Bambey – première soutenance doctorat en santé communautaire, avec Dr Elhadj Cheikh Abdoulaye Diop une recherche opérationnelle pour des stratégies de lutte contre le cancer du col de l’utérus

L’université Alioune Diop de Bambey (UADB) a abrité sa première soutenance de Doctorat en Santé Communautaire hier, mercredi 5 mars 2025.
Le jury a décerné, hier mercredi, à Elhadji Cheikh Abdoulaye Diop le grade de Docteur de l’université Alioune Diop de Bambey (UADB) avec mention «Très Honorable avec des félicitations». Ce qui fait ainsi du Dr Elhadji Cheikh Abdoulaye Diop, le médecin-chef du district sanitaire de Tambacounda, le premier à soutenir une thèse de Doctorat en Santé communautaire à l’Unité de formation et de recherche (UFR) Sante et Développement durable de l’université Alioune Diop de Bambey (UADB).
Le thème de la thèse est : «Stratégie de prévention du cancer du col de l’utérus : déterminants dans le district sanitaire de Kounguel». «Ce thème a été choisi parce qu’il me tient à cœur», déclaré Dr Diop qui souligne que Kounguel, est un vaste district qui fait 15 fois la région de Dakar en matière de superficie. Il dispose d’un centre de santé et 22 postes de santé, lors de l’étude 2019-2023.
Dr Diop note que Kounguel se caractérise par une «forte prévalence de lésions précancéreuses» et un «faible taux de dépistage… qui n’est plus que de 16%». «C’est un cancer qu’on peut éviter en dépistant les femmes actives âgées de 30 à 69 ans et aujourd’hui de 25 à 69 ans et en vaccinant leurs jeunes filles âgées de 9 à 14 ans contre papillomavirus. Quand on parle de cancer, les gens pensent à la mortalité…» D’où son appel à agir «rapidement», contre ces «maladies non transmissibles que sont les cancers» particulièrement des femmes.
Le médecin insistant sur «son caractère particulièrement évitable et la possibilité de l’éviter à faible coût» a rappelé que «Le dépistage peut se faire dans l’ensemble des postes de santé du Sénégal, les lésions précancéreuses par inspection à l’acide acétique qui consiste à utiliser le vinaigre qui permet de faire un test simple, à dépister et à orienter les femmes. On a trouvé à peu près 5% de lésions précancéreuses du col qui contraste avec un faible dépistage. Cela veut dire que si on avait dépisté beaucoup, on pourrait trouver davantage».
En ce qui concerne la vaccination, «l’objectif était de 90%. Mais, malheureusement, les taux de couverture restent encore moins faibles avec un peu moins de 45% dans le district sanitaire de Koumpentoum. La spécificité, c’est la faible couverture vaccinale, en deçà des objectifs de 90% du ministère de la Santé, mais aussi la faible couverture de dépistage très en deçà de l’objectif de 70% du ministère de la Santé», a-t-il déploré.
Ainsi a-t-il invité les femmes à se faire dépister très tôt, à se faire traiter pour «éliminer le cancer du col de l’utérus, d’ici 2030. Car, à titre d’exemple, la survie à un an pour une femme atteinte de cancer du col n’est que pour 33% c’est-à-dire au bout d’un an, les 2/3 des femmes vont succomber, et au bout de 5 ans elles n’étaient que de 1% ; cela veut dire que toutes les femmes vont succomber», a-t-il fait remarquer. Après cette thèse de Doctorat, Dr Diop s’engage à continuer la recherche-action.
Le président du jury, le Pr Ousseynou Ka, enseignant-chercheur à l’UFR Sante communautaire et Développement durable de l’UADB a déclaré : «c’est la première fois qu’on a un Docteur en Sante communautaire. C’est une grande satisfaction pour l’UFR et pour les autorités rectorales. On doit tout faire pour que les populations s’approprient les stratégies et lutter contre les infections. Cette thèse est une recherche opérationnelle parce qu’elle tient en compte les préoccupations des districts sanitaires, des populations et des autorités. Les autorités pourraient se baser sur les résultats de cette recherche pour mettre en place des stratégies de lutte contre le cancer du col de l’utérus», avec comme seule alternative la prévention pour éviter que ce «cancer n’arrive à un stade très avancé», en impliquant les populations dans tous les programmes de santé, a-t-il conclu.
Adama NDIAYE

