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Histoire

AUJOURD’HUI 54 ans : 9 octobre 1967, le révolutionnaire Che Guevara est exécuté en Bolivie

Figure emblématique de la révolution, pendant la Guerre froide, Ernesto Guevara a été auteur de plusieurs actions diversement appréciées. Sa croisade contre les inégalités sociales le conduit à rejeter les idéologies occidentales avec tout ce qu’elles prônent. roche de Fidel Castro, Guevara inscrit son nom dans l’histoire du monde révolutionnaire avant d’être assassiné le 9 octobre 1967 en Bolivie.

Comment Che Guevara est mort, le 9 octobre 1967

Lundi 9 Octobre 2017

« Je suis resté quarante minutes avant d’exécuter l’ordre. J’ai été voir le colonel Pérez en espérant que l’ordre avait été annulé… » a raconté par la suite Mario Terán, le sergent de l’armée bolivienne qui avait été chargé d’exécuter le Che. C’était le 9 octobre 1967, dans une école abandonnée du village de La Higuera. RÉCIT.

PAR CHLOÉ MAURELHistorienne, auteur de Che Guevara (Ellipses, 2011).

Le révolutionnaire argentin Ernesto Guevara, dit le « Che », est en 1967 engagé, sous couvert d’anonymat, dans une guérilla en Bolivie, avec une poignée de fidèles compagnons, en vue d’y faire éclore une révolution, selon sa théorie des « focos » (foyers de révolution).

Mais contrairement à la guérilla qu’il avait menée avec Fidel Castro une dizaine d’années auparavant à Cuba, les conditions sont ici nettement moins favorables. En octobre 1967, il est capturé par l’armée bolivienne. Les militaires boliviens l’emmènent dans une école abandonnée du village de La Higuera. C’est dans ce modeste bâtiment qu’il est exécuté, ce 9 octobre 1967.

« Sois tranquille, et vise bien ! »

Mario Terán, le sergent de l’armée bolivienne qui avait été chargé d’exécuter le Che, a raconté plus tard comment il a vécu ce moment impressionnant et douloureux : « Je suis resté quarante minutes avant d’exécuter l’ordre. J’ai été voir le colonel Pérez en espérant que l’ordre avait été annulé. Mais le colonel est devenu furieux. C’est ainsi que ça s’est passé. Ça a été le pire moment de ma vie. Quand je suis arrivé, le Che était assis sur un banc. Quand il m’a vu il a dit : «Vous êtes venu pour me tuer». Je me suis senti intimidé et j’ai baissé la tête sans répondre. […] À ce moment je voyais un Che grand, très grand, énorme. Ses yeux brillaient intensément. Je sentais qu’il se levait et quand il m’a regardé fixement, j’ai eu la nausée. J’ai pensé qu’avec un mouvement rapide le Che pourrait m’enlever mon arme. « Sois tranquille, me dit-il, et vise bien ! Tu vas tuer un homme !». Alors j’ai reculé d’un pas vers la porte, j’ai fermé les yeux et j’ai tiré une première rafale. Le Che, avec les jambes mutilées, est tombé sur le sol, il se contorsionnait et perdait beaucoup de sang. J’ai retrouvé mes sens et j’ai tiré une deuxième rafale, qui l’a atteint à un bras, à l’épaule et dans le cœur. Il était enfin mort » . Terán était très impressionné étant donné l’immense aura internationale du Che.

Tuer le « révolutionnaire le plus glamour »

Le 9 octobre au matin, le gouvernement de Bolivie annonce la mort de Che Guevara. Les guérilleros qui étaient avec lui sont pour la plupart capturés ou tués par l’armée les jours suivants. 

Le gouvernement américain et de la CIA sont impliqués dans son assassinat. Dès les premières semaines d’avril 1967, les États-Unis avaient envoyé de nombreux agents de la CIA et des « bérets verts », ainsi qu’un bataillon des United States Army Rangers pour prêter main forte aux militaires boliviens, réputés peu efficaces . Les rangers envoyés par Washington sont très bien entraînés à la stratégie et à la tactique de la contre-guérilla rurale, qu’ils ont pour beaucoup d’entre eux expérimentée en Corée et au Vietnam.

L’envoi d’agents de la CIA en Bolivie s’explique à la fois par la crainte des États-Unis d’une contagion révolutionnaire en Amérique latine, région du monde qu’ils considèrent comme leur « arrière-cour », et par l’inquiétude des hautes sphères américaines due à la proximité entre la zone de la guérilla du Che et les importantes installations pétrolières tenues dans la région par des multinationales américaines.

Le Département d’État américain insistait aussi sur l’importance symbolique qu’il y aurait à capturer et tuer le « révolutionnaire le plus glamour » du XXe siècle, et estimait que sa mort constituerait un signe fort qui mettrait un frein aux aspirations révolutionnaires dans le monde.

