Commerce: Quand les réseaux sociaux boostent les affaires




Les réseaux sociaux sont, aujourd’hui, pour beaucoup de personnes qui ont embrassé le commerce en ligne, un lieu pour donner plus de visibilité à leurs produits et trouver des clients. De jeunes diplômés chômeurs ont investi ce créneau.

Actuellement, il est difficile de défiler sur son fil d’actualité ou les statuts WhatsApp sans voir un ami publier des produits à vendre. Un moyen pour ces personnes d’entreprendre et de se faire de l’argent. La plupart d’entre elles n’ont pas de travail. Aïda Sow a obtenu sa Licence en Comptabilité depuis trois ans, mais peine à trouver un emploi décent. Elle a donc décidé de lancer son affaire pour profiter de sa notoriété sur les réseaux sociaux comme Facebook et Instagram. Elle vend de la friperie pour enfants et cible les femmes mariées. « J’ai arrêté mes études pour chercher du travail. Mais, après plusieurs tentatives, j’ai demandé à mon père de me financer à hauteur de 50 000 FCfa pour démarrer mon projet. J’ai commencé à vendre des produits cosmétiques à des amies. Au début, elles me soutenaient, mais quelques temps après, elles prenaient les produits à crédit et ne payaient pas à temps, je suis alors tombée en faillite avant même de décoller », raconte Aïda. Pour elle, l’entrepreneuriat n’est pas chose facile. « Les gens préfèrent soutenir un inconnu au lieu d’aider leurs proches », confie-t-elle. Cependant, son premier échec ne l’a pas freiné. « J’ai, par la suite, trouvé un fournisseur qui a voulu être mon partenaire et je me suis lancée dans la vente d’habits pour enfants. Cette fois-ci, je m’en sors bien », ajoute la jeune dame. Elle vend les habits à 500 FCfa l’unité et il lui arrive d’engranger jusqu’à 30 000 FCfa en une journée. Tout comme elle peut rester toute une journée sans vendre un seul article.

Un gain quotidien pouvant atteindre 30 000 FCfa

Diogob Diop a un parcours différent. Elle s’est orientée dans la vente de tenues pour femmes voilées. Après l’obtention de son baccalauréat, elle a décidé de réaliser son rêve : l’entrepreneuriat. « J’ai démarré avec 30 000 FCfa. C’était difficile au début, car je n’avais pas beaucoup de clients. Il me fallait des mois pour écouler une douzaine de voile. Mais aujourd’hui, grâce aux connaissances sur la toile, j’écoule ma marchandise et je reçois des commandes de personnes qui sont dans les régions et d’autres qui sont à l’extérieur », raconte-t-elle. Pour certains voiles, elle peut faire un bénéfice entre 50 et 100 %. Pour les habits, le bénéfice varie entre 35 et 75 %. Malgré les difficultés qu’elle rencontre dans le métier, Diogob ne baisse pas les bras et essaie d’être à la hauteur des attentes de ses clients. Elle demande aussi à ses collègues d’arrêter la publicité mensongère. « Pour percer dans ce métier, il faut être honnête avec ses clients et leur proposer des produits de qualité. On peut tromper les gens une fois mais pas deux fois, parce que la rumeur se répandra et plus personne ne vous fera confiance », dit-elle.

Ces marchands en ligne font généralement appel aux livreurs. « Les vendeurs font appel à nos service chaque jour. Nous sommes en étroite collaboration. Les prix des livraisons varient selon la zone. On ne se plaint pas, car on peut avoir jusqu’à 25 000 FCfa la journée », explique Pape Mboup, livreur.

Aujourd’hui, beaucoup de personnes préfèrent acheter en ligne plutôt que de faire les boutiques. Maïmouna Bâ, étudiante, fait partie de ce lot. « J’ai choisi l’achat en ligne parce que mon emploi du temps ne me permet pas d’aller dans les marchés quand je le souhaite. Au début, je me disais que ce n’était pas fiable, mais depuis que j’ai découvert ce créneau, je n’y trouve aucun inconvénient. Je gagne du temps et ne me fatigue plus », se réjouit la demoiselle. Même si plusieurs personnes qui s’activent dans ce domaine le font dans les règles de l’art, il y a des escrocs qui passent leur temps à arnaquer les honnêtes gens. Aïcha Seck en a fait les frais. « Un jour, un homme a publié des chaussures que j’ai adorées. Je lui ai envoyé un message pour lui demander où est-ce que je devais passer commande, car je voulais les revendre. Mais, il m’a dit qu’il n’avait pas de boutique à Dakar et qu’il travaillait chez lui dans une région. Puisque je ne pouvais pas m’y rendre, il était convenu que je devais verser un acompte de 50 000 FCfa, soit la moitié du prix total, et il m’a assuré que les chaussures me seraient livrées dans trois jours. Après avoir reçu l’argent, il m’a bloquée partout et a même changé de numéro de téléphone. Je n’ai jusqu’ici rien reçu. Depuis lors, je n’achète plus en ligne et je le déconseille à mes amis », raconte-t-elle. Pour dire que chaque activité à son revers de la médaille.