Facebook promet une modération plus adaptée en matière de satire




La « cour suprême » de Facebook a obtenu la remise en ligne d’un dessin moquant les autorités turques, et contraint le réseau social à réviser ses règles et procédures pour ce type de contenu.

Le conseil de surveillance de Facebook continue de peser sur la modération du réseau social en contestant l’effacement de certaines publications préalablement jugées problématiques. Le 17 juin, Facebook a dû s’engager à clarifier les règles de suppression des publications satiriques, en réponse aux recommandations du conseil de surveillance (Oversight Board) interpellé à la suite de la modération d’un dessin à propos du génocide arménien.

Cet organisme est composé d’une quarantaine de personnalités politiques, de juristes et de militants d’ONG directement ou indirectement choisis par Facebook, et chargés d’arbitrer les réclamations des utilisateurs du réseau social en dernier recours, un peu comme le ferait la cour suprême d’un Etat.

A l’origine de cette affaire, un dessin posté en décembre 2020 par un utilisateur américain, reprenant les codes d’un « mème » populaire dans lequel un personnage hésite entre deux boutons, étiquetés avec des déclarations a priori contradictoires. Dans celui-ci, le premier est légendé « le génocide arménien est un mensonge », le second « les Arméniens étaient des terroristes qui le méritaient ».

Dans un premier temps, Facebook a supprimé ce message au motif qu’il était « cruel et insensible » parce qu’il ciblait les victimes de préjudices physiques ou émotionnels graves. Les modérateurs de Facebook se sont ensuite ravisés en le qualifiant de « discours incitant à la haine ».

Après que l’auteur du message a fait appel de cette suppression, le conseil de surveillance a réclamé la restauration de sa publication sur Facebook, en l’assortissant d’une série de recommandations plus générales sur les publications satiriques. Une réclamation à laquelle s’est plié Facebook, avant de répondre aux demandes circonstanciées du conseil dans un billet de blog très technique publié le 17 juin : « Nous allons ajouter des informations à nos normes communautaires pour expliciter ce que nous considérons comme une satire. »

Dans son avis, Facebook a évité d’évoquer une autre question qui complique encore l’équation de la modération : celle de la pression exercée par certains gouvernements pour obtenir la suppression de publications critiques ou satiriques.

En 2021, la Russie a ainsi réclamé la dépublication de messages quelques semaines après le retour sur son sol de l’opposant Alexeï Navalny, dans un contexte où ses soutiens appelaient à manifester. En 2016, la Turquie avait quant à elle tenté de bloquer l’accès à Facebook, Twitter, WhatsApp et Youtube, indociles à ses yeux.

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