Dans
son édition du weekend dernier, « Le Témoin » s’était agacé du comporte-
ment irresponsable de Massata Diack passant tout son temps à nier,
entre quatre murs dakarois, les accusations portées contre lui dans
l’affaire de corruption à l’Iaaf qui a valu à son père, Lamine, d’être
inculpé et placé en résidence surveillée à Paris. Comme un lâche
fugitif, Massata Diack a détalé devant la justice française là où Karim
Wade avait choisi de venir ré- pondre à la convocation de la justice
sénégalaise, quitte à se faire guillotiner à Rebeuss. Qui dit qu’entre
Diack-fils et Wade-fils, c’est comme « Yalla ak Yalli » ? « Le Témoin »
tente d’y apporter la réponse…
« Papa Massata Diack
innocent ? Qu’il aille le prouver aux juges français ! » tel était le
titre de notre commentaire relatif à la posture vociférante du fils de
Lamine Diack, ancien président de la Fédération internationale
d’athlétisme (Iaaf). Inculpé dans l’affaire de corruption pour couvrir
des cas de dopage d’athlètes russes, Papa Massata Diack, depuis son trou
à rats dakarois, continue de crier au « traquenard » et clamer son
innocence. Convoqué par la justice française, il s’est arrangé pour se
faire auditionner par un juge d’instruction sénégalais dans notre
capitale. Bigre ! Car, comme nous l’avions précisé, ce n’est pas devant
les juges sénégalais qu’il doit nier les faits qui lui sont reprochés
mais bien devant la justice française dont l’indépendance et
l’impartialité des magistrats constituent la pierre angulaire de cet
Etat de droit. Autrement dit, tous les gages d’un procès équitable pour
Massata Diack sont réunis en France. Les observateurs un tant soit peu
impartiaux se demandent donc pourquoi Papa Massata Diack laisse-t-il
échapper cette aubaine pour prouver l’innocence qu’il clame ? Cela n’a
rien à voir, bien sûr, avec se faire auditionner ou juger par la justice
sénégalaise « décriée » sur tous les toits. Il aurait pour- tant dû
s’inspirer de l’exemple de Karim Wade et de son père que lui, Massata,
et son père Lamine s’étaient jurés de faire quit- ter le pouvoir. En
sollicitant des finance- ments russes pour cela ! Paradoxalement,
pourtant, ledit Karim Wade, alors accusé de tous les maux du Sénégal et
affublé de tous les noms d’oiseaux, avait eu, lui, le courage de venir
déférer à la convocation de la justice du président Macky Sall ! Et,
notamment, de sa redoutable et très couchée Cour de répression de
l’enrichissement illicite (Crei). Convoqué le 15 novembre 2012 pour
audition devant la Section de recherches de la gendarmerie alors qu’il
était à Paris, Karim Wade, sans se faire prier, avait débarqué à Dakar
pour se livrer aux enquêteurs. Sans doute, Wade-fils s’était dit qu’au
delà de cette convocation provocatrice homologuée par le régime de Macky
Sall, son père Me Abdoulaye Wade était visé à travers lui pour l’avoir
mis en orbite. Exactement comme l’ex-patron de l’Athlétisme mondial
Lamine Diack avait fait profiter son fils Massata des fonds issus des «
droits » de télévision et de sponsoring de plusieurs manifestations
sportives internationales organisées par le CIO dont il était le
tout-puissant patron !
Contrairement à Massata Diack, le fils du Pape
du Sopi avait la ferme résolution de ne pas laisser ses détracteurs
secouer la quiétude de son père en retraite dans sa rési- dence de
Versailles (France). Bien que sachant qu’il allait être arrêté et
embastillé, il avait quitté la France — alors qu’il avait tout loisir
d’y demander le statut de réfugié politique, surtout que sa mère
elle-même est une Française bon teint pour venir se fourrer dans la
gueule du loup sénégalais. Vous conviendrez avec nous qu’entre Massata
Diack et Karim Wade, c’est comme « Yalla ak Yalli ». Deux personnages,
fils à papa certes, mais aux comportements et caractères diamétralement
opposés. L’un s’était substitué à son père pour ne pas dire à tout un
ancien régime (ministres, directeurs de société, hommes d’affaires etc.)
pour payer les pots cassés ou « détournés » par d’autres, l’autre a
détalé comme un lapin dès les premiers coups de feu judiciaires en
abandonnant son père en rase campagne aux « prédateurs » français.