« En nos temps de travestisme politique, Che incarne l’idée que la politique ne peut être que de l’éthique concentrée. L’éthique devient donc une morale en situation. »Par les temps pourris qui courent, plus les politiciens « libéraux » ont les mains sales, plus ils se réclament de l’éthique. Ils osent même parler de « capitalisme éthique ».

Le Che réconcilie l’éthique et la politique

D’autres fripouilles opposent éthique et politique, en un faux dilemme insupportable. La crise du capitalisme s’avère si grave que les classes dominantes sont parvenues à ce que le jugement moral soit peu ou prou évacué de l’appréciation de la politique. Combien de casseroles au croupion d’éminents macronistes ?Le Che mourut assassiné le 9 octobre 1967.

L’étude de sa pratique nous montre un dirigeant hanté par une constante exigence d’éthique, de probité, d’exemplarité, et d’abord vis-à-vis de lui-même, condition indispensable si l’on veut entraîner les autres… Pour Ernesto Guevara, la politique doit toujours croiser la question morale. La politique fait partie de l’éthique et l’éthique, contrairement à ce que prétendent certains coquins, n’est pas un frein à l’efficacité, loin s’en faut.Lier la politique et l’éthique est la condition à l’avènement d’un monde meilleur.

Le nier, c’est méconnaitre l’histoire de l’humanité. Che Guevara lance, comme attesté dans ses Notes critiques… : « Pour les dirigeants, rien de matériel », aucun stimulant matériel. Une politique qui prône la dignité ne saurait s’en écarter. Si le processus de transformation, ajoute-t-il, ne produit pas « une nouvelle conscience sociale », les prémisses d’un « homme nouveau », il ne vaut rien. En septembre 1962, Che critique «  ceux qui sont restés à mi-chemin et qui se sont perdus dans le labyrinthe bureaucratique ou dans les tentations qu’offre le pouvoir ». 

En nos temps de travestisme politique, Che incarne l’idée que la politique ne peut être que de l’éthique concentrée. L’éthique devient donc une morale en situation. Dans le « Discours à la classe ouvrière », le 14 juin 1960, il dénonce « ceux qui se déguisent en hommes de gauche (…) qui parlent au peuple le langage de la révolution, tout en discutant en coulisses avec les grands monopoles ». Guevara ne se lasse pas d’insister : « la conduite révolutionnaire est le miroir de la ‘foi’ révolutionnaire » (12 février 1961)

Des mèches de ses cheveux, comme un talisman

Après la mort du Che se met en place une sorte de culte, quasi religieux, envers le célèbre révolutionnaire. Le lendemain de sa mort, son corps est emmené par l’armée bolivienne en hélicoptère à l’hôpital de Vallegrande, où il est exposé et photographié par des reporters. Des centaines de personnes viennent voir le corps, faisant parfois pour cela un long trajet, comme pour un pélerinage. Son cadavre frappe les observateurs par le caractère torturé et émacié de son corps et par la grande pureté qui semble émaner de son visage et en particulier de ses yeux ouverts. Pour les habitants de la région, marqués par la religion catholique, le corps du Che évoque le Christ. Ainsi, dès ce moment, un « culte » du Che commence à se développer, et les analogies avec un culte religieux sont frappantes : les femmes qui viennent le contempler, impressionnées par la ressemblance avec certaines peintures représentant Jésus-Christ mort, coupent des mèches de ses cheveux et les conservent sur elle, comme un talisman. 

Dans le monde entier, immédiatement, l’émotion est très forte, surtout auprès de la jeunesse. L’année suivante, en 1968, l’image du Che est présente dans tous les cortèges étudiants, de Berkeley à Paris. 

C’est seulement en 1997 que les restes du corps du Che et de plusieurs de ses derniers compagnons exhumés, ont été identifiés par des tests ADN. Ils ont été envoyés à Cuba, où le Che a reçu des funérailles nationales. Il est maintenant enterré dans un mausolée à Santa Clara aux côtés de six de ses derniers compagnons guérilleros. Che Guevara reste aujourd’hui encore comme un symbole marquant d’idéalisme révolutionnaire et internationaliste.

[1] Víctor Montoya, « Pasajes y personajes de la guerrilla de Ñancahuazú », Revista de la biblioteca y archivo historico de la asamblea legislativa plurinacional, Vol. 6 – Nº 22 – La Paz, octobre 2012. En 1977, l’hebdomadaire Paris Match a publié un entretien avec Mario Terán dans lequel il raconte cet épisode.

[2] Cf. Henry Butterfield Ryan, The Fall of Che Guevara : A Story of Soldiers, Spies, and Diplomats, New York, Oxford University Press, 1998, p. 82-102.[3] U.S. Department of State, “Guevara’s Death, The Meaning for Latin America”, rapport de Thomas Hughes à Dean Rusk, 12 octobre 1967, p. 6.

[4] J. L. Anderson, Che Guevara: A Revolutionary Life. New York, Grove Press, 1997, p. 692.

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