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Au Gabon, Emmanuel Macron assure n’être «venu « investir » personne» en marge du One Forest Summit

Emmanuel Macron a tenu ces propos à l’occasion d’une visite à Libreville pour le One Forest Summit, première étape d’une tournée en Afrique centrale, alors que le Gabon est en pleine année électorale.

 

Le président français est arrivé à Libreville mercredi 1er mars, première étape de sa tournée en Afrique centrale qui doit l’emmener ensuite en Angola, au Congo-Brazzaville et en RDC. Il a été accueilli au palais présidentiel par son homologue Ali Bongo pour un dîner de travail, indique notre envoyée spéciale à Libreville,Paulina Zidi. Objectif : préparer la deuxième journée du One Forest Summit, un sommet organisé par la France et le Gabon sur la protection des forêts tropicales et notamment celle du bassin du Congo, aujourd’hui considérée comme le premier poumon vert de la planète.

 

Mais, avant la rencontre des chefs d’État prévue ce jeudi après-midi, la journée a commencé en forêt pour Emmanuel Macron. C’est ainsi à une vingtaine de kilomètres de la capitale gabonaise que le président français s’est déplacé pour une marche en compagnie du ministre gabonais de l’Environnement, Lee White. Un déplacement avant tout pour l’image. Il y a rencontré à l’Arboretum Raponda Walker, le commissaire général du Centre de recherche scientifique et technologique du Gabon, Alfred Ngomanda, qui lui a détaillé les problématiques auxquelles sont aujourd’hui confrontées les forêts du bassin du Congo.

« Le rôle de la France n’est pas d’interférer dans des échéances de politique intérieure »

Puis le président est revenu dans la capitale pour y rencontrer la communauté française de Libreville. Dans son discours, il est revenu sur les critiques sur cette visite en pleine année électorale. Il a rappelé que « au Gabon comme ailleurs, la France est un interlocuteur neutre, qui parle à tout le monde, et dont le rôle n’est pas d’interférer dans des échéances de politique intérieure ». Il a assuré : « Je ne suis venu « investir » personne. Je ne suis venu témoigner que de mon amitié et de ma considération à un pays et à un peuple frère. »

En marge de cette visite, l’entourage du président français a eu des rendez-vous beaucoup plus politiques. Christophe Bigot, le directeur Afrique du Quai d’Orsay, a ainsi rencontré ce jeudi matin les acteurs de la société civile à l’Institut français. Ils étaient quatre, dont le militant écologiste Marc Ona. Ce dernier a rappelé qu’il désapprouvait le timing de la visite d’Emmanuel Macron, mais l’échange a permis aux quatre ONG reçues d’aborder des thèmes sensibles.

« Nous avons eu des réponses franches et des réponses aussi diplomatiques, a-t-il expliqué au micro de Sébastien Nemeth. On est revenu sur le fait que le paternalisme ne peut plus être d’actualité et que la France suit de très près la situation des prisonniers politiques au Gabon. Nous avons aussi des binationaux qui sont emprisonnés dans des conditions effroyables. Ils ont pris très bonne note, ils ont été très sensibles à cette revendication ».

Il faut faire un plaidoyer pour que le gouvernement gabonais libère l’espace civil pour que les Gabonais s’expriment librement avec l’encadrement des agents de sécurité

Marc Ona, Président de Tournons la Page internationale et secrétaire exécutif de Brainforest

Ces représentants ont donc une nouvelle fois fait part de leur inquiétude quant à ce calendrier. Ils ont aussi estimé que si l’idée d’un forum sur la protection des forêts tropicales étaient une bonne initiative, « c’est justement l’arbre qui cache la forêt et notamment les problèmes de gouvernance », selon eux.

De son côté, Franck Paris, le conseiller Afrique de l’Élysée, a, lui, rencontré des opposants ce matin aussi. Selon une source proche du dossier, l’invitation avait été envoyée à l’ensemble de l’opposition politique gabonaise. Mais certains de ses responsables se sont finalement fait représenter par des collaborateurs, ce matin.

rfi

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