Assemblée nationale : Ousmane Sonko agite la menace d’une motion de censure contre le gouvernement d’Al Aminou Lô
À peine installé au perchoir de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko fait déjà planer l’ombre d’une confrontation institutionnelle avec l’exécutif. Quatre jours après son départ de la Primature, l’ancien chef du gouvernement a été élu, à une très large majorité, président de l’Assemblée nationale, consolidant ainsi son influence au sein de l’appareil d’État.
Lors de ses premières déclarations, le nouveau patron de l’hémicycle n’a pas exclu le recours à une motion de censure contre le gouvernement dirigé par Al Aminou Lô, une perspective qui pourrait profondément rebattre les cartes de la vie politique sénégalaise.
Cette prise de position intervient dans un climat marqué par des tensions persistantes au sommet de l’État. Fort du soutien d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale, estimée à plus de 80 % des députés, Ousmane Sonko dispose théoriquement des moyens politiques nécessaires pour fragiliser l’exécutif si les rapports venaient davantage à se détériorer.
Le leader de Pastef avait toutefois, quelques semaines auparavant, tenté de rassurer sur ses intentions. Le 2 juin 2026, il déclarait publiquement que son camp ne comptait pas utiliser sa majorité parlementaire pour déstabiliser le gouvernement sans raison majeure.
« Nous n’allons pas faire de motion de censure, sauf s’il déclenche les hostilités », avait-il affirmé, faisant allusion aux différends institutionnels liés à certains recours devant le Conseil constitutionnel.
Ousmane Sonko avait également insisté sur le fait que la majorité parlementaire ne signerait « aucun chèque en blanc » ni au président de la République ni au gouvernement, estimant que le rôle du Parlement est avant tout d’exercer pleinement ses missions de contrôle de l’action gouvernementale.
Cette nouvelle posture traduit la volonté du président de l’Assemblée nationale d’utiliser les prérogatives de son institution pour peser davantage sur les orientations politiques du pays. Le vote des lois, l’examen des politiques publiques et le contrôle de l’exécutif pourraient ainsi devenir les principaux leviers d’influence du nouveau président du Parlement.
Pour l’heure, aucune procédure de censure n’a été officiellement engagée. Mais cette éventualité, désormais évoquée ouvertement, alimente les spéculations sur l’évolution des relations entre l’Assemblée nationale et le gouvernement d’Al Aminou Lô.
Alors que le Sénégal traverse une période de recomposition politique inédite, les prochaines semaines permettront de mesurer si cette menace relève d’un simple avertissement politique ou constitue le prélude à une véritable épreuve de force institutionnelle.
La Rédaction
Sunuker.net

















































Laisser une réponse
View Comments