Oussouye : Les femmes ont du mal à écouler leur production d’huîtres




La production des huîtres dans le département d’Oussouye a repris timidement depuis quelques mois. Mais, les producteurs, en majorité des femmes, éprouvent de plus en plus de difficultés pour écouler leur production.

Les braves dames du Kassa ne s’en lassent pas malgré la Covid-19 qui a ébranlé leur activité. Pourtant, depuis plus d’un an, les femmes productrices d’huîtres éprouvent toutes les peines du monde pour écouler leur production. Et dire que ces huîtres sont d’habitude plus recherchées par les touristes qui débarquent dans cette contrée ou les hôteliers. Et comme le tourisme est à l’arrêt, c’est la morosité totale. « Rien ne marche dans nos activités de cueillette des huîtres depuis plusieurs mois », se désole Ida Diatta, une productrice rencontrée aux abords du pont de Katakalousse.

Dans la plupart des villages du département d’Oussouye, notamment à Diakène Diola, Diakène Ouolof, Essaout, les îles de Ourong, Cachouane, Youtou, Kahème, Wendaye ou Effock, l’activité principale des femmes est la cueillette des huîtres dans les bolongs qui traversent chaque bled. On recense plus de 5000 productrices dans tout le département. À pareil moment de l’année, elles entrent « en campagne » de production. Elles se lèvent très tôt pour prendre d’assaut les bolongs, à bord de petites pirogues, avec des moyens dérisoires de cueillette. C’est pourquoi même en temps normal, la production reste faible. « Nous passons toute la journée en mer à la recherche des huîtres, mais il est difficile de produire en quantité suffisante », renseigne Clémentine Diatta.

Problèmes de conservation

Katakalousse est la zone de convergence des femmes de Diakène Diola, Diakène Ouolof, Essaout et de certaines îles. Elles viennent y offrir leurs produits aux touristes en partance ou en provenance du Cap Skirring par la route. Certaines productrices y ont élu domicile, exposant leur marchandise au bord du lit du marigot avec son eau bleu clair et sur lequel longe une végétation de mangroves attrayante.
Mais les principaux marchés se trouvent au Cap Skirring, à Oussouye et à Elinkine. « J’ai amené mes huîtres au marché du Cap, car c’est ici que l’on retrouve plus de potentiels acheteurs, notamment les touristes », explique Cinthia Diédhiou, en provenance d’Essaout. Certaines exposent leur marchandise le long de la route.

Cependant, ces productrices sont confrontées à des problèmes de conservation. L’idée de construction de centres de production au niveau de certains points comme à Djirack et Essaout a été agitée, ainsi que l’érection, à Katakalousse, d’unités de conservation au frais. « Il faut appuyer ces femmes pour qu’elles disposent de matériels modernes de cueillette, particulièrement des guirlandes pour la récolte, afin de sauver la mangrove », plaide Baye Ndiallou Seck, Chef du Service des pêches d’Oussouye. Selon lui, la mangrove subit une agression terrible qui a pour conséquence sa déforestation. M. Seck propose aussi de mettre à leur disposition des étangs et de les orienter vers la pisciculture




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