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Bilan du président Macky Sall sur le domaine des droits humains : Ibrahima Kane dresse un tableau peu reluisant

Ibrahima Kane, Spécialiste des droits humains, a dressé un tableau peu reluisant des douze ans de gouvernance du président Macky Sall sur le domaine des droits humains. Invité de l’émission Objection de la radio Sudfm (privée) hier, dimanche 7 janvier, le cofondateur de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) a déploré la continuité du processus de démantèlement et de fragilisation des institutions censées asseoir l’Etat de droit, initiée sous le magistère de son prédécesseur Abdoulaye Wade mais aussi la persistance de l’instrumentalisation de la justice contre l’opposition.

Le fait que le président de la République, Macky Sall ait passé sous silence le bilan de ses douze ans de gestion sur les droits humains n’est pas une surprise si on en croit le spécialiste des droits humains Ibrahima Kane. Invité de l’émission Objection de la radio Sudfm (privée) hier, dimanche 7 janvier, le cofondateur de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) a dressé un tableau peu reluisant de la gouvernance du président Macky Sall sur les droits humains marqué, selon lui, par une continuité avec ce que son prédécesseur Abdoulaye Wade faisait notamment en termes d’instrumentalisation de la justice contre l’opposition. En effet, tout en saluant les progrès consentis par l’actuel chef de l’Etat dans la construction des infrastructures, le spécialiste des droits humains et cofondateur de la Raddho souligne que les deux chefs d’Etat (Wade et Sall), outre le fait de se revendiquer du libéralisme, ont appliqué les règles du libéralisme durant leur magistère avec à la clé des violations de droits humains.

« Le président Wade a participé à déconstruire, démanteler totalement tout le système de gestion des droits humains que le gouvernement socialiste avait mis en place. Mais, avec l’avènement de Macky Sall, ce processus de démantèlement s’est poursuivi. Il y’a eu une continuité dans la fragilisation des institutions qui étaient censées asseoir l’Etat de droit, à protéger les citoyens contre les dérives que tout Etat peut avoir », a-t-il déploré. Poursuivant son propos, le spécialiste des droits humains renseigne que cette violation des droits humains explique la situation de fin de règne très difficile avec des tensions politiques marquées par la présence sur le terrain des forces de défense et de sécurité pendant plusieurs mois ». « Le fait que l’Etat fasse fait appel aux forces de défense et de sécurité n’est certes pas une nouveauté au Sénégal. Mais, sous Macky Sall, il ne s’agissait pas seulement de maintenir l’ordre mais plutôt d’utiliser la force pour asseoir un certain ordre. Ce qui n’est pas acceptable dans un Etat de droit », a-t-il fait remarquer en rappelant le cas de Karim Wade qui a été jugé et condamné à l’interne mais qui a gagné toutes les batailles judiciaires contre l’Etat du Sénégal à l’international.

« Quand je mets en lien le régime du président Macky Sall et celui de son prédécesseur, Abdoulaye Wade, c’est également pour vous rappeler que ce dernier à son temps avait voulu faire arrêter Moustapha Niasse qui bénéficiait d’une immunité parlementaire. Mais, en bon connaisseur du système politique, il a préféré ne pas aller jusqu’au bout de sa logique. Il s’est arrêté et finalement, les choses sont rentrées dans l’ordre. Ce qui n’est le cas avec Macky Sall dans l’affaire Khalifa Ababacar Sall qui a été arrêté alors qu’il bénéficiait d’une immunité parlementaire. Il est resté en prison trois ans et après, on l’a libéré. Finalement, un politicien a été cassé », a encore déploré. Avant d’ajouter toujours concernant le bilan de l’Etat de droit des douze années de gouvernance de Macky Sall : « Il y’a également le cas du maire de Ziguinchor, Ousmane Sonko. On est parti d’une affaire de mœurs qui ne devait pas dépasser le stade d’une affaire entre lui et la dame Adji Sarr mais qui a pris une connotation politique qui a fait qu’elle (cette affaire de viol) est devenue  pratiquement incontrôlable. D’ailleurs, ce qui s’est passé entre mai et juin illustre bien cela. Pendant plus de 55 jours, un représentant de parti politique a été empêché de quitter sa maison. Il n’y avait pas de décret, il n’y avait pas d’arrêté, il n’y avait non plus aucune décision judiciaire qui permettait de justifier cela. Certaines organisations de défense des droits de l’homme ont condamné mais cela n’a rien changé. L’Etat a maintenu cette sorte d’illégalité et ça, c’est des signes qui ne sont pas bonnes dans un pays de droit ».

NANDO CABRAL GOMIS

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