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Bamako affirme avoir piraté une entreprise française pour récupérer des données électorales

Les autorités maliennes de transition affirment avoir piraté une entreprise française pour récupérer des données électorales. Mardi soir, dans le journal de la télévision d’État ORTM, un long reportage a été consacré au piratage, par des hackers maliens au service des autorités de transition, de l’entreprise française Idemia accusée d’avoir « pris en otage » ces données.

« Solution souveraine »

Le « basculement » de l’ancien fichier, créé par l’entreprise française Idemia, vers ce nouveau fichier n’aura « rien coûté » aux finances publiques, se réjouit le ministre. « L’affront » ayant été « lavé » et le « danger écarté », selon le commentaire du journaliste de l’ORTM, les treize hackers « patriotes » ont été décorés Chevaliers de l’ordre national par le Colonel Assimi Goïta.

Le président de transition salue le « travail excellent » de ces « experts nationaux » et la mise en place du nouveau système d’identification biométrique, une « solution souveraine développée par des Maliens ».

« Le Mali a toujours eu accès aux données »

Sollicitées par RFI, les autorités françaises n’ont pas réagi à ce stade. Pas de réaction officielle non plus du côté de l’entreprise mise en cause, Idemia, mais une source proche de l’entreprise assure à RFI que « le Mali a toujours eu accès au système de données » en question.

« La collaboration s’était arrêtée mais ils disposaient des mots de passe et les données étaient disponibles », affirme cette source, qui rappelle ce que les autorités maliennes avaient elles-mêmes indiqué à l’époque, à savoir que c’était le « transfert de propriété du système » qui était au cœur du litige. Une intrusion a-t-elle tout de même été constatée dans les systèmes informatiques de l’entreprise, avec quelles conséquences ? Aucune réponse sur ce point.

Dette et élections

Fin septembre, il y a quatre mois et demi, les autorités maliennes de transition avaient également reconnu, dans leur communiqué, avoir contracté une dette de plus de 5 milliards de francs CFA auprès de l’entreprise Idemia, « raison pour laquelle la base de donnée Ravec est arrêtée depuis mars 2023 », avait encore précisé Bamako. Qui avait apparemment surmonté cette difficulté en juin, pour organiser son référendum constitutionnel.

Les autorités de transition avaient pourtant invoqué ce problème, désormais présenté comme résolu, pour justifier ensuite le report de la présidentielle, qui aurait justement dû se dérouler en ce moment même – selon les dates initialement prévues, nous serions précisément dans l’entre-deux tours.

Les Maliens peuvent-ils, en conséquence, s’attendre à ce qu’une nouvelle date soit enfin fixée pour ce scrutin, qui doit mettre fin à la période de transition ? L’avenir le dira. Mardi soir, l’occasion n’a pas été saisie pour annoncer de nouvelles échéances.

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