Préservation de la biodiversité: le Sénégal classe 9 forêts simultanément




Le Président de la République, Macky Sall, vient de prendre la décision de classer simultanément 9 forêts. Derrière cette mesure, se cachent les enjeux de la préservation de la biodiversité, de l’érosion des sols, de l’atténuation des effets des changements climatiques.

La volonté politique de préserver les dernières réserves forestières est manifeste. Pour la première fois, depuis l’indépendance du Sénégal, un chef d’État a pris 9 décrets pour classer simultanément des forêts. Cette importante décision a été au cœur d’une conférence de presse organisée, le 1er mars 2021, par le Ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdou Karim Sall. Ces nouvelles forêts classées sont localisées à Saré Lally, Médina Salam Dinga, Doumoune-Samaye, Saré Bandé (Kolda), Fété Kodioly, Ndiot (Matam), Dialacoto, Sanding Counda, (Tambacounda) et à Badimbour (Sédhiou). Les nouvelles aires protégées couvrent une superficie de 84.000 ha. Ce classement est dicté par l’urgence d’inverser la lourde tendance de la déforestation avec des conséquences de l’érosion de la biodiversité.

« Compte tenu de la nouvelle priorité accordée à la conservation de la diversité biologique, illustrée notamment par le Programme de reboisement et de reforestation du Plan Sénégal émergent (Pse-Vert), des efforts doivent être faits pour inverser la tendance de la dégradation de nos forêts », a justifié le Ministre. Ce classement simultané de 9 forêts marque la volonté politique d’atténuer les effets des changements climatiques, de sauvegarder les derniers sanctuaires de la biodiversité biologique et aussi de prévenir l’appauvrissement des terres agricoles. « Pour la première fois, dans l’histoire du Sénégal indépendant, des forêts sont classées pour symboliser la détermination du Président de la République à lutter contre les aléas climatiques et à engager la reforestation et l’amélioration des systèmes de production et du cadre de vie des populations », a soutenu le Ministre, Abdou Karim Sall.

L’histoire des classements des forêts remonte au 15 février 1913 avec deux réservées, une à Matam et l’autre dans la zone de Richard Toll. Après suivra le classement de 27 réserves forestières, le 25 novembre 1924, dans la région naturelle de la Casamance. Mais ces arrêtés ont été abrogés en 1932 pour donner naissance à quatre forêts réparties entre Bignona, Richard Toll, Tobor et Tendonck. «Entre 1913-2019, 247 actes de classement ont été pris par les administrations forestières coloniale et indépendante, 4 actes de déclassement ont été dénombrés et 34 actes abrogés», a résumé le ministre.