184 ex-patients ont porté plainte contre le médecin pour agressions sexuelles et viols. Il sera jugé au premier trimestre 2020 par la cour d’assises de Saintes.
Les chiffres pourraient augurer de la plus grande affaire de pédophilie en France : 184 ex-patients – dont 181 mineurs au moment des faits – ont porté plainte contre le docteur Joël Le Scouarnec pour agressions sexuelles et viols. Cet ancien spécialiste en chirurgie digestive et viscérale aurait laissé derrière lui 250 victimes potentielles des « faits non prescrits » aujourd’hui identifiées, a annoncé lundi 18 novembre le procureur de la République de La Rochelle, Laurent Zuchowicz.
Au terme de son enquête préliminaire, le parquet de La Rochelle s’est dessaisi du dossier au profit du parquet de Lorient car une centaine de victimes résident dans le Morbihan, un département dans lequel M. Scouarnec a exercé durant dix ans, de 1994 à 2004. La longue carrière du praticien, qui officiait depuis 2008 à l’hôpital de Jonzac (Charente-Maritime), s’est achevée en mai 2017. Un mois plus tôt, ce père de famille de 67 ans, séparé de son épouse, s’était promené nu dans son jardin et avait montré son sexe à sa petite voisine, alors âgée de 4 ans. Laquelle avait ensuite raconté à ses parents que le médecin lui avait introduit un doigt dans le vagin. A la suite de plainte de ces derniers, Joël Le Scouarnec avait été interpellé et placé en détention provisoire.
Médecin accusé de viols sur mineurs en Charente-Maritime : ce que l’on sait de cette affaire
M. Le Scouarnec sera jugé, du 13 au 17 mars, par la cour d’assises de Saintes (Charente-Maritime) pour viols aggravés. Il devra répondre, outre de l’agression contre sa petite voisine et une nièce, d’aggressions sexuelles sur une autre nièce et sur une patiente de 4 ans. Cette dernière aurait été abusée pendant un acte médical, à l’hôpital de Jonzac, alors qu’elle était endormie.
Joël Le Scouarnec était déjà connu de la justice puisqu’il avait été condamné en 2005 à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Vannes pour détention d’images pédopornographiques. A cette époque, « l’enquête [n’avait] été menée que dans sa sphère personnelle, déplore Francesca Satta, l’avocate de la famille de la voisine. On serait allé dans son bureau, à l’hôpital de Vannes, on aurait découvert des poupées à l’intérieur de son placard fermé à clé, des films pédopornographiques sur l’ordinateur professionnel, sur lequel il se masturbait. »
« Dysfonctionnements » entre la justice et les services hospitaliers
lemonde.fr






























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