Un sprint déshonorable de Diack-fils !
«
Viens, mon fils, viens, mon sang, viens réparer ma honte ! » On
pourrait reprendre ainsi cette expression de Corneille afin de la placer
dans le contexte de l’affaire Lamine Diack où le fils semble avoir
poussé le père
dans un caniveau sportivo-judiciaire à l’échelle
mondiale. Hélas, sur les starting- blocks judiciaires, le père Lamine
Diack sera seul sur la piste d’un long procès qui se tien- dra du 13 au
23 janvier 2020 prochain à Paris.
Nous sommes dans une société
africaine où le père est censé incarner l’autorité en même temps qu’il
doit pourvoir aux besoins de la famille. Et surtout quand il s’agit d’un
père honorable de la dimension de Lamine Diack qui s’est beaucoup
sacrifié pour la réussite de ses enfants. Et quoi qu’on puisse reprocher
au père Lamine Diack, force est de constater qu’il a oc- cupé une place
« essentielle » dans l’é- panouissement et la réussite de ses enfants.
Des enfants qu’il couvait comme une maman poule le ferait de ses
poussins et pour qui il a un grand faible. Des enfants auxquels il ne
pouvait rien refuser et qui ont profité de l’amour sans limites qu’il
leur porte pour lui faire faire n’importe quoi. Du moins, l’un d’entre
eux ! D’où l’ingérence manifeste de son fils Massata Diack dans les
affaires de l’I- aaf dont il était le « consultant en marketing ».
Certes, en matière pénale comme dans celle renfermant les délits de
corruption passive et active sur fond de blanchiment aggravé qui
frappent le
président Lamine Diack, il appartient à chacun d’assumer
ses responsabilités. Et il est clair que la responsabilité pénale est
personnelle, elle n’est pas collective. Mais le Sénégal, comme toutes
les sociétés africaines, a ses réalités socioculturelles où un fils
digne comme Karim Wade par exemple, n’admet point que l’honneur de son
père ou de sa mère soit bafoué ou outragé. Des sociétés où les enfants
sont prêts à donner leur vie pour qu’on n’humilie pas leurs parents
surtout s’ils sont de la trempe de Lamine Diack, patriarche mondial de
l’Athlétisme.
La dignité russe...
Hélas, Papa
Massata Diack a dû oublier que dans le Sénégal des affaires
politico-judiciaires et sportivo-judiciaires « on nous arrête, nous
juge, nous condamne ou nous pend, mais on ne nous déshonore pas ». Pour
cause, l’honneur parental et la dignité familiale ont toujours besoin
d’être reconnus parce qu’étant liés à quelque haut fait, à une
tradition, à une histoire qui est celle d’un individu, d’une famille ou
d’un groupe. Diack-fils a dû également oublier que l’hon- neur est de
l’ordre de la grandeur et de la réputation. Il peut être terni et bafoué
par la fuite ou la désertion face à l’ennemi, fut- il un juge
d’instruction. Ce que les athlètes russes impliqués et suspendus dans
cette affaire de corruption ont sans doute compris pour avoir
courageusement assumé leurs responsabilités en se laissant conduire à
l’abattoir sportif et judiciaire. Et pourtant, les athlètes russes
seraient mieux placés que Massata Diack pour piquer un sprint afin de
semer les juges à leurs trousses. Eux qui jouissent d’énormes capacités
et conditions physiques pour se fondre dans la nature. Hélas, en lieu et
place, c’est Papa Massata qui se distingue dans l’art de prendre ses
jambes à son cou…au point de battre le record de Usain Bolt !
Le Témoin


















































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