JO : La mauvaise moisson des athlètes sénégalais




Une très mauvaise moisson pour les athlètes sénégalais à Tokyo. Dans le cadre des jeux olympiques qui se déroule en terre  nippone, aucun des sénégalais n’a pas pu faire mieux. Est-ce le niveau de préparation ?  Une équation à mille inconnu. Pour Mbaye Jacques Diop, chargé de la communication au Ministère des Sports, il faut engager la réflexion. 

Ils sont au nombre de 10 athlètes qui constituent une représentation nationale. En escrime, c’est Ndeye Binta Diongue qui fut la première sénégalaise à être éliminée de même que le pongiste Ibrahima Diaw.  En natation, les espoirs reposaient sur Jeanne Boutbien (50 m nage libre, 100 m nage libre),  et Steven Aimable (100 m papillon, 50 m nage libre, 100 m nage libre), hélas ! Interpellée, Jeanne Boutbien  fera savoir que « sa préparation a été compliquée avec des hauts et des  bas de même qu’avec la Covid 19. » En Tir, Chiara Costa n’a pas fait mieux. En Judo était attendu Mbagnick Ndiaye.

En athlétisme : Henry Kampéliko Bandiaki (100 m) et Louis François Mendy (110 m haies), Canoë slalom: Jean Pierre Bourhis, tous ces athlètes sont éliminés de leur compétition.  Selon le site sport221, « l’Etat du Sénégal a pourtant débloqué des ressources pour mettre dans de bonnes conditions ses participants. « Chaque athlète qualifié aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 a reçu 3.000 euro soit (1.962.065 F) chaque mois pendant 2 ans et avant d’aller au JO, chaque athlète a reçu 10 millions de franc CFA », a indiqué l’agent du ministère des Sports, qui était l’invité de MédiaActu sur Instagram. Ceci veut dire que chacun des 10 athlètes a touché 57. 089. 582 FCFA. En effet, 3.000 euro par mois pendant 2 ans, c’est 1.962. 065 F multiplié par 24 mois ce qui donne 47.089. 582 F plus les 10. 000.000 FCFA. Pour l’ensemble des 10 sportifs, le Sénégal a donc décaissé la rondelette somme de 570. 089. 582 FCFA.

Interpellé par nos soins, Mbaye Jacques Diop est revenu à la charge et explique à travers sa page facebook que le « Sénégal doit confier les athlètes à Dia Bâ avec une bourse avec des objectifs clairs et précis. « Nous ne pouvons pas prétendre à avoir des médailles ou des places finalistes sans   disposer d’un centre de haute performance. Si nous confions à Dia Bâ nos athlètes nous pouvons lui fixer des objectifs en 2024, 2026 et 2028. Nous avons trop souffert de nos contreperformances et il faut reconnaître que le CNOSS fait d’immenses efforts en dotant des moyens aux athlètes et aux fédérations, mais malheureusement nous n’avons pas des techniciens de haut niveau. » A l’en croire, il faut savoir faire la différence entre enseignant de sport, d’EPS et entraîneur de haut niveau. « Il nous faut définir une stratégie commune et séparer le développement et la performance. Aujourd’hui, il y a urgence  de définir les objectifs  de performance en lien avec les fédérations olympiques, identifier les meilleurs modes d’accompagnement pour les athlètes », ajoute-t-il.

Engager la réflexion pour prétendre vers la performance

Pour ce qui est de la haute performance, de retour des jeux, l’agent du Ministère des Sports Mb. Jacques Diop a expliqué qu’il faut mener la réflexion et  élaborer la stratégie nationale olympique, en listant les medaillables pour les prochaines à jeux olympiques 2024,2026, voir quels sont les partenaires stratégiques qui peuvent accompagner avec des investissements, tout en apportant aussi des réponses opérationnelles, immédiates aux problèmes des athlètes et des techniciens. « Notre sport a besoin de conseils, d’orientations et d’interventions en immersion ainsi que d’un accompagnement souci-professionnel. Nos techniciens aussi ont besoin de connaissance dans les domaines de la performance et de l’intelligence pour alimenter la stratégie (…) Nous devons tendre vers un mouvement sportif autonome et responsable, bien définir le niveau d’exigence de l’Etat et son évaluation dans la délégation de pouvoirs , mettre en place de concert avec le CNOSS un mode de contractualisation explicite pour toutes les fédérations (contrat de performance ) et enfin  mettre en place une agence de notation ou d’évaluation avec le mouvement sportif », fait-il savoir.

Dans  le même ordre d’idées, il argue que Malick Fall l’ancien nageur est de retour au Sénégal pour le centre international de natation. Il a eu cette opportunité de côtoyer le haut niveau et à fait 4 olympiades, utilisons son expertise en l’accompagnant. Pour lui permettre de mener à bien sa mission, Mbaye Jacques a invité l’Etat du Sénégal et le CNOSS à lui octroyer des bourses de perfectionnement aux États Unis et en Australie afin qu’il puisse s’imprégner de ces modèles.

Malgré cette mauvaise moisson, tous les espoirs fondent donc sur le lutteur Adama Diatta qui entre en jeu ce mardi.

MOMAR CISSE