Tokyo 2021: les Namibiennes Mboma et Masilingi sensations du 200m aux JO




Christine Mboma et Beatrice Masilingi, 18 ans toutes les deux, se sont qualifiées pour la finale du 200 mètres des Jeux olympiques de Tokyo 2021, ce 2 août. Les Namibiennes ont créé la sensation en séries et en demi-finales, Mboma battant notamment deux fois le record du monde juniors et le record d’Afrique de la distance. Ces deux athlètes s’alignaient il y a encore quelques semaines sur 400 mètres avant d’en être écartées par la Fédération internationale d’athlétisme en raison de leur hyperandrogénie.

« Je suis très heureuse d’être ici au Japon et c’est ma première fois aux Jeux olympiques. » Regard naïf et voix fluette, Christine Mboma ne sait pas comment commenter ses incroyables performances, ce 2 août 2021 à Tokyo, au 200 mètres des JO. « Je suis très heureuse de mon chrono et d’avoir battu le record du monde juniors, bégaie-t-elle. J’y suis arrivée deux fois le même jour. C’est fou pour moi… »

La Namibienne de 18 ans a fait une entrée fracassante au plus haut niveau, en séries et en demi-finales du demi-tour de piste. D’abord en courant en 22 secondes 11, le matin. Puis en passant sous la barre des 22 (21’97) le soir. « Je n’ai pas ressenti de pression, j’étais tout simplement focalisée sur mes courses », jure-t-elle pourtant, après avoir effacé le record d’Afrique de la Nigériane Blessing Okagbare (22.04).

Première Africaine à courir le 200 mètres en moins de 22 secondes
Christine Mboma a déjà gagné le respect de l’Ivoirienne Marie-Josée Ta Lou, vice-championne du monde 2017 et double championne d’Afrique en titre sur cette distance. « Elle a fait un excellent temps, s’est enthousiasmée Ta Lou. C’est la première fois qu’une Africaine descend sous les 22 secondes. Je suis contente pour elle et ça me motive pour la suite ! »


Christine Mboma n’est pas la seule Namibienne à laquelle Marie-Josée Ta Lou devra faire face, ce mardi 3 août en finale du 200 mètres. Beatrice Masilingi a également décroché sa place parmi l’élite, en courant en 22.63 puis 22.40, battant ainsi deux fois son record personnel. Elle a aussi à 18 ans et ne semble pas encore très à l’aise avec ce nouveau statut.

Athlètes hyperandrogènes
Pour Christine Mboma et Beatrice Masilingi, être à ce rendez-vous du 200 semble improbable. Il y a encore quelques jours, les deux jeunes filles, méconnues du grand public, s’alignaient sur 400 mètres où elles enchaînaient les performances. Mais début juillet, la Fédération internationale d’athlétisme (World Athletics) les a écartées du tour de piste pour les JO 2021.

Dans la foulée, le Comité olympique namibien a indiqué le motif de cette décision : les deux athlètes sont hyperandrogènes. C’est-à-dire que leur corps génère un taux de testostérone très au-dessus de la moyenne et de celui autorisé par World Athletics pour une femme. Un taux, selon l’instance, qui procurerait un avantage trop important sur les distances allant du 400 mètres au mile. Le règlement de World Athletics a ainsi empêché la Sud-Africaine Caster Semenya de défendre à Tokyo son titre olympique sur 800 mètres ou a forcé sa rivale burundaise Francine Niyonsaba à s’exiler sur 5000 mètres.

Les deux Namibiennes sont les plus jeunes finalistes d’un 200 mètres aux Jeux olympiques depuis Allyson Felix aux JO 2004. L’Américaine avait pris l’argent à Athènes. Christine Mboma ou Beatrice Masilingi feront-elles encore mieux ?