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Christophe Muzungu, ambassadeur de la Rdc au Sénégal : « Ma mission est de redynamiser les relations entre les deux peuples qui étaient en souffrance pendant 26 ans ».

Après 26 ans, le Congo RDC vient d’accréditer un nouvel ambassadeur à Dakar pour raffermir les liens fraternels qui existaient déjà entre les deux pays africains. Son Excellence M . Christophe Muzungu est arrivé au Sénégal, il y a 2 mois. Dans un entretien avec la rédaction de Sud quotidien, M Muzungu est revenu sur sa mission à Dakar mais il a aussi évoqué beaucoup d’autres questions au cours de cet entretien, à l’instar du conflit entre son pays et le Rwanda et autre Francophonie.

Son Excellence M . Christophe Muzungu, nouvel ambassadeur de la Rdc au Sénégal difficilement sa joie d’être détaché à Dakar : «  Je suis habité et animé d’abord par des sentiments de joie parce que je suis accrédité dans un pays africain pas dans n’importe où mais dans le pays de la « Téranga ». C’est une joie de travailler avec des frères africains.
Avant de venir à Dakar, j’étais au Congo Brazzaville. Donc quitter ce pays pour venir ici, c’est un sentiment de joie de travailler dans la paix et surtout dans la fraternité avec le Sénégal. Après 26 ans de léthargie, le président de la République de la Rdc a décidé de relever notre l’ambassade au niveau du Sénégal. Et sur ce, la mission première est de raffermir les bons rapports entre le Sénégal et la RDC, des rapports qui existaient déjà avant même les indépendances, et de faire que les relations de la commission mixte des deux pays soient réellement re dynamisées. Après 26 ans, nous avions une commission Sénégalo-Congolaise qui était en veilleuse. Alors que dans la Commission, nous avions des rapports diplomatiques, sociaux, politiques et culturels. C’est de cela dont s’occupera ma mission : renforcer les relations entre les deux peuples qui existaient mais étaient en souffrance pendant 26 ans ». Selon l’ambassadeur Christophe Muzungu, la diplomatie est l’art de gérer les conflits. Mais Kinshasa et Dakar ne sont pas en conflit. « Il faut dire que je suis venu au Sénégal parce que le Président m’a envoyé en mission pour renforcer de bonnes relations qui doivent exister entre les deux pays. Et ces relations, c’est d’abord au niveau des institutions et la société civile. Tout compte fait, nous avons la communauté Congolaise qui habite à Dakar, celle Sénégalaise est en RDC. Ainsi, il appartient aux Sénégalais qui habitent au Congo Rdc de respecter des lois et règlements du pays d’accueil de même que les Congolais qui sont au Sénégal doivent faire pareil. Au-delà de ça, il peut y avoir le vivre ensemble, notamment le respect de soi, du travail d’autrui et de sa culture. De ce point de vue-là, je crois que les Congolais qui sont à Dakar se sentent chez eux tout comme des Sénégalais en RDC. Ce qui veut dire que si nous traitons bien les Sénégalais, ils feront de même ».

Se prononçant sur le plan international, l’ambassadeur du Congo fera savoir que le monde est un village planétaire. « Donc au plan politique international, si hier les pays Africains étaient divisés, avec d’une part ceux qui étaient du côté des Américains et d’autre part, ceux qui étaient avec les Russes, aujourd’hui la tendance est pareille. C’est regrettable parce que nous avons prôné la démocratie mais nous sommes en train de retourner en 1960, c’est-à-dire la prise au pouvoir par les hommes en uniforme. C’est la crainte que nous avons. Nous avons espoir de l’Afrique mais de celui d’aujourd’hui. Or, aujourd’hui nous sommes à l’ère de l’informatique, nos enfants n’ont pas connu la colonisation, la peur du Blanc comme avant, venir nous imposer certaines choses que ce soit des Russes et ou des Américains, ce sera très difficile ».

Parlant du conflit entre son pays, la RDC, et le Rwanda, l’ambassadeur Christophe Muzungu de dire qu’ils sont en guerre avec leurs frères du Rwanda  mais qu’une chose est vraie : « c’est qu’une guerre finit toujours par la table de négociation Nous avons espoir, le président de la République a dit qu’il est ouvert aux négociations selon les termes de la feuille de route arrêtée en Angola. Le respect de cette feuille de route fera que ceux qui nous agressent, puissent se retirer de certaines zones et iront cantonner quelque part. Ensuite, il y aura des démobilisations pour les faire intégrer la vie civile. Mais une chose est vraie, il faut qu’il y ait la paix ».

Évoquant la question de la Francophonie, M Muzungu ajoutera que le Congo est le plus grand pays de la francophonie. « Alors, nous Congolais nous pensons puisque nous utilisons la même langue mais il ne suffit pas d’utiliser seulement la même  langue, que nous devons profiter pour pouvoir faire des échanges culturels, économiques afin de développer le Congo, notre espace francophone. Justement, quand on parle de la francophonie, je pense qu’on devait aller au-delà des spectacles. Parce que la Francophonie devait être un moteur de développement pour l’Afrique qui parle français. Et si nous examinons bien cet espace francophonie, combien de grandes bibliothèques la Francophonie a-t-elle construites à travers notre pays pour que nous puissions bénéficier de ces bibliothèques-là afin que la langue française puisse être une langue motrice de nos pays africains ? Étant donné que parler la langue, c’est  une affaire mais développer un pays pour mettre en contact plusieurs pays qui parlent la même, c’en est une autre. Le constat est que dans l’espace francophone, il y a des conflits et il appartient à la France d’être peut-être le juge et non être d’un côté pour condamner les autres. Il faut être impartial ».

BARTHELEMY COLY (STAGIAIRE) 

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