SOCIETE / FAITS DIVERS

Bébé Volé : Le Vigile De La Pouponnière « Keur Yeurmandé » Et Sa Complice Risquent 6 Mois Ferme 

L’affaire d’enlèvement de bébé à la pouponnière « Keur Yeurmandé » de Ndella Madior Diouf a été débattue devant le tribunal des flagrants délits de Dakar ce mardi 2 janvier. La représentante du Ministère public a requis deux ans, dont six mois ferme et une amende de 200.000 francs contre le vigile, Jean Noel Ndour et la dame Woury Dia. 

Mis en cause après le vol d’un bébé de trois mois à la pouponnière « Keur Yeurmandé » de Ndella Madior Diouf, Jean Noel Ndour et Woury Dia seront édifiés le 9 janvier 2024. Partie civile, Ndella Madior Diouf, incarcérée depuis quelques jours sous plusieurs chefs d’inculpation, dont traite de personnes, n’a pas assisté au procès. Tout au long de l’interrogatoire, son employé Jean Noel Ndour, poursuivi pour enlèvement d’enfant, collecte illicite et diffusion de données à caractère personnel, a fait amende honorable. Retraçant le film du rapt, le vigile de 33 ans a expliqué que sa co-prévenue s’était présentée à la pouponnière de sa patronne à maintes reprises pour adopter un bébé dans le but de faire croire à son mari établi à l’étranger qu’elle avait accouché. Mais, Ndella Madior Diouf l’avait éconduite. C’est ainsi que Woury Dia aurait proposé à Jean Noel 1 million de francs en échange d’un bébé. Motivé par l’appât du gain, Jean Noel a volé un bébé qu’il a remis à sa complice dans la nuit du 9 au 10 décembre 2023. « On s’était donnés rendez-vous au poste de santé de Cambérène. Quand je lui ai donné l’enfant, elle m’a remis 65.000 francs. Toutefois, elle m’avait promis de me ramener le nourisson après le baptême. J’avais pitié d’elle. C’est pourquoi j’ai accepté sa proposition », a soutenu Jean Noel. Mais, il a été démenti par sa co-prévenue.

Rejet constitution de partie civile de Ndella Madior Diouf 

Déja mère de trois enfants, Woury Dia, 30 ans, a confessé que Jean Noel lui a fait croire qu’il a récupéré le bébé d’une gambienne qui a accouché au Sénégal. « C’est mon co-prévenu qui a pris mon numéro quand Ndella a refusé de me donner un bébé. Il m’a confié que son amie gambienne était sur le point d’accoucher. Mais, elle voulait se débarasser de son enfant, avant de rentrer en Gambie. Au cours de cet entretien, il m’a passé une dame au téléphone. Cette dernière m’a demandé de l’argent pour ses ordonnances et son transport. Par la suite, Jean Noel m’a envoyé des photos sur lesquelles se trouvaient le bébé volé et sa suposée mère », a raconté Woury. Au procureur qui lui a demandé pourquoi elle voulait adopter un bébé, la résidante de l’unité 7 des Parcelles Assainies a révélé qu’elle avait fait une fausse couche. Toutefois, elle a fait croire à son conjoint qu’elle était toujours enceinte. Pour maquiller ce mensonge, elle a décidé d’adopter un enfant. Révulsée, la parquetière a lancé : « Si tu avais révélé la vérité à ton époux tout ceci n’allait pas arriver. Maintenant ton mari connaît la vérité. Tout le Sénégal est au courant. Tu es en prison et ton ménage va sûrement en prendre un coup. Est-ce-que ça en valait la peine ». Compte tenu de la gravité des faits, la représentante du Ministère public a sollicité deux ans, dont six mois et une amende de 200.000 francs contre les prévenus. « Woury Dia avait un problème ponctuel à regler et elle a incité son co-prévenu à enlever le bébé. Pour la collecte illicite, Jean Noel a pris la photo du bébé et celle d’un tiers pour faire croire à Woury que l’enfant n’était pas placé à la pouponnière de Ndella Madior », a souligné l’avocate de la société. Le conseil de Jean Noel a relevé la bonne foi de son client. « Cette affaire a permis de démanteler un grand réseau criminel qui exploitait une pouponnière sans autorisation. Elle a permis de sauver une quarantaine de bébés maltraités, mal nourris. La constitution de partie civile de Ndella Madior pose problème », a fait remarquer l’avocat qui a plaidé la clémence ppur son client. Dans le même sillage, Me Omar Gaye, conseil de Woury Dia, a affirmé que la constitution de Ndella n’est pas valable. Dans la mesure où elle n’est pas la mère des enfants. Mieux, elle n’a pas d’autorisation pour exploiter la pouponnière. Concernant sa cliente, visée pour recel, Me Omar Gaye a déclaré qu’elle a été quelque part abusée. « On ne lui a pas dit la vérité. Ce qu’elle a commis est répréhensible moralement. Sa faute a été de mentir à son époux », lâche-t-il, avant de demander subsidiairement une application bienveillante de la loi.

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