Menace d’une 3e vague de Covid-19 : «Le Sénégal n’est pas à l’abri de scénarios-catastrophe comme au Brésil ou en Inde», (Cosas)




Le coronavirus continue de dicter sa loi au Sénégal. Et la menace d’une 3e vague de Covid-19 n’est pas une vue de l’esprit.

C’est ainsi que le bureau de la Coalition pour la santé et l’action sociale (Cosas) a fait savoir que «notre pays n’est pas à l’abri de scénarios-catastrophe comme ceux observés au Brésil ou en Inde, avec des difficultés extrêmes de gestion des flux massifs de patients, une pénurie d’oxygène se traduisant par une augmentation exponentielle des cas et de décès».

Pire, selon le président de la Cosas, le professeur Abdoul Kane, la campagne de vaccination contre la Covid-19, lancée le 1er mars dernier, se heurte à deux obstacles : l’insuffisance de vaccins et les rumeurs qui ont occasionné la méfiance des populations. Ce qui peut compromettre l’atteinte de l’objectif de 10 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé (Oms) pour septembre prochain.

«Les variants causent des formes plus sévères de la maladie et épargnent moins les jeunes…»

Sur ce, la Cosas rappelle la nécessité de mettre à jour l’argumentaire pour sensibiliser les populations, en insistant sur les faits suivants : les variants causent des formes plus sévères de la maladie et épargnent moins les jeunes ; les patients guéris de la Covid-19 peuvent parfois présenter des séquelles, à savoir des atteintes pulmonaires (fibrose) et cardiaques, des dysfonctionnements érectiles, des troubles du comportement, entre autres ; et les effets secondaires liés à l’administration des vaccins sont rarement mortels et beaucoup moins fréquents que les complications/séquelles induites par la maladie.

«Pour toutes ces raisons et avec la prudence dont les autorités sanitaires doivent s’entourer, en faisant un usage intelligent du principe de précaution et en mettant en œuvre une pharmacovigilance permanente, nous exhortons les populations à se faire vacciner, tout en continuant à respecter les mesures barrières», dit-il.

Les membres du Bureau exécutif de rappeler que le couvre-feu instauré le 6 janvier dans les régions de Dakar et Thiès, et l’état de catastrophe sanitaire dans son ensemble, avaient été levés le 19 mars 2021, après une accalmie de plusieurs semaines.

«On risque de dépasser le pic de la première vague»

«Depuis quelques jours, on assiste à une remontée graduelle des cas, faisant craindre une 3e vague. Il en est de même sur l’ensemble du continent africain et on risque de dépasser le pic de la première vague. En outre, le variant Delta est signalé dans 14 pays africains et les variants Beta et Alpha sont trouvés dans plus de 25 pays africains», ont-ils renseigné.

Avant de poursuivre : «Cette augmentation du nombre de cas couplée à la découverte par l’IRESSEF de variants dans notre pays, pourrait induire une transmission plus rapide du virus, une létalité accrue des cas et, de ce fait, un dépassement des capacités de prise en charge du système sanitaire».

Ainsi, la Cosas déplore et dénonce le fait que la classe politique et le mouvement sportif aient donné de mauvais exemples ayant conduit à l’abandon des mesures barrières par la majorité de la population.

C’est pourquoi le Pr. Kane et Cie engagent «fortement le gouvernement à poursuivre les efforts de renforcement du système de santé déjà entamés lors de la première vague et à faire le bilan des réalisations en matière d’équipements et l’encouragent à valoriser les activités de recherche des experts de notre pays, y compris des tradithérapeutes, pour une meilleure connaissance des caractéristiques particulières de la pandémie dans le contexte africain».




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