EMIGRATION / DIASPORA

Calais : un migrant décède percuté par un train, un suicide d’après des témoins

Un homme s’est jeté sous un train, mardi, en périphérie de Calais, à proximité d’un point de distribution de repas aux migrants. D’après une association sur place, il s’agit d’un migrant soudanais d’une trentaine d’années. Une enquête a été ouverte.

À Calais, un migrant d’une trentaine d’années, a été mortellement percuté par un train de marchandises dans la matinée du mardi 3 janvier. Selon, les témoins sur place, cette personne s’est suicidée, ont rapporté une source policière et des associations de soutien aux exilés interrogées par l’AFP.

Ces témoins « parlent d’un acte visiblement volontaire et ont entendu le klaxon du train retentir », a indiqué la source policière.

Le choc s’est produit sur un passage à niveau en périphérie de Calais, près d’un point de distribution de repas, selon les pompiers. Claire Millot, responsable de l’association Salam, raconte qu’une bénévole lui a « dit avoir vu le gars se jeter sous le train. Elle a klaxonné pour le prévenir de l’arrivée du train, mais il a fait signe pour dire au revoir et s’est jeté » sur les rails. « C’était quelqu’un dont elle avait repéré qu’il n’allait pas bien », a-t-elle ajouté.

Le corps de la personne décédée a été emmené à l’hôpital de Calais pour identifier la victime, a précisé à InfoMigrants Adèle Stouffs, coordinatrice d’Utopia 56 Calais.

Selon un tweet de l’association, la victime est un « homme soudanais d’une trentaine d’années ». Le procureur de Boulogne-Sur-Mer, Guirec Le Bras, a confirmé qu’il s’agissait d’un homme « pouvant être un migrant ».

Une enquête a été ouverte dans le but de rechercher les « causes de la mort comprenant notamment des auditions de témoins pour connaître les circonstances précises » des faits.

Froid, insécurité, idées noires

De nombreuses personnes vivent des situation de détresse psychologique à Calais « parce que la survie est vraiment difficile », explique Adèle Stouffs. « Les conditions de vie sont vraiment déplorables pour les personnes à la rue, sans aucune possibilité de se protéger de la météo. Or ces derniers jours, il y a eu beaucoup de pluie, de ventes. Et le plan grand froid n’a pas été activé malgré tempête et les sollicitations des associations auprès de la préfecture ».

Les migrants à la rue vivent dans une « insécurité perpétuelle » précise-t-elle. « La police expulse les campements toutes les 24 à 48 heures », déplore la bénévole qui constate qu' »il n’est pas rare de rencontrer des personnes désespérées, n’envisageant plus aucune solution et qui ont les idées noires ».

Un précédent suicide avait choqué les exilés de Calais au printemps. Le 11 mai, en périphérie la ville, un migrant avait été retrouvé pendu dans une remorque de camion stationnée sur une zone de transit de poids lourds en route vers l’Angleterre. L’hypothèse la plus probable étant celle d’un suicide, d’après le parquet.

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