjà plus d’un, environ une dizaine de cas de mort subite se sont enchaînés ces dernières semaines dans le pays, notamment à Dakar, défrayant du coup la chronique.

Des cas de mort subite se suivent depuis quelques semaines au Sénégal. Une dizaine de personnes ont perdu la vie dans des situations similaires ; elles ont toutes été victimes d’un malaise. Le dernier décès de ce genre en date est survenu à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar où un professeur a eu un malaise. Le mardi 26 janvier 2021, dans ce Temple du Savoir, un enseignant a piqué une crise avant de rendre l’âme sur place. L’incident s’est produit devant une boutique.

L’universitaire, Matar Fall, achetait quelque chose à la boutique lorsqu’il a eu un malaise. Le Service médical du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a été alerté. Mais, hélas ! C’était trop tard. Sa dépouille a été déposée à la morgue. La veille, au Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, sis au Palais de justice Lat-Dior, un fait similaire s’est aussi produit. Le lundi 25 janvier, ceux présents au Tribunal de Dakar ont été secoués par la mort de l’avocat Oumar Diallo. Issu de la promotion 2003 et un des ténors dans les procédures de référé, Me Oumar Diallo est décédé suite à un malaise, en pleine audience. Il a rendu l’âme sur la route vers l’Hôpital Principal de Dakar où il devait être évacué. Les morts subites ne cessent de s’enchaîner. Un autre drame similaire est survenu, le mercredi 20 janvier 2021, dans une ruelle des Parcelles Assainies de Dakar. D’après Le Témoin, en pleine journée, un chauffeur de taxi, pris par un malaise, gare son véhicule, en laissant des passagers à l’intérieur, pour vomir du sang sur le trottoir. Après quelques vomissures, rapporte le journal dans sa livraison du vendredi, le taximan s’effondre mortellement sur les lieux, installant sur place la stupeur.

Toujours en parlant de malaise, après la mort subite de ce taximan, un imprimeur de 49 ans a succombé du même mal dans un minibus Tata de la ligne 67. Ce passager a piqué une crise dans le minibus Tata de la ligne 67 et a rendu l’âme surle coup, le 19 janvier passé. Le drame est survenu, vers les coups de 11 heures, aux environs du rond-point de la Cité des Eaux, non loin de la porte de sortie de la SODIDA. La victime se nommait Th. P. Mané. Né en 1972, il était imprimeur de profession et domicilié à Ouakam. Auparavant, le 07 décembre 2020, le sous-préfet de Koulor (Goudiry), Pape Ibrahima Ndiaye, est décédé à son domicile, après un malaise. Le gouverneur de Tambacounda, le Procureur et le Commandant de la Gendarmerie se sont rendus sur les lieux, dès l’annonce de la triste nouvelle. Le corps sans vie de la victime a été acheminé à l’hôpital pour les besoins d’une autopsie. Malheureusement, alors que les cas de malaises emportant les victimes se multiplient, la majorité des Sénégalais ignorent encore tous des gestes de premiers secours, en cas de survenue d’une crise du genre.

ECLAIRAGES… ECLAIRAGES…

DOCTEUR SIMONANTOINE SARR, MAITREDE CONFERENCES A L’UCADET CARDIOLOGUE A L’HOPITAL ARISTIDE LEDANTEC : «Eduquer la population aux premiers secours…»
«La mort subite qui est le plus souvent d’origine cardiaque est définie comme la survenue brutale d’un arrêt cardiaque inattendu c’est-à-dire, sur un sujet en bonne santé apparente où qui a des symptômes qui évoluent, tout aux plus, depuis une heure (1h) et ceci sans cause extra cardiaque évidente. Les causes sont la maladie des artères du cœur dont l’expression la plus caricaturale est la famille des crises cardiaques. Et c’est une maladie du cœur qui est liée à ce qu’on appelle les facteurs de risques cardio-vasculaires, notamment l’hypertension artérielle, le diabète, le cholestérol, l’obésité, le tabagisme et hérédité, par exemple. Pour prévenir la mort subite, il y a plusieurs actes de prévention. Il s’agit d’abord d’une prévention dite primaire ; donc c’est prévenir avant que ne survienne la mort subite. Et, pour cela, il faudra éviter la principale cause qui est la maladie des artères du cœur, en traitant bien les hypertendus, les diabétiques, le cholestérol et en arrêtant par exemple de fumer. Il s’agira de se consulter très rapidement, lorsque le sujet présente une douleur dans la poitrine où des symptômes à type de problème respiratoire, surtout lorsqu’il existe un où plusieurs facteurs de risques cardio-vasculaires. Ensuite, il s’agira aussi de se consulter dans le cadre d’un dépistage : est-ce qu’il y a eu un cas de mort subite familiale notamment à un âge jeune ? Il s’agit aussi de la prévention secondaire et là, il faudra éduquer la population aux premiers secours.»

MALICK FAYE, CHEFDE SERVICEHYGIENE ET ASSAINISSEMENT, PREVENTIONET CONTROLEDES INFECTIONSDE LA CROIX-ROUGE SENEGALAISE : «Avant l’arrivée des secours, si elle ne respire pas, essayer de faire coucher la personne sur le côté droit et puis en position de sécurité…»
«Toute personne qui est en détresse doit être assistée dans les délais par une autre personne. Donc, si dans la rue ou dans la communauté, quelqu’un assiste à la chute subite d’une personne, ça peut ne pas être la Covid-19. Ça peut être asymptotique, ça peut être de l’évanouissement comme ça peut être une crise… Mais en cette période, il serait important que la personne qui va aller vers cette personne-là pour la secourir prenne avec elle les mesures nécessaires de protection à savoir porter un masque et avoir des gants. S’il a quand même la connaissance de réanimer quelqu’un, c’est quelqu’un qui a déjà fait le secourisme où qui est infirmier où médecin, il saura donc quelle est la procédure à suivre pour aider la personne à réanimer, avant l’arrivée des secours. Mais si c’est quelqu’un qui ne connait rien qui doit aider la personne, le mieux c’est de se prévenir d’abord. Et ensuite de voir avec la personne, si elle ne respire pas, d’essayer de la faire coucher sur le côté droit et puis en position de sécurité, d’alerter rapidement et d’essayer de voir ce que tu peux faire rapidement. D’habitude, ce qu’on dit, c’est de ne pas donner de l’eau à la personne, c’est pour éviter d’aggraver la situation. Mais, quelqu’un qui est déjà instruit en secourisme sait déjà ce qu’il faut faire, tout en prenant les dispositions nécessaires pour se prémunir, en temps de Covid. Même à l’heure actuelle, dans nos formations de secourisme dans nos écoles, on commence à pratiquer et la réanimation et d’autres systèmes pour prévenir la Covid-19.»




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