Mesures barrières : « Dakar Dem Dikk » se conforme, les bus Tata toujours bondés




Malgré la présence du variant britannique du coronavirus au Sénégal, les usagers et acteurs du transport constatent que les mesures barrières sont diversement respectées. Les Dakarois remarquent que les bus «Dakar Dem Dikk» sont plus respectueux de ces mesures que les «Tata», cars rapides, entre autres.

Au terminus « Dakar Dem Dikk » des Parcelles assainies, près de l’église, des passagers patientent sagement sur les bancs en fer aménagés pour la cause. Tous ont le masque bien en évidence même si certains le rabattent sous leur menton. Avant de monter à bord, quelqu’un veille au port correct des masques. Accrochée, Mme Ngom qui fait défiler les contenus de son smartphone, souligne qu’elle est informée de la présence du variant britannique du coronavirus même si elle n’a «aucune idée de ce mutant qu’on a annoncé plus contagieux et plus mortel». Elle craint ainsi une explosion des cas avec le relâchement de certains. Elle fait noter que pour se déplacer, chaque jour, elle vient prendre la ligne 403 de la société de transport « Dakar Dem Dikk ». Car, «au moins, dans ces bus, le port du masque est obligatoire et respecté». «Tout le monde a peur du virus, mais certains n’acceptent toujours pas de porter le masque. Avec « Dakar Dem Dikk », on exige le masque, c’est pourquoi je préfère me déplacer à bord de ces bus», confie la dame à la trentaine bien sonnée.

Assis à côté de notre interlocutrice, Mor Gaye, qui attendait le bus numéro 217, pense que le contrôle doit être plus strict, car dans les bus «Tata» et les «cars rapides», le port du masque n’est pas toujours respecté par les passagers. «Avec «Dakar Dem Dikk», on nous impose de porter le masque avant de monter, ce qui n’est pas le cas avec les autres véhicules de transport, il y a un laisser-aller», lance le jeune âgé de 29 ans qui a l’habitude de faire le trajet Parcelles assainies-Keur Massar, avec la société nationale de transport.

Résidant à Tivaouane Peulh, Oumar Maal, veste marron sur une chemine blanche, se protège bien de la fraîcheur qui enveloppe la capitale, ces derniers jours. Tout en égrenant son chapelet, l’homme, âgé de 44 ans, est dans la file. Très porté sur des explications religieuses en évoquant le coronavirus, il confie qu’il «faut respecter les mesures édictées par les autorités sanitaires, même si c’est seul Dieu qui peut nous protéger du coronavirus ou de son variant». Cependant, il a constaté que les agents de «Dakar Dem Dikk» ne transigent pas en ce qui concerne le respect du port du masque. Aminata Gaye, habitante des Parcelles assainies, regrette de voir que les bus «Tata» sont toujours surchargés.

Au terminus des «bus Tata» qui jouxte celui de «Dakar Dem Dikk», l’organisation baisse d’un cran. Ici, les usagers sont obligés de se tenir debout, de suivre le rang pour espérer avoir une place assise. Certains ont le nez et la bouche cachés sous des masques de différentes couleurs, alors que d’autres ne jugent pas nécessaire d’en porter. Comme s’il attendait l’occasion de se défouler sur l’organisation du transport par les bus «Tata», l’étudiant Abdoulaye Niang prévient que si ce qu’on dit de ce nouveau variant est vrai, «on risque d’assister à une hécatombe qui sera favorisée par le transport à Dakar». Il regrette de noter que les mesures comme l’obligation du port du masque, l’interdiction des rassemblements «ne sont que théoriques». «Dans beaucoup de bus, les gens ne portent les masques que pour leurrer les forces de l’ordre, mais pas pour se protéger. La distanciation physique, il ne faut même pas l’espérer. Hier, les policiers ont stoppé le bus dans lequel j’étais et ont fait descendre quelques usagers pour limiter le nombre. Le chauffeur a rusé pour reprendre ces clients en leur demandant de marcher un peu le temps de dépasser les policiers», argue le jeune Abdoulaye Niang. Avant de monter dans le bus «Tata» de la ligne 25, Sokhna Guèye réajuste bien son masque chirurgical et rabat son foulard. Elle confie : «Je ne suis jamais rassurée quand je prends les bus Tata qui sont bondés. Les gens portent les masques, mais à l’intérieur, ils les enlèvent prétextant qu’ils ont des problèmes pour respirer».

Petit relâchement aux Baux maraîchers

Plus loin, au garage des baux maraîchers, les policiers veillent au respect du port du masque à l’entrée. À l’intérieur, quelques lave-mains bleus sont installés un peu partout. Mais le liquide précieux ne coule plus des robinets de certains dispositifs. Même si le port du masque est exigé à l’entrée, dans le garage, d’aucuns se laissent aller ou enlèvent tout simplement leur masque. Cela irrite M. Fall qui attend un bus «Dakar Dem Dikk». «Avant, on prenait même la température des gens à l’entrée, on leur demandait de se laver les mains, mais maintenant, le relâchement est total. On nous parle de deuxième vague et de variant venant d’Angleterre. Cela fait peur, car beaucoup ne respectent pas les mesures barrières. Le contrôle doit être plus rigoureux au garage des Baux maraîchers qui reçoit beaucoup de monde», martèle-t-il. Même constat chez son ami Babacar Sow. En face, la dame Amy Loum, essaye de calmer sa faim en buvant son sachet de lait caillé, le masque tenu par sa main gauche. Elle est entourée de plusieurs clients attendant le bus Tata de la ligne 81. La dame reconnait aussi qu’il y a un petit relâchement du contrôle dans les garages et dans les bus où beaucoup ôtent leurs masques et n’hésitent pas à se chamailler avec celui qui oserait leur prodiguer des conseils dans ce sens.