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Affaire Astou Sokhna : la défense s’élève contre le maintien en détention de quatre des accusées

Louga, 27 avr (APS) – Les avocats des sages-femmes dont le procès pour non-assistance à personne en danger a été renvoyé jusqu’au 5 mai, ont exprimé mercredi leur désaccord quant au maintien en détention de quatre d’entre elles, estimant que l’argument invoqué par le parquet pour s’opposer à leur remise en liberté leur était inapplicable.

Le ministère public s’était notamment opposé à la demande de liberté provisoire introduite par la défense après que la partie civile a demandé et obtenu du juge, le renvoi du procès de ces sages-femmes inculpées après le décès en couches d’une patiente survenu le 1er avril à la maternité de l’hôpital régional de Louga.

‘’Le procureur a invoqué l’article 132 pour refuser notre demande de liberté provisoire. Cet article n’est pas applicable dans ce type de jugement. Nous sommes en matière de flagrant délit. L’article 132 existe, mais est applicable pour un dossier en instruction. Il est inapplicable ici’’, a déclaré à des journalistes Me Joseph Etienne Dionne, un des avocats de la défense.

‘’C’est une confusion grave. On fait référence à des dispositions qui sont relatives à l’instruction. Nous sommes devant un tribunal de flagrant délit. Ces personnes doivent être arrêtées, détenues et jugés séance tenante dans la rigueur des principes. Elles vont faire 15 jours de prison. Cela commence à prendre du temps’’, a protesté Abdou Abdoul Daff, un autre conseil des accusées.

‘’Nous ne sommes pas du même avis que le procureur lorsqu’il invoque un risque de troubles à l’ordre public. Nous pensons que c’est la détention prolongée de ces femmes qui pourrait causer des troubles à l’ordre public. Si elles étaient en liberté, il n’y aurait pas de problème. Deux d’entre elles sont en libertés et cela ne pose pas de difficultés’’, a pesté la robe noire.

De nombreuses personnes s’étaient déplacées au tribunal de Louga (nord) aux premières heures de la matinée pour assister au procès.

Il s’agit de dizaines de personnes visibles devant le tribunal et ses alentours. Parmi elles, de nombreux agents de santé, venus apporter leur soutien aux sages-femmes pointées du doigt dans cette affaire.
 
Sur place, un impressionnant dispositif sécuritaire avait été déployé par la Police pour veiller au grain et filtrer les entrées. Seuls les témoins, proches des parties prenantes et journalistes avaient été autorisés à accéder à la salle d’audience.
 
Cette affaire judiciaire est partie du décès le 1er avril en couches d’Astou Sokhna à la maternité de l’hôpital Amadou Sakhir Mbaye. Ses proches pointent du doigt une négligence du personnel hospitalier. La patiente ayant attendu en vain plusieurs heures pour subir une césarienne.
 
Son époux dépose alors une plainte devant le procureur de Louga pour non-assistance à personne en danger. L’enquête menée par la police a débouché sur l’inculpation de six sages-femmes et le placement sous- mandat de dépôt de quatre d’entre elles plus de deux semaines après le décès d’Astou Sokhna.
 
Les circonstances du décès de cette femme d’une trentaine d’années avaient suscité une vague d’indignation et une grande émotion dans l’opinion publique.
 
Poussant le ministère de la Santé à déployer sur place, une mission d’enquête administrative qui a débouché sur la prise de mesures conservatoires à l’encontre de certains agents de cette structure hospitalière du nord du pays.
 
Dès le 13 avril, le directeur du centre hospitalier, Amadou Guèye Diouf, est limogé en Conseil des ministres et remplacé par un administrateur hospitalier du nom d’Abdallah Guèye.
 
Dans la foulée, l’Intersyndicale des travailleurs de l’hôpital organise un sit-in pour dénoncer l’empressement avec lequel la tutelle s’y est prise pour sanctionner une partie du personnel médical.
 
Ils vont être soutenus par beaucoup d’agents de santé à travers une grève ayant paralysé pendant 72 heures une grande partie système sanitaire du pays.

SK/AKS

 

